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Meilleures contributions LinuxFr.org : les primées de juin 2018

Linuxfr.org - 16 juillet, 2018 - 11:36

Nous continuons sur notre lancée de récompenser ceux qui chaque mois contribuent au site LinuxFr.org (dépêches, commentaires, logos, journaux, correctifs, etc.). Vous n’êtes pas sans risquer de gagner un abonnement à GNU/Linux Magazine France ou encore un livre des éditions Eyrolles ou ENI. Voici les gagnants du mois de juin 2018 :

Abonnement d’un an à GNU/Linux Magazine France (éditions Diamond)

David Marec, pour Faille Lazy FPU state restore et Rumeurs sur l’hyper‐threading — TLBleed.

Livres des éditions Eyrolles et ENI

Les livres qu’ils ont sélectionnés sont en seconde partie de la dépêche. N’oubliez pas de contribuer, LinuxFr.org vit pour vous et par vous !

Certains gagnants n’ont pas pu être joints ou n’ont pas répondu. Les lots ont été réattribués automatiquement. N’oubliez pas de mettre une adresse de courriel valable dans les paramètres de votre compte ou lors de la proposition d’une dépêche. En effet, c’est notre seul moyen de vous contacter, que ce soit pour les lots ou des questions sur votre dépêche lors de sa modération. Tous nos remerciements aux contributeurs du site ainsi qu’à GNU/Linux Magazine France, aux éditions Eyrolles et ENI.

Les livres sélectionnés par les gagnants :

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Le Rest: Summ(ak)ercamp, Du lundi 16 juillet 2018 à 08h00 au dimanche 5 août 2018 à 18h00.

l'Agenda du Libre - 16 juillet, 2018 - 08:00

Le Summ(ak)rCamp 2018 à Névez est une rencontre de hackers, makers, codeurs, bio-hackers, biologistes, transitionneurs, agriculteurs, designers, ferronnier, forgeron à l'Atelier Z dans le hameau de Kervic sur la commune de Névez dans le Finistère du sud.

Il se déroule du 16 juillet au 5 aout 2018 et fait suite à l'Indie Camp 2017 organisé dans le même lieux.

Cette rencontre se fait sur le format d'un Summer Camp : un Tiers-Lieux éphémère où chacun est libre de se reposer ou travailler selon ses envies et son rythme.

L'échange et la transmission de compétences, de savoirs, et de méthodologies est au cœur du processus. Il s'agit d'apprendre ensemble.

L'évènement facebook : https://www.facebook.com/events/1823215014391834/

Le pad d'inscription : https://bimestriel.framapad.org/p/SC2018

La page movilab : http://movilab.org/index.php?title=Summ%28ak%29ercamp_2018

Paris: Apéro du Libre, Le dimanche 15 juillet 2018 de 19h00 à 23h00.

l'Agenda du Libre - 15 juillet, 2018 - 19:00

Tous les 15 du mois, Parinux vous convie à l'Apéro Parisien du Libre (APL). Cet événement informel et convivial réunit les personnes intéressées par le monde du Libre.

Pour le 15 juillet, nous vous donnons rendez-vous au Gob à partir de 19h pour échanger autour du Libre avec les bénévoles de l’association Parinux.

Tou·te·s sont les bienvenu·e·s, qu'ils/elles soient membres ou non, que ce soit pour découvrir l'association, se renseigner sur ses activités, ou simplement partager un bon moment avec d'autres bénévoles du Libre !

Le Crès: Pique-nique du Libre, Le dimanche 15 juillet 2018 de 17h00 à 22h00.

l'Agenda du Libre - 15 juillet, 2018 - 17:00

Montpel’libre et ses partenaires vous proposent de nous retrouver tous pour clore cette année très intense dans un esprit festif, à l’occasion d’un pique-nique au Lac du Crès, les familles, enfants, curieux et bien sûr libristes sont les bienvenus.

Ce pique-nique traditionnel de fin d’année des libristes de toute la région est organisé pour boucler l’année dans la bonne humeur, évoquer les moments importants qui se sont déroulés dans l’année et ceux qui nous attendent à la rentrée. Ce traditionnel rendez-vous est devenu, au fil du temps et selon la presse, une véritable institution.

Nous serions heureux de compter sur votre présence à cet instant convivial et de partage de la communauté des Logiciels Libres et des Communs de la région.

L’inscription n’est pas obligatoire, mais fortement recommandée pour des raisons évidentes de contraintes logistique.

Cette année encore, afin de nous mettre en conformité avec l’arrêté préfectoral, les barbecues et tout feu seront interdits, le repas sera donc froid.

Pas de réseau wifi, ni électrique, pensez à prendre des lampes.

Le site dispose à l’entrée d’une petite aire de jeux pour les enfants, de balades, randonnées, tables, baignade, pêche, grande aire de jeux pour enfants, skate-park et d’une plage aménagée.

Chacun apporte quelque chose, et on partage. Pensez à porter de l’eau, des brumisateurs, des chapeaux pour supporter les fortes chaleurs. Prévoyez aussi des boules de pétanque.

Dimanche 15 juillet 2018 de 17h00 à 22h00
Lac du Crès, aire de pique-nique, Chemin de Navitau 34920 Le Crès

Montpellier: Les logiciels libres, parlons-en !, Le dimanche 15 juillet 2018 de 17h00 à 19h00.

l'Agenda du Libre - 15 juillet, 2018 - 17:00

Le Faubourg Marché, qu’est-ce que c’est ?

Le Faubourg Marché est une permanence partagée qui permet aux associations d’accueillir ensemble, les publics de ces associations une fois par semaine, le vendredi entre 17h00 et 19h00, au 19, rue du Faubourg de Nîmes, 34000 Montpellier.

Proposition de programme :

  • discussions autour de l’organisation d’événements
  • gestion des groupes de travail
  • propositions diverses
  • présentation de l’asso

Alors, si vous avez un peu de temps le vendredi soir, voici une occupation qui me semble très intéressante.

Montpel’libre est une association et un groupe d’utilisateurs (GULL), qui propose une multitude d’activités dans le cadre de la promotion des logiciels libres, et des Communs.

Depuis longtemps déjà, Montpel’libre participe à l’économie sociale et solidaire en organisant tout un éventail d’ateliers et de manifestations, au développement durable et à l’innovation sociale au travers de permanences et ateliers de présentations des logiciels libres et évidement les cartoparties, véritable actions citoyennes, sur le thème de l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

L’activité économique, l’intérêt collectif, le fonctionnement démocratique, autant d’éléments que porte Montpel’libre, en proposant un accès entièrement libre et gratuit à une éducation populaire, au travers de ses ateliers à destination de tous les publics.

Les logiciels libres parlons-en ! Ouvrons le dialogue sur l’ouverture des données ! Partageons nos expériences pour une meilleure transmission des connaissances.

Ces permanences sont suivies d’un Apéro « refaire le monde » convivial et partagé, de 18h30 à 21h30. Elles ont lieu au Faubourg marché, tous les vendredis de 17h00 à 19h00.

Entrée libre et gratuite sur inscription. Une simple adhésion à l’association est possible.

Cet événement vous est proposé dans le cadre du partenariat qui lie Le Faubourg Marché et Montpel’libre.

Le Faubourg - 15, rue du Faubourg de Nîmes, 34000 Montpellier

Agenda du Libre pour la semaine 29 de l’année 2018

Linuxfr.org - 14 juillet, 2018 - 23:15

Calendrier Web, regroupant des événements liés au Libre (logiciel, salon, atelier, install party, conférence), annoncés par leurs organisateurs. Voici un récapitulatif de la semaine à venir. Le détail de chacun de ces 20 événements (15 en France et 5 au Québec) est en seconde partie de dépêche.

Sommaire [CA-QC Montréal] IETF 102 - Du samedi 14 juillet 2018 à 09h00 au vendredi 20 juillet 2018 à 17h00.

L’Internet Engineering Task Force, abrégée IETF, littéralement traduit de l'anglais en Détachement d'ingénierie d'Internet, est un groupe informel, international, ouvert à tout individu, qui participe à l'élaboration des standards Internet. L'IETF produit la plupart des nouveaux standards d'Internet. Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Engineering_Task_Force

3 rencontres internationales se tiennent à chaque année. Cette édition se tient à Montréal.

[FR Le Rest] Summ(ak)ercamp - Du lundi 16 juillet 2018 à 08h00 au dimanche 5 août 2018 à 18h00.

Le Summ(ak)rCamp 2018 à Névez est une rencontre de hackers, makers, codeurs, bio-hackers, biologistes, transitionneurs, agriculteurs, designers, ferronnier, forgeron à l'Atelier Z dans le hameau de Kervic sur la commune de Névez dans le Finistère du sud.

Il se déroule du 16 juillet au 5 aout 2018 et fait suite à l'Indie Camp 2017 organisé dans le même lieux.

Cette rencontre se fait sur le format d'un Summer Camp : un Tiers-Lieux éphémère où chacun est libre de se reposer ou travailler selon ses envies et son rythme.

L'échange et la transmission de compétences, de savoirs, et de méthodologies est au cœur du processus. Il s'agit d'apprendre ensemble.

L'évènement facebook : https://www.facebook.com/events/1823215014391834/

Le pad d'inscription : https://bimestriel.framapad.org/p/SC2018

La page movilab : http://movilab.org/index.php?title=Summ%28ak%29ercamp_2018

[CA-QC Montréal] (3L)-Logiciels Libres en liberté groupe d’utilisateurs de Logiciels Libres, de niveau débutant - Le lundi 16 juillet 2018 de 14h00 à 17h00.

(3L)-Logiciels Libres en liberté groupe d’utilisateurs de Logiciels Libres, de niveau débutant qui tiendra sa rencontre régulière mensuelle tout les 3ième lundi de chaque mois.

Amener vos portables,téléphone intelligent et tablette et votre bonne humeur. Venez jaser sur les logiciels libres, Nous montrer vos découvertes, poser vos questions

[CA-QC Montréal] Maison des utilisateurs de Logiciels Libres de Montréal - Le lundi 16 juillet 2018 de 14h00 à 17h00.

C’est une maison à la fois physique aux travers tout les endroits ou 3L-Logiciels libres en Liberté se déplace pour aller aider les utilisateurs de Logiciels Libres de tout niveaux mais surtout pour les DÉBUTANTS. Et aussi virtuelle avec de l’aide à distance soit par téléphone (5149985644)** ou par l’utilisation de logiciel d’aide à distance. Pour aider ceux qui sont dans le besoin et qui sont trop loin de Montréal pour avoir une aide direct en personne.Mais aussi

Pendant sa rencontre mensuelle 3L- Logiciels Libres en Liberté, il sera possible de venir déposer des portables et des ordinateurs de bureau que vous ne vous servez plus afin de participer au programme

3L-souhaite récupéré des appareils portables ou de bureaux qui dorment dans vos placards ou sur des étagères afin de les recycler, on récupère aussi les claviers et souris en bon état et des écrans LCD de 14” ou 15” pour pouvoir refaire des systèmes complets rapidement avec des systèmes d’exploitations et applications libres, afin de les remettent en circulation par leur vente à tarif réduit à des gens à faibles revenus.

[FR Beauvais] Stand Oisux lors de l'étape d'Alternatiba-Tour à Beauvais - Le mardi 17 juillet 2018 de 14h00 à 19h00.

Du 9 juin au 6 octobre 2018, un Tour Alternatiba s'élancera sur des vélos multiplaces pour un périple de 5800km parcourant la France et les pays frontaliers en 200 étapes, afin de promouvoir les alternatives au dérèglement climatique: https://tour.alternatiba.eu

Le public d'Alternatiba prône une consommation responsable, recherche des alternatives aux monopoles, met en avant les valeurs de l'entraide et du partage…

Bref, il est fait pour le logiciel libre !

Aussi, l'association Oisux tiendra un stand pour faire de cet événement un moment fort de nos actions de sensibilisation.

[FR Grenoble] Carto-Mobile Saint-Bruno - Le mardi 17 juillet 2018 de 15h30 à 18h30.

En juillet, le square Saint-Bruno s’anime ! La Maison des Habitants Chorier-BerriatCap Berriat et des associations de quartier vous donnent rendez-vous pour des temps d’animations, d’ateliers, de jeux et de repas partagés !

L’association l’Age d’Or, en collaboration avec le collectif "OpenStreetMap Grenoble", vous propose de compléter en direct la cartographie du quartier.

Deux itinéraires pour deux déambulations « mobiles » avec les applications StreetComplete et Wheelmap : est-ce que cette porte de magasin est assez large pour un fauteuil ? Cette rue est-elle éclairée par un lampadaire ? Cette voie est-elle bétonnée ou pavée ?

Un atelier pour s’initier à la contribution sur le fond de carte libre OpenStreetMap.

[FR Vannes] SGEG - Le mercredi 18 juillet 2018 de 19h30 à 22h00.

Le SGEG (Sansten GNU Easy Group) vous invite tous les 3e mercredis de chaque mois au SGEG Meeting pour discuter de Logiciel Libre, boire un verre, manger un morceau et surtout se rencontrer !

Retrouvez la fine équipe de l'association Rhizomes !

Du covoiturage est organisé au départ de Vannes, Auray… N'hésitez-pas à poster un courriel sur la liste de discussion.Le rendez-vous est fixé à 19h30 - 20h00, mais vous pouvez arriver tout au long de la soirée.

Tous les utilisateurs de Logiciel Libre sont les bienvenus (*BSD, Hurd, GNU/Linux, etc.) ainsi que toutes les associations, les utilisat[eur|trice]s même les non averti⋅e⋅s.

Prévoir une participation culinaire, nous sommes dans un restaurant.

Attention, il faut s'inscrire tous les mois ! Afin d'évaluer le nombre de personnes qui viendront.

[FR Toulouse] Rencontres Tetalab - Le mercredi 18 juillet 2018 de 20h30 à 23h30.

Rencontre hebdomadaire des hackers et artistes libristes Toulousains.

Ouvert au public tous les mercredi soir.

Venez nombreux.

[FR Carhaix-Plouguer] Partenariat Ubuntu.fr et infothema au Festival des Vieilles Charrues 2018 - Du jeudi 19 juillet 2018 à 10h00 au dimanche 22 juillet 2018 à 18h00.

Déjà plus de 20 ans que les Vieilles Charrues font de la commune de Carhaix l’un des épicentres de la scène musicale française ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce qui est aujourd’hui l’un des plus gros festivals d’Europe, n’avait à sa naissance pas la moindre vocation musicale et encore moins de promouvoir GNU/Linux !

Désormais, 280 000 spectateurs viennent vibrer chaque été au cœur de la Bretagne. Plus qu’un festival, les Vieilles Charrues, c’est l’envie de prendre son destin en main, de faire bouger les choses et de s’opposer au désert qui menaçait la région.

Après quatre jours d’un festival riche d’euphorie et de décibels qui aura attiré 280 000 spectateurs, les Vieilles Charrues reviennent du 19 au 22 juillet 2018 pour une 27ème édition en mode "aux couleurs de l'été indien"

Depuis 2009, ce festival permet également la promotion de GNU/Linux durant quatre jours au travers d'un énorme webcafé tournant sur plateforme Ubuntu (3 000 festivaliers accueillis chaque jour !) avec la participation de Ubuntu-fr.org et de l'association infothema de Bégard !

[CA-QC Montréal] 5 à 7 JMAP - Le mercredi 18 juillet 2018 de 17h00 à 19h00.

Des créateurs de JMAP ainsi que des experts internationaux de systèmes de courriels seront présents à cet évènement social. JMAP est le nouveau standard IETF destiné à remplacer IMAP, SMTP, CalDAV et CardDAV. Voir https://jmap.io

Creators of JMAP as well as international experts in email systems will be present at this social event. JMAP is the new IETF standard destined to replace IMAP, SMTP, CalDAV and CardDAV. See https://jmap.io

[FR Montpellier] Permanence Aprilapéro - Le jeudi 19 juillet 2018 de 18h30 à 19h30.

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d’échanger, de partager un verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l’actualité et les actions de l’April.

Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l’April ou pas. N’hésitez pas à venir nous rencontrer.

Régulièrement Montpel’libre relaie et soutient les actions de L’April. De nombreux Apriliens ont par ailleurs rejoints les rangs de Montpel’libre, sans doute lors d’Apéro April, d’AprilCamp ou des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre qui ont eu lieu à Montpellier.

Nous vous invitons donc à venir nous rejoindre dans une ambiance conviviale, à partager cet apéro, chacun porte quelque chose, boissons, grignotages… et on partage.

Au programme des discussions :

  • démarche et étapes pour la mise en conformité au RGPD des outils de l’April
  • discussions libres
  • échanges d’idées
  • faire un bilan des événements passés
  • faire des perspectives pour les actions futures
  • tout simplement, passer un moment convivial

Entrée libre et gratuite sur inscription.

Les Aprilapéro Montpellier ont lieu le 3e jeudi de chaque mois :

  • Jeudi 21 septembre 2017 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 19 octobre 2017 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 16 novembre 2017 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 21 décembre 2017 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 18 janvier 2018 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 15 février 2018 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 15 mars 2018 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 19 avril 2018 de 18h18 à 20h20
  • Jeudi 17 mai 2018 de 18h30 à 19h30
  • Jeudi 21 juin 2018 de 18h30 à 19h30
  • Jeudi 19 juillet 2018 de 18h30 à 19h30
  • Jeudi 16 août 2018 de 18h30 à 19h30

Cet événement vous est proposé dans le cadre du partenariat qui lie le Club de la Presse, l’April et Montpel’libre.

Jeudi 19 juillet 2018 de 18h30 à 19h30 (3e jeudi de chaque mois)
Atelier des Pigistes au 171, rue Frimaire, 34000 Montpellier

[FR Paris] Soirée de Contribution au Libre - Le jeudi 19 juillet 2018 de 19h30 à 22h30.

Parinux propose aux utilisateurs de logiciels libres de se réunir régulièrement afin de contribuer à des projets libres. En effet, un logiciel libre est souvent porté par une communauté de bénévoles et dépend d'eux pour que le logiciel évolue.

Nous nous réunissons donc tous les jeudis soirs dans un environnement propice au travail (pas de facebook, pas de télé, pas de jeux vidéos, pas de zombies).

Vous aurez très probablement besoin d'un ordinateur portable, mais électricité et réseau fournis.

En cas de difficulté, vous pouvez joindre un des responsables de la soirée, Emmanuel Seyman (emmanuel (at) seyman.fr), Paul Marques Mota mota (at) parinux.org, ou Magali Garnero (Bookynette) tresorier (at) parinux.org.

Pour obtenir le code d'entrée de la porte cochère, envoyez un mail au responsable.

On peut amener de quoi se restaurer (Franprix, 8 rue du Chemin Vert, ferme à 22h)

Regazouillez sur Twitter - Wiki des soirées

Programme non exhaustif

  • Fedora (sa traduction)
  • Parinux, ses bugs et son infrastructure
  • April : réunion du groupe de travail sensibilisation de 18h45 à 20h30. Accueil à partir de 18h30.
  • Open Food Facts/ Open Beauty Facts, sa base de données, ses contributeurs, sa roadmap
  • Schema racktables, son code
  • Agenda du Libre, mise à jour et amélioration du code
  • Ubuntu-Fr, son orga, ses événements
  • En vente libre, maintenance et commandes
  • Open street map, une fois par mois
  • Linux-Fr sait faire
  • en vente libre

tout nouveau projet est le bienvenu.

[FR Montpellier] Permanence Quadrapéro - Le jeudi 19 juillet 2018 de 19h30 à 20h30.

Afin de se rencontrer, d’échanger et de faire plus ample connaissance, Montpel’libre lance de nouvelles rencontres surnommées les Quadrapéros. C’est l’occasion pour les neurones de toute part de se réunir physiquement pour discuter, échanger et partager un verre et de quoi grignoter.

Les Quadrapéros auront lieu tous les 3e jeudis de chaque mois. Ils sont l’occasion de discussions informelles d’une part et de discussions plus sérieuses sur les différents thèmes d’importance et les différentes actions et campagnes en cours.

Tout le monde est invité aux Quadrapéros, qu’on soit contributeur de longue date, simple intéressé-e par les sujets que défend la Quadrature, ou nouvel-le arrivant-e cherchant à participer davantage. N’hésitez pas à amener vos amis et à leur faire découvrir La Quadrature et Montpel’libre.

Peuvent être aussi abordées des questions sur Les exégètes amateurs ou Open Law.

Le programme

  • Action de groupe contre les GAFAM

Cet événement vous est proposé dans le cadre du partenariat qui lie le Club de la Presse, la Quadrature et Montpel’libre.

Jeudi 19 juillet 2018 de 19h30 à 20h30 (3e jeudi de chaque mois)
Atelier des Pigistes au 171, rue Frimaire, 34000 Montpellier

[FR Paris] Apéro April - Le vendredi 20 juillet 2018 de 19h00 à 22h00.

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager un verre et manger mais aussi de discuter sur le logiciel libre, les libertés informatiques, fondamentales, l'actualité et les actions de l'April…

Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas.

N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Où et quand cela se passe-t-il ?

L'apéro parisien aura lieu vendredi 20 juillet 2018 à partir de 19h00 dans les locaux de l'April.

L'adresse :
April, 44/46 rue de l'Ouest, bâtiment 8, 75014 Paris (entrée possible par la place de la Catalogne, à gauche de la Biocoop, au niveau des Autolib).
Métros Gaîté, Pernety, Montparnasse. Sonner à "April" sur l'interphone.
Le téléphone du local : 01 78 76 92 80.

L'Apéro a lieu à Paris notamment parce que le local s'y trouve ainsi que les permanents et de nombreux actifs. Pour les apéros dans les autres villes voir sur le pad plus bas.

En ouverture de l'apéro nous ferons un court point sur les dossiers/actions en cours.

Le glou et le miam ?

Vous pouvez apporter de quoi boire et manger afin de reprendre des forces régulièrement. Nous prévoirons bien sûr un minimum vital.

Vous pouvez vous inscrire sur le pad.

[FR Wintzenheim] Réunion du Club Linux - Le samedi 21 juillet 2018 de 13h00 à 19h00.

Comme tous les 3 samedis, le Club Linux de la MJC du Cheval Blanc se réunit et accueille toutes les personnes qui souhaitent découvrir ou approfondir Linux et les Logiciels Libres. Aucune compétence n'est demandée.  

Pendant ces rencontres, informelles,

  • nous accueillons celles et ceux qui cherchent une réponse ou souhaitent découvrir Linux et les Logiciels Libres,
  • nous installons Linux sur des ordinateurs, la plupart des fois en "dual boot"(*), ce qui permet de conserver l’ancien système (par exemple Windows) et d’utiliser quand même Linux, en choisissant au démarrage,
  • nous partageons nos recherches et nos découvertes, les nouveautés.

Le Club Linux est également impliqué dans une démarche de libération des GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) et de promotion de solutions libres comme, entre autres, Wikipedia, Openstreetmap, les Framatrucs (*), les Chatons (*) et beaucoup d’autres.

(*) : mais on vous expliquera

[FR Murbach] Réunion informatisée Murbach - Le samedi 21 juillet 2018 de 13h30 à 18h00.

L'association LUG68 vous invite à sa prochaine réunion informatisée mensuelle, le samedi après-midi à Murbach-près-Guebwiller, où vous pouvez venir avec votre machine, portable ou fixe pour :

  • installer GNU/Linux à côté ou en remplacement de votre système existant
  • demander de l'aide sur un logiciel libre (toute plateforme)
  • découvrir un tas de logiciels libres, fonctionnels et puissants !

Pour ceux qui viennent avec une tour, nous avons des écrans VGA sur place et un charriot pour transporter le matériel au 2ème étage avec l'ascenseur.

Pensez simplement à ramener clavier, souris, et câble réseau RJ45 !

Côté fonctionnement, nous ne faisons pas de formation informatique à proprement parler : chacun vient avec ses besoins et/ou désirs, et avance à son rythme, en sollicitant l'aide des membres présents, dans une ambiance chaleureuse et conviviale !

Tous les autres détails sont sur notre site internet (rubrique débutants) !

A noter que le Domaine Langmatt est un hôtel-restaurant situé tout en haut de Murbach (800m d'altitude), dans la forêt : il faut dépasser la célèbre abbaye de Murbach, et continuer jusqu'au bout de la route, cf. carte OpenStreetMap.

Le bâtiment qui nous accueille est à gauche, et la salle au 3ème étage !

[FR Metz] Permanence été 2018 - Le samedi 21 juillet 2018 de 14h00 à 18h00.

Il s'agit d'une permanence de l'association Graoulug : Groupe d'Utilisateurs Linux et Logiciels libres de Metz et environs.

[FR Nantes] Permanence de juillet 2018 - Le samedi 21 juillet 2018 de 15h00 à 18h00.

Les permanences de juillet 2018 auront lieu les:

samedi 7 et 21 juillet 2018 de 15h à 18h dans l’aile du local associatif «Bellamy 17».

Au plaisir de vous voir à l’une de ces dates.

[CA-QC Montréal] Camp FACiL - Le samedi 21 juillet 2018 de 10h00 à 18h00.

>>>> Merci de nous signaler votre intention de participer en vous inscrivant ici

Qu'est-ce qu'un Camp FACiL Il s'agit d'une réunion générale des membres et adeptes de FACiL pour faire avancer des projets en cours, effectuer des petites tâches qui traînent, régler des problèmes, des irritants ou simplement discuter de travaux que l'on entend réaliser ultérieurement. Tout le monde est libre de participer en fonction de ses disponibilités, de ses compétences et de ses préférences. C'est naturellement une bonne façon d'apprendre à se connaître et de prendre le pouls de la communauté de bénévoles que nous formons

Voir la proposition de programme et les suggestions de tâches.

[FR Montpellier] Les logiciels libres, parlons-en ! - Le dimanche 22 juillet 2018 de 17h00 à 19h00.

Le Faubourg Marché, qu’est-ce que c’est ?

Le Faubourg Marché est une permanence partagée qui permet aux associations d’accueillir ensemble, les publics de ces associations une fois par semaine, le vendredi entre 17h00 et 19h00, au 19, rue du Faubourg de Nîmes, 34000 Montpellier.

Proposition de programme :

  • discussions autour de l’organisation d’événements
  • gestion des groupes de travail
  • propositions diverses
  • présentation de l’asso

Alors, si vous avez un peu de temps le vendredi soir, voici une occupation qui me semble très intéressante.

Montpel’libre est une association et un groupe d’utilisateurs (GULL), qui propose une multitude d’activités dans le cadre de la promotion des logiciels libres, et des Communs.

Depuis longtemps déjà, Montpel’libre participe à l’économie sociale et solidaire en organisant tout un éventail d’ateliers et de manifestations, au développement durable et à l’innovation sociale au travers de permanences et ateliers de présentations des logiciels libres et évidement les cartoparties, véritable actions citoyennes, sur le thème de l’accessibilité des personnes en situation de handicap.

L’activité économique, l’intérêt collectif, le fonctionnement démocratique, autant d’éléments que porte Montpel’libre, en proposant un accès entièrement libre et gratuit à une éducation populaire, au travers de ses ateliers à destination de tous les publics.

Les logiciels libres parlons-en ! Ouvrons le dialogue sur l’ouverture des données ! Partageons nos expériences pour une meilleure transmission des connaissances.

Ces permanences sont suivies d’un Apéro « refaire le monde » convivial et partagé, de 18h30 à 21h30. Elles ont lieu au Faubourg marché, tous les vendredis de 17h00 à 19h00.

Entrée libre et gratuite sur inscription. Une simple adhésion à l’association est possible.

Cet événement vous est proposé dans le cadre du partenariat qui lie Le Faubourg Marché et Montpel’libre.

Le Faubourg - 15, rue du Faubourg de Nîmes, 34000 Montpellier

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Tristan NITOT: En vrac de la fete nationale

Planète April - 13 juillet, 2018 - 22:11

Je réalise que le Standblog va fêter ses 16 ans la semaine du 16 juillet ! Si vous n’avez pas peur de retomber sur des articles un peu datés, foncez voir les archives du Standblog, qui commencent en juillet 2002. En attendant, quelques liens de veille sur des sujets intéressants :

Le Tholonet: Réunion mensuelle de l'Axul, Le vendredi 13 juillet 2018 de 20h00 à 23h55.

l'Agenda du Libre - 13 juillet, 2018 - 20:00

Les membres de l'Axul (Association du Pays d'Aix des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres) vous invitent à leur réunion du vendredi 13 juillet de 20h00 à 23h55 au 1er étage du centre culturel Georges Duby du Tholonet (859 avenue Paul Julien, à proximité de la place du marché) à Palette, premier village sur la D7n au Sud-Est d'Aix.

Ordre du jour

      • 20h00 - 20h15 : Accueil
      • 20h15 - 20h30 : Présentation des participants et organisation de la soirée
      • 20h30 - 23h55 : Discussion générale
        • Compte-rendu des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre : RMLL 2018 du 7 au 12 juillet à Strasbourg
        • Compte rendu d'autres événements libres récents
        • Préparation du Samedi Libre du 1er septembre
        • Préparation d'Assogora 2018 (début septembre)
        • Projets d'ateliers pour les derniers mois de 2018 : téléphones libérés...
        • Autres interventions de l'Axul...
        • Autres questions ?

Événements ultérieurs

      • Samedi Libre du 1 septembre 2018
      • Réunion mensuelle du 7 septembre 2018
      • Assogora 2018

Ces réunions libres et gratuites sont ouvertes à toutes et à tous, débutant(e)s ou expert(e)s GNU/Linux, membres ou non de l'Axul.

Entrée Libre. Tout Public.

Nouvelles April: Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 3 juillet 2018

Planète April - 13 juillet, 2018 - 15:07


Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 3 juillet 2018 sur radio Cause Commune
Intervenants : Frédéric Couchet - Isabella Vanni - Étienne Gonnu - Harmonie Vo Viet Anh - Jérémie Wojtowicz - Pierre Beyssac - Matthieu Vernet
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 3 juillet 2018
Durée : 1 h 30
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustrations : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins. Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site cause-commune.fm. C’est parti pour la troisième édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Je suis Frédéric Couchet, délégué général de l’April et bien sûr nous allons avoir quelques invités pour nous parler de différents sujets aujourd’hui.

Le site web de l’April c’est april.org, a, p, r, i, l point org, et vous y retrouverez, normalement en fin d’émission, une page consacrée à cette émission avec tous les liens et références utiles, les détails sur les pauses musicales et toute autre information utile en complément de l’émission.

N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu, mais aussi des points d’amélioration. Nous vous souhaitons une excellente écoute.

Nous allons commencer par un petit tour de table : Isabella Vanni qui est avec moi.

Isabella Vanni : Oui, bonjour.

Frédéric Couchet : Donc tu es ?

Isabella Vanni : Coordinatrice vie associative, responsable projets pour l’April.

Frédéric Couchet : Étienne Gonnu.

Étienne Gonnu : Bonjour. Moi je m’occupe des dossiers institutionnels pour l’April.

Frédéric Couchet : Ensuite nous allons avoir en studio Matthieu Vernet qui est médiateur au Carrefour numérique² à la Cité des sciences et de l’industrie mais qui est pour l’instant malheureusement bloqué dans les transports en commun. Nous aurons également Pierre Beyssac qui va nous rejoindre qui est ingénieur en informatique et fondateur d'Eriomem.net, un service de stockage de fichiers et nous avons par téléphone, nous avons le plaisir d’avoir par téléphone, Harmonie Vo Viet Anh et Jérémie Wojtowicz, en espérant ne pas avoir écorché vos noms, de l’équipe d’organisation des Rencontres mondiales du logiciel libre qui vont se dérouler à Strasbourg du 7 au 12 juillet 2018. Harmonie, Jérémie est-ce que vous nous entendez ?

Jérémie Wojtowicz : Bonjour.

Harmonie Vo Viet Anh : Oui, on vous entend très bien.

Frédéric Couchet : D’accord. Je vais juste parler du programme du jour. D’ici 30 à 45 minutes on va parler de la révision de la directive sur le droit d’auteur pour faire le point après le vote en commission des affaires juridiques et avant le vote en séance plénière au Parlement européen prévu jeudi 5 juillet. Avant d’aborder ce dossier nous parlerons avec Matthieu Vernet de la place du logiciel libre au Carrefour numérique² à la Cité des sciences et de l’industrie et tout de suite je vais laisser la parole à Isabella Vanni pour parler des Rencontres mondiales du logiciel libre avec Harmonie et Jérémie.

Isabella Vanni : Voilà. Donc bonjour Harmonie et Jérémie. Merci d’être avec nous aujourd’hui, merci notamment parce qu’on sait que vous êtes très occupés : c’est le rush final pour l’organisation de ce bel événement qui arrive bientôt, donc c’est le week-end prochain, les Rencontres mondiales du logiciel libre ; je vous invite à expliquer au public de la radio de quoi il s’agit.

Harmonie Vo Viet Anh : Les Rencontres mondiales du logiciel libre, contrairement à ce que tout le monde indique parce que c’est quand même un événement qui a à peu près 20 ans puisque ça a été créé dans les années 2000, c’est un festival transdisciplinaire sur la culture libre en général, même si c’est beaucoup plus centré sur le logiciel libre.

Jérémie Wojtowicz : Voilà, c’est un événement qui regroupe un petit peu tous les types d’utilisation de l’informatique donc, par des outils qui sortent un petit peu de ce qu’on peut avoir l’habitude avec Google, Facebook, etc., pour développer une informatique on va dire contre-hégémonique.

Isabella Vanni : Très bien. Cette année, l’édition 2018 des Rencontres mondiales du logiciel libre se déroule à Strasbourg et, comment dire, quel est le public, en fait, que vous visez avec cet événement, parce qu’il y a bien sûr les actifs, il y a les utilisateurs, les utilisatrices, mais il y a probablement aussi l’idée de promouvoir le logiciel libre auprès d’un public plus vaste. Est-ce que vous pouvez un petit peu parler du public qui fréquente les Rencontres mondiales du logiciel libre ?

Jérémie Wojtowicz : C’est vrai que cette année on a une petite différence par rapport aux années précédentes, c’est la thématique centrale qu’on a choisie « Éducation numérique : fabrique de la captivité ou nouvelle émancipation ? » et qui veut donc critiquer les modèles pédagogiques existants et voir lesquels proposer avec le logiciel libre. Donc nécessairement ça va toucher un public qui va être celui des enseignants, celui des étudiants, des élèves, celui des institutionnels aussi.

Harmonie Vo Viet Anh : Sans oublier l’éducation populaire donc tous les types d’éducation qui sont hors des institutions habituelles éducatives on va dire. On a aussi un peu rompu avec le vocabulaire habituellement utilisé, par exemple habituellement les RMLL organisent ce qu’on appelle le week-end grand public. On avait envie plutôt de parler d’initiation cette année, parce que le grand public ça ne nous semble pas assez parlant. Je pense qu’un de nos publics cibles c’est plutôt des technos curieux un minimum.

Isabella Vanni : C'est bien. D’ailleurs on va rappeler que les Rencontres mondiales du logiciel libre commenceront le 7 juillet prochain jusqu’au 12 juillet et les lieux, en fait, de cet événement sont différents. C’est-à-dire le 7 juillet les Rencontres mondiales du logiciel libre se dérouleront sur la presqu’île Malraux et c’est en coïncidence, en fait, avec l’EdgeFest. Donc c’est une volonté de votre part aussi peut-être d’élargir un petit peu le public qui peut fréquenter cet événement ?

Harmonie Vo Viet Anh : Exactement. Parce que l’EdgeFest c’est vraiment pour du beaucoup plus grand public, même pas forcément habitué aux nouvelles technologies. Et ce qui est drôle c’est que EdgeFest, à la base, est née de la volonté des organisateurs des RMLL 2011 à Strasbourg d’organiser un événement beaucoup plus orienté grand public. Donc cette année on renoue entre les deux événements.

Isabella Vanni : Très bien. Par contre les autres jours, donc du 8 au 12 juillet, les Rencontres mondiales du logiciel libre se dérouleront plutôt dans le campus de l’université de Strasbourg. Est-ce que vous pouvez dire un petit peu au public de la radio, de notre émission, quels sont les événements que vous proposez à l’occasion des Rencontres mondiales du logiciel libre ?

Jérémie Wojtowicz : Juste pour compléter sur les lieux parce qu’on a parlé de la presqu’île Malraux pour le 7 juillet, donc ce samedi, et du campus central pour le reste, en réalité il y a aura aussi des activités sur le campus central le 7 et il y aura aussi des activités sur la presqu’île Malraux le reste de l’événement. Le Shadok, qui est un des bâtiments emblématiques du numérique à Strasbourg, puisque c’est l’institution publique de la ville, de l’Eurométropole, sur toutes ces questions-là, accueillera du coup pendant toutes les RMLL un hackerspace, donc un espace ouvert dédié à la pratique collective de l’informatique et des technologies. Et il y aura aussi des ateliers qui auront lieu à la médiathèque Malraux.

Harmonie Vo Viet Anh : À la médiathèque Malraux on aura une programmation spéciale jeune public.

Isabella Vanni : Super !

Jérémie Wojtowicz : Et ensuite, sur tout le reste du campus du coup on aura trois bâtiments où on pourra retrouver des conférences, des ateliers, des tables rondes ; des salons de discussion aussi qui sont un peu un nouveau format qui nous tient à cœur cette année et on est contents de voir que les participants qui ont répondu à notre appel s’en sont emparés. Des journées comme inter-GULL, donc des groupes d’utilisateurs de logiciels libres ou les Chatons qui sont les hébergeurs associatifs vont se retrouver pendant toute une journée, du coup, pour discuter des problématiques qui leur sont chères.

Frédéric Couchet : Jérémie, Harmonie, deux petites questions. Tout à l’heure Harmonie a parlé de présence de jeune public. Donc la première question c’est à partir de quel âge les enfants peuvent venir pour assister à ces évènements ? Et la deuxième question, Rencontres mondiales, est-ce qu’il y a une langue officielle ? Est-ce qu’il faut forcément parler anglais ou est-ce qu’il y a des ateliers, conférences en français ? Comment ça se passe en pratique au niveau des langues ?

Harmonie Vo Viet Anh : Au niveau des langues il n’y a que deux langues différentes pour les interventions : soit elles sont en français soit elles sont en anglais et c’est matérialisé tout simplement par le fait qu’on a demandé que les interventions en français aient un titre et une description en français et que les activités en anglais aient un titre et une description en anglais sur notre site internet.

Frédéric Couchet : D’accord. Et pour le jeune public c’est à partir de quel âge ?

Harmonie Vo Viet Anh : Je dirais que c’est à partir de 7 ans, à partir du moment où l’enfant a une capacité de discernement et une capacité de concentration, je pense, pour assister à l'atelier, quand même.

Jérémie Wojtowicz : La programmation jeune public sera quand même assez limitée on va dire. Il ne faut pas non plus compter sur les RMLL pour être une espèce de camp de vacances pour les enfants !

Harmonie Vo Viet Anh : Mais c’est quand même un camp de vacances pour tous les libristes en général,

Frédéric Couchet : C’est le début des vacances pour les libristes en général. En plus, Strasbourg, il y a un camping sympa, la ville est sympa et le beau temps y est, donc…

Harmonie Vo Viet Anh : On a vérifié sur la météo, normalement ils donnent une météo excellente pour toute la durée des RMLL.

Frédéric Couchet : C’est super ! Isabella.

Isabella Vanni : D’accord. En fait je voulais savoir, en pratique, vous pouvez dire aux personnes qui souhaitent participer à l’événement, qui souhaitent suivre une conférence ou participer à un atelier, comment ça se passe ? Est-ce qu’il faut une inscription ? Est-ce que c’est payant ?

Harmonie Vo Viet Anh : Non. L’entrée est libre et gratuite. On peut accepter des petits dons, mais il n’y a aucune obligation financière pour assister aux RMLL, tout le monde est le bienvenu.

Isabella Vanni : Très bien.

Jérémie Wojtowicz : On peut aussi préciser qu’il y aura certains ateliers quand même sur inscription. Toutes les informations sont à retrouver sur notre site internet rmll.info et vous pourrez aussi retrouver dessus la programmation des soirées parce que chaque soir, après 20 heures, il y aura aussi des choses dans la ville pour fêter la culture libre, avec le samedi soir, notamment, la grande nocturne et le dimanche soir le repas du Libre, l’habituel repas du Libre pour rencontrer les grandes figures et partager autour d’un bon repas du Libre.

Isabella Vanni : C’est super. Vous avez abordé le sujet du repas du Libre donc dimanche soir. Est-ce qu’il y a encore des places ? Est-ce qu’on peut encore s’inscrire ?

Harmonie Vo Viet Anh : Il y a encore des places. On a deux menus, un menu entre guillemets « carné » et un menu végan. Donc même si vous avez des particularités alimentaires ; je crois que le menu végan est même sans gluten, donc !

Isabella Vanni : Parfait. Par contre pour participer à ce genre d’événement, pour le repas du Libre, il faut s’inscrire sur le site.

Jérémie Wojtowicz : Tout à fait.

Harmonie Vo Viet Anh : Oui parce que les places sont limitées.

Jérémie Wojtowicz : Donc à 20 euros, menu carné ou végan ; c’est un tarif unique.

Isabella Vanni : Parfait. Très bien. En tout cas on est vraiment impressionnés par la richesse du programme ; j’ai compté jusqu’à dix événement,s entre conférences et ateliers, en parallèle, donc bravo vraiment pour cette organisation. Le programme est disponible sur le site, donc 2018.rmll.info. Est-ce qu’il y aura aussi un programme sur place, éventuellement sur papier ?

Harmonie Vo Viet Anh : Oui, on a prévu un programme papier. Cependant il est moins bien à jour que le programme qui est sur le site internet à cause de toutes les dernières annulations de dernière minute, etc.

Jérémie Wojtowicz : Il y a peut-être une dizaine d’erreurs qu’il faudra relever. On va essayer de faire un erratum dans les prochains jours avec notre petite équipe, nos petits bras.

Harmonie Vo Viet Anh : On tient à préciser que c’est peut-être la première fois que le noyau technique a moins de 25 ans et est majoritairement composé de femmes.

Isabella Vanni : C’est super ! En tout cas bravo, parce on l’a déjà dit peut-être au début mais c’est bien de le répéter c’est un grand événement donc on attend vraiment beaucoup de personnes ; c’est sur une durée quand même importante ; il y a énormément d’événements et l’organisation est complètement bénévole. Donc bravo deux fois pour ce que vous faites ! Vous souhaitez peut-être rappeler les partenaires de cette édition ?

Jérémie Wojtowicz : Ouais. On peut parler de la ville et de l’Eurométropole qui nous soutiennent ensemble à hauteur de 30 000 euros.

Isabella Vanni : Plutôt pas mal !

Harmonie Vo Viet Anh : Les éditions Diamond qui nous font de la publicité et nous fournissent des magazines à distribuer gratuitement dans les RMLL.

Jérémie Wojtowicz : Il y a l’April, les Mongueurs de Perl, Framasoft qui nous fait aussi un prêt. Il y a Oisux ; oh là là, c’est dur de n’oublier personne alors qu’on n’a pas la liste devant les yeux.

Harmonie Vo Viet Anh : Alsace Digitale qui organisent le EdgeFest et qui vont mettre en place le village du Libre pour le 7 juillet.

Isabella Vanni : Très bien.

Jérémie Wojtowicz : Il y a surtout la FSFE, la Free Software Foundation Europe, merci à Tsanta [stagiaire de la licence CoLibre,NdT] qui est à ma gauche et qui me l'a soufflé à l'oreille.

Isabella Vanni : Et que nous saluons. Vous avez parlé du village du Libre. De quoi il s’agit ?

Harmonie Vo Viet Anh : Le village du Libre ce sera un village dans lequel il y aura des stands tenus par des associations qui font du logiciel libre pour expliquer leurs actions et présenter au public qui ne connaît pas déjà les associations concernées.

Jérémie Wojtowicz : Juste pour revenir rapidement sur la Free Software Fondation Europe, on doit quand même dire qu’ils organisent une track à part entière. Une track c’est un ensemble de programmations plus ou moins linéaires, en quelque sorte, et donc cette organisation européenne va profiter du week-end, ce week-end du 7 au 8, pour faire leur rendez-vous annuel, leur grand-messe où il y a aura plein d’ateliers, de conférences, de débats, anglophones pour le coup.

Isabella Vanni : Très bien. Écoutez, je vous remercie beaucoup pour votre intervention. Est-ce qu’il y a quelque chose… Oui ?

Frédéric Couchet : J’ai encore d’autres questions. Éventuellement, est-ce qu’il y aura cette année des captations vidéos permettant aux personnes qui ne sont pas présentes de pouvoir ultérieurement voir les vidéos de certaines conférences ou des conférences en totalité ?

Harmonie Vo Viet Anh : On aura quand même un minimum de captation qui sera assuré directement par les services de l’université de Strasbourg, qui nous offrent la prestation de captation. Mais c’est vrai que cette année on est un petit peu en difficulté pour ce qui est des captations vidéos étant donné que l’équipe historique est partie sur un autre événement qui s’appelle Pass the SALT, uniquement sur la sécurité dans le logiciel libre. Mais on va faire notre maximum. Il y a énormément de bénévoles qui sont en train de s’organiser pour qu’il y ait une captation Et on est en train de s’organiser également pour avoir un endroit pour s’occuper de vidéo, en tout cas pour qu'elles restent disponibles.

Jérémie Wojtowicz : Voilà. Il y aura aussi la radio qui sera coordonnée par Radio Rhino qui est une petite web radio locale et qui va faire le son pour retransmettre en direct avec l’aide de l’équipe captation quelques conférences. Mais vraiment, étant donné que notre budget est très limité cette année parce qu’on a été globalement un peu en retard, on a préparé en six mois, donc on fait de notre mieux.

Frédéric Couchet : D’accord. D’ailleurs ça me fait penser qu’il y a toujours le moyen d’aider les Rencontres mondiales justement financièrement, il y a un appel à don sur le site des Rencontres c’est rmll.info ; vous pouvez faire un don et tout don sera utile, comme vous l’entendez par rapport aux besoins, parce qu’en fait organiser les Rencontres mondiales, même si c’est organisé de façon bénévole, eh bien il y a des frais de déplacement éventuellement à prendre en charge, il y a des frais de location de matériel, etc., donc ça coûte de l’argent. C’est important de pouvoir les aider. Est-ce que vous avez éventuellement des derniers messages à faire passer ? Des appels ?

Jérémie Wojtowicz : Je pense qu’on a fait un bon tour.

Harmonie Vo Viet Anh : Venez nombreux. On aura de la bière bio artisanale libre.

Isabella Vanni : C’est bien ! C’est bien placé !

Frédéric Couchet : C’est très bien placé effectivement ; ça peut encourager pas mal de gens à venir. J’encourage les gens à s’inscrire notamment pour le repas du Libre parce que c’est toujours un moment très intéressant et très convivial qui permet de se rencontrer, parce qu’après, une des difficultés des Rencontres mondiales c’est qu’il y a beaucoup de choses partout ; des fois on pense qu’on va voir telle ou telle personne et finalement on ne la voit pas du tout. En tout cas Jérémie, Harmonie merci pour votre intervention. Merci aussi pour ce que vous faites, pour l’équipe. Ça fait plaisir d’entendre que l’équipe a moins de 25 ans, surtout qu’autour de la table, ici, je pense qu’on est au-delà des 25 ans en moyenne.

Isabella Vanni : Largement !

Frédéric Couchet : Largement. Donc ça fait plaisir de voir ce renouvellement. On sait d’expérience que l’organisation des Rencontres c’est quelque chose qui est vraiment très compliqué, qui prend beaucoup de temps, beaucoup d’énergie. Encore une fois bravo et merci à vous. Les personnes qui nous écoutent venez si possible à Strasbourg, ne serait-ce qu’une journée ou plusieurs journées ; la ville est belle, les rencontres sont intéressantes, comme l’ont expliqué Jérémie et Harmonie pour tous les publics. Que vous soyez très spécialiste du sujet ou que vous vouliez découvrir, vous pouvez même emmener, comme l’a expliqué tout à l’heure Harmonie, vos enfants. Je me souviens que lors de la dernière édition à Strasbourg j’avais emmené mes deux grands enfants qui avaient 7 et 9 ans je crois à l’époque, ils en étaient vraiment ravis. Donc merci Harmonie, merci Jérémie. Isabella.

Isabella Vanni : Merci beaucoup pour votre temps.

Harmonie Vo Viet Anh : Dernière petite anecdote : j’aimerais quand même dire que Strasbourg n’est qu’à une 1 heure 40 de Paris !

Isabella Vanni : Donc il n’y a pas d’excuse, même les Parisiens, les Parisiennes peuvent aller aux Rencontres mondiales du logiciel libre. Merci beaucoup pour avoir été avec nous aujourd’hui et bon courage pour ces derniers jours. On a hâte d’arriver, de vous rencontrer.

Jérémie Wojtowicz : Merci à vous. Merci pour le soutien.

Harmonie Vo Viet Anh : Merci beaucoup.

Frédéric Couchet : Merci, à bientôt.

Isabella Vanni : Merci. Je voudrais juste rappeler à notre public qu’un stand de l’April sera présent au village du Libre, au village associatif, donc passez nous voir, ça nous fera plaisir.

Frédéric Couchet : Il y aura des mugs disponibles, des tee-shirts, des sacs.

Isabella Vanni : Des goodies, des nouveaux goodies conçus spécialement pour les Rencontres mondiales ; il ne faut pas louper cette occasion. Les mugs et les sacs.

Frédéric Couchet : Les tee-shirts c’est une adaptation du Liberté j’écris ton nom de Paul Eluard, donc vous la découvrirez là-bas. Il y aussi deux conférences April au moins : dimanche à 16 heures la conférence « Au cœur de L’April » pour expliquer comment fonctionne l’April et le 10 juillet Étienne donnera une conférence sur les aspects plutôt institutionnels.

Étienne Gonnu: Le 11.

Frédéric Couchet : Pardon ! Le 11 juillet. Excuse-moi.

Isabella Vanni : Et l’April participera aussi à la journée inter-GULL, donc la journée dédiée aux groupes d’utilisateurs-utilisatrices de logiciels libres qui sera mardi 10 juillet sur toute la journée.

Frédéric Couchet : On va faire une petite pause musicale. C’est une pause musicale qui nous tient à cœur particulièrement parce que c’est un membre de l’April qui fait de la musique, je ne sais pas d’ailleurs de façon professionnelle ou pas, en tout cas son nom d’artiste c’est Texas Bardubos et le nom du titre c’est The sun is back et nous on est de retour juste après cette pause musicale.

Voix off : Cause commune 93.1 – La voix des possibles

Pause musicale : The sun is back par Rico da Halvarez.

Voix off : Cause commune – cause-commune.fm – Partage ta radio

Frédéric Couchet : Nous voici de retour sur Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April.

Notre intervenant de la Cité des sciences et de l’industrie a un problème technique donc nous avons changé le planning de l’émission. Nous a rejoints Pierre Beyssac qui est fondateur d’Eriomem.net, un service de stockage de fichiers, mais Pierre ce n’est pas simplement ça ! Avant de te laisser la parole, Pierre c’est aussi une des personnalités qui a permis l’introduction des systèmes libres en France il y a bien longtemps, l’un des cofondateurs, l’un des quatre cofondateurs de Gandi donc le bureau d’enregistrement de noms de domaine. C’est aussi un développeur de FreeBSD qui est un autre système d’exploitation libre, peut-être moins connu du grand public mais quand même très utilisé. Merci Pierre d’être avec nous.

Pierre Beyssac : Bonjour d’abord. Merci beaucoup à vous de me recevoir. Je suis très content d’être ici en particulier pour parler de la directive copyright.

Frédéric Couchet : Exactement. Nous allons revenir sur la directive droit d’auteur que nous avions longuement abordée lors de la précédente émission si vous vous souvenez bien, si vous l’avez écoutée ; en fait il y avait un vote en commission des affaires juridiques du Parlement européen qui devait avoir le lieu le 20 juin 2018 ; le vote a eu lieu. Étienne Gonnu, mon collègue, va faire un retour sur ce vote et sur ce qui nous attend en séance plénière ce coup-ci le 5 juillet 2018, tout simplement jeudi, parce que les choses ont un petit peu évolué et il faut toujours se mobiliser ; donc Étienne je te laisse la parole.

Étienne Gonnu : Merci. Tout à fait. Pour rappeler peut-être – on ne va pas refaire effectivement tout le contenu de l’émission, enfin de nos échanges du 5 juin – il y a dans cette directive deux points de tension en particulier : l’article 11 qui devait donner un droit d’auteur donc aux éditeurs de presse pour leur permettre de faire payer, voire d’interdire, les liens vers leurs articles ; on parle souvent là de taxe sur les liens de tax link pour décrire cette idée. Pour ceux peut-être qui s’intéressent à ces sujets, on se rappellera qu’en Allemagne et en Espagne ils ont tenté des législations similaires et que le résultat a été catastrophique, notamment pour la presse à qui ça a coûté beaucoup d’argent.
L’autre point de tension qui nous a concernés plus directement, l’article 13. L’article 13 qui, en gros, veut rendre les plateformes responsables des contenus que leurs utilisateurs et utilisatrices vont mettre en ligne et, pour ce faire, eh bien leur imposer la mise en place de filtres automatisés.

Donc pour résumer : l’article 13 serait un filtrage généralisé des contenus mis en ligne et l’article 11 l’instauration d’un droit voisin pour les éditeurs de presse.

Comme je vous ai dit, nous on s’était consacrés à l’article 13 parce qu'il faut quand même se rappeler que le code source relève du droit d’auteur, il est soumis au droit d’auteur et que les forges logicielles, en tant que plateformes, étaient donc concernées, dans un premier temps, par cette directive. Donc c’était un peu le centre de notre mobilisation, c’était de nous assurer que les forges seraient exclues du champ d’application.

Frédéric Couchet : Étienne est-ce que tu peux rappeler ce qu’est une forge logicielle ?

Étienne Gonnu : Bien sûr. Les forges logicielles ce sont donc des plateformes où les développeurs et les développeuses peuvent mettre en ligne leur code, le partager et construire ensemble des logiciels. C’est typiquement des plateformes de collaboration et de partage de contenus.

Alors ça a été la bonne nouvelle.

Tu parlais du vote du 20 juin. Effectivement c’est l’étape normale.
D’abord avant que ça arrive au Parlement européen ce sont les commissions, ce qu’on appelle la commission au fond qui va se saisir du dossier et, dans le cadre de cette directive, de fait c’est la commission affaires juridiques, la commission JURI qui se saisit de ce dossier.

Il y a eu une forte mobilisation et, pour le coup, elle a eu du succès sur ce point-là, car effectivement les forges logicielles ont été sorties du champ d’application, donc ça c’est à l’article 2. On voit d’ailleurs, et c’est assez significatif de l’usine à gaz qu’est ce texte, à chaque mobilisation qui a réussi à faire suffisamment de bruit, le résultat a été une exclusion spécifique du périmètre. On voit que ça a été le cas pour les forges logicielles libres ; Wikipédia a également été sortie, et encore heureux, du champ d’application du texte et il y a d’autres typologies de plateformes qui ont été sorties, mais il n’y a pas de corrélation entre ces différentes plateformes si ce n’est qu’à chaque fois il y a eu une mobilisation suffisante pour obtenir ce résultat.

Donc le 20 juin que s’est-il passé ?

Eh bien l’article 11, malheureusement, et l’article 13 ont reçu un vote favorable : 15 votes contre 10 pour l’article et 13 contre 12 en faveur de l’article 11. Donc effectivement, c’était un résultat décevant. Mais ce n’est pas fini ! Comme tu le disais il y a effectivement un vote à venir le 5 juillet.

On peut peut-être repréciser : ça c’est l’étape normale. À la commission, donc, le texte a été voté, les articles 13 et 11 notamment ont donc été votés. Ce n’est pas la seule chose qui a été votée à l’occasion de ce vote : la commission JURI, pour le Parlement européen, a donné ce qu’on appelle un mandat au rapporteur sur le texte afin qu’il porte ce texte dans ce qu’on appelle le trilogue ; on avait un peu expliqué ce que c’est.
Donc dans le processus on va dire normatif, normal d’une directive, la commission européenne va proposer un texte, là elle l’avait fait en septembre 2016 ; puis de son côté le Parlement européen par une commission au fond va retoucher le texte, il va faire sa propre proposition ; le Conseil de l’Union européenne composé des représentants des États membres, c’est une forme de Conseil des ministres, va faire de même de son côté. Puis, sur la base de ces textes, il va y avoir des négociations à trois voix, donc un trilogue, qui va aboutir à un texte final qui, en fin de parcours, sera acté par le vote au Parlement européen.

Donc là, théoriquement, le texte était acté et c’est sur ce texte que le rapporteur Axel Voss a un mandat pour porter et discuter ce texte.

Des voix, notamment par l’entremise de Julia Reda du groupe des Verts européens, qui est très active sur ces sujets-là et qui, depuis le début, s’oppose à ce texte liberticide, portent ce qu’on appelle une motion. C’est une procédure qui est prévue à l’article 69 semble-t-il du règlement intérieur, qu’importe !
La campagne Save your Internet a publié un court billet pour résumer un petit peu cette procédure. On a traduit ce texte en français, le lien sera disponible sur april.org.

Donc en somme, si 76 parlementaires se mettent d’accord, ils vont déposer une motion, une motion qui va être votée, et si cette motion est votée à majorité eh bien le texte sera rediscuté en session plénière. En gros ça remet en cause le mandat, ça rejette le mandat qui a été donné, donc ça ré-ouvre le champ à des amendements, pour qu’un nouveau mandat soit déposé.

C’est tout l’enjeu du 5 juillet ; c’est le rejet de ce mandat qui a été donné.

Frédéric Couchet : Pour comprendre, pour les personnes qui ont plus l’habitude de suivre les procédures parlementaires françaises où en commission on vote sur un texte et des amendements et ensuite en séance plénière on revote sur le texte et sur des amendements, là en l’occurrence, suite au vote de la commission des affaires juridiques en gros il y a des amendements qui ont été votés, certains positifs, mais globalement quand même le texte reste à rejeter, et il y a eu donc un mandat de négociation qui a été voté pour le rapporteur de la commission JURI et ce qui se passe là, en séance plénière, c’est qu’on ne va pas rediscuter des amendements, de nouveaux amendements sur le texte. Normalement il ne se passe rien, c’est-à-dire que le mandat a été voté, sauf si 10 % des parlementaires européens donc 76 sur 751, déposent une motion pour soumettre au vote du Parlement européen le fait de donner mandat effectivement à la commission JURI pour aller négocier avec les autres partenaires, donc le Conseil et la Commission.
Donc là, l’enjeu pour l’instant, le premier enjeu, c’est d’avoir que ces 76 parlementaires déposent ce recours et, si ce recours est déposé, à priori il sera soumis au vote jeudi 5 juillet et là il faudra évidemment une majorité de parlementaires pour dire « non, nous ne voulons pas donner ce mandat ; nous voulons revenir sur le texte et discuter pour si possible l’améliorer ou peut-être le repousser s’il n’est pas possible qu’il soit amélioré. »

Étienne Gonnu : Tout à fait. On peut déposer un amendement qui appelle à la suppression de l’article, ça se voit assez régulièrement, que ce soit au niveau européen ou français. Et d’ailleurs c’est intéressant, parce qu'on sait de source sûre, et ça ne nous surprend pas particulièrement mais c’est rassurant de le savoir que normalement les 10 %, donc ce nombre de 76 a été atteint, donc une motion devrait bien être votée ; et donc là, à nous aussi d’être en mesure de nous mobiliser pour convaincre au moins 50 % des parlementaires européens de soutenir cette motion, de voter le rejet de ce mandat. Au moins que le texte soit re-soumis au débat qui devrait, du coup, se dérouler en septembre, si la motion est acceptée.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc ça c’est la procédure, pour que les gens comprennent bien.
Ça change aussi l’argumentaire qu’on peut apporter parce qu’en fait vous avez parlementaires qui peuvent se dire même si l’article 13 par exemple est dangereux, globalement on est en faveur de la directive donc on va refuser de rejeter ce mandat alors qu’avant c’était amendement par amendement, article par article ; donc ça différencie un petit peu la discussion avec les parlementaires et on peut même dire que certains groupes parlementaires sont divisés parce qu’ils considèrent que globalement la directive va dans le bon sens alors même que certains articles pourraient effectivement être revus et corrigés.

Donc là c’est la situation juridique, on va dire. Donc le 5 juillet, à priori, il va y avoir un vote sur ce JURI-là. Il faut toujours agir pour exprimer nos inquiétudes, notamment sur la question évidemment de l’article 13 et du filtrage. C’est pour ça aussi qu’on a invité Pierre Beyssac qui, comme je le dis, fréquente Internet depuis des années et des années et qui a publié récemment un billet explicatif sur le filtrage.

Étienne Gonnu : Tout à fait. Pour simplement rappeler c’est vrai que le 5 juin on avait parlé de ça avec en pleine ligne de mire à cette époque le vote du 20 juin. Ce qui a été intéressant c’est que, entre l’enregistrement de cette première émission et puis la tenue de ce vote, on a vu une mobilisation s’intensifier et devenir quand même très forte, à un point d’ailleurs que les détracteurs de cette mobilisation accusent les GAFAM donc Google, Amazon, Facebook, surtout Google, on voit bien que c’est ça qui est en ligne de mire, de manipuler cette campagne derrière les rideaux ; c’est assez risible malheureusement mais ça a fait peur ! Ces réactions ça a fait peur ! Donc une grande mobilisation.
Je pense qu’il est intéressant de citer deux éléments de cette mobilisation qui ont été assez marquants : une lettre ouverte qui a été signée le 12 juin et qui a été publiée sur le site de la EFF, l’Electronic Frontier Foundation, le titre étant que « plus de 70 sommités sonnent l’alarme sur le filtrage automatisé ». Je n’ai pas voulu citer les 70 ; on peut quand même mentionner Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web ; Jimmy Wales et Katherine Maher, respectivement cofondateur et directrice exécutive de la Wikimedia Foundation ; il y a le directeur du MIT Media Lab ; Bruce Schneier, un des plus grands spécialistes de la cryptologie ; voilà, des gens de cet acabit-là qui ont sonné l’alarme.
D’autre part, également, une lettre de David Kee ; David Kaye est tout simplement rapporteur spécial pour les Nations unies sur la liberté d’opinion et d’expression. Il a écrit à la Commission européenne pour s’inquiéter des conséquences du texte qu’il considère disproportionné dans ses atteintes à la liberté d’expression.

Comme tu le disais il y a eu aussi des mobilisations en France, notamment celle de Pierre Beyssac qui a fait un excellent billet. À titre personnel ou du moins pour l’April, merci, car dans ma mobilisation en tant que chargé de missions affaires publiques, je contactais par courriel et par téléphone les députés et ce texte m’a beaucoup aidé, notamment parce qu’il était difficile [facile, NdT] de dire « regardez, là ce ne sont pas les grandes plateformes qui poussent, ce sont des professionnels du logiciel libre, ce sont des professionnels d’informatique, ce sont des militants de longue date, des gens qui savent de quoi ils parlent ». Donc c’était intéressant car c’est un des grands sujets qui était au centre des discussions : est-ce qu’il y a bien filtrage et en quoi les filtrages sont dangereux ? Voilà ! Peut-être tu peux nous parler de ce qui t’a poussé à écrire ce billet et ce que tu as voulu exprimer dedans.

Pierre Beyssac : D’abord merci beaucoup Étienne pour ton retour et tes explications et je suis très touché de savoir que mon texte a servi à quelque chose.
En fait, ce n’est pas la première fois que j’appelle des parlementaires pour différentes lois, les lois renseignement, les choses comme ça. Je sais qu’un peu toutes les formes de mobilisation sont utiles, donc la pétition, de signer une pétition ça a un petit effet, mais on atteint vite un effet de masse. Par exemple je crois qu’il y a une pétition sur change.org qui a dû dépasser les 700 000 ou 800 000 ces derniers jours contre les articles 11 et 13. Et j’ai déjà effectivement appelé des parlementaires ; je n’ai jamais eu la chance d’avoir directement un parlementaire lui-même, mais en général, au mieux, on tombe sur l’assistant, l’assistante, et donc c’est quand même toujours bien d’avoir un argumentaire personnel à développer plutôt que de répéter des choses en boîte qu’on ne maîtrise pas forcément, donc de se faire sa propre idée à son propre niveau. Et les argumentaires que j’avais vus étaient très juridiques donc ils étaient très intéressants, en particulier ceux de Julia Reda, mais moi j’ai voulu faire un argumentaire à ma sauce de tekos de l’Internet. Voilà ! Donc j’ai un petit peu démonté le texte, j’ai regardé un petit peu sachant qu’effectivement, comme tu l’as dit, mon billet je l’ai écrit avant le vote en JURI, quelques jours avant en fait parce que je m’y suis pris assez tard. J’ai suivi d’assez loin les débats sur le sujet ; j’avais vu l’épisode GitLab lorsque GitLab a fait son appel.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux expliquer ce qu’est GitLab ?

Pierre Beyssac : Pardon, excuse-moi.

Frédéric Couchet : C’est GitHub, je crois, qui a fait l’appel.

Pierre Beyssac : Pardon GitHub, excuse-moi, tout à fait. Donc GitHub c’est une forge logicielle, comme on l’a expliqué tout à l’heure, qui est semi-commerciale, on peut dire, mais qui est très prisée par les gens qui écrivent des logiciels libres, qui a formé toute une communauté et qui donc risquait d’être sévèrement impactée par la version initiale de la directive, de l’article 13 et donc qui a obtenu une exemption. Moi j’ai vu passer ça ; l’exemption donc a été votée, si j’ai bien compris, lors de la commission JURI le 20 juin.
Mais ce que je n’avais pas compris, enfin ce que je n’ai vu qu’assez tard, c’est que je pensais que l’article 13 allait sauter beaucoup plus rapidement que ça parce que c’est quelque chose d’assez énorme quand même et que la mobilisation était suffisante pour écarter les risques qu’il comporte. Mais en fait, comme l’a très bien expliqué Étienne, ce qui s’est passé c’est qu’il y a eu des exclusions ponctuelles, donc celle demandée par GitHub, les exclusions pour Wikipédia ; il y a une exclusion également pour les sites de vente en ligne d’objets physiques, donc les sites type eBay ont réussi à éviter d’avoir à mettre un filtre sur les copyrights des photos des objets vendus, ce qui paraît être la moindre des choses. Mais ce qui veut dire aussi que si par exemple GitHub n’avait pas existé ou s’il n’y avait eu aucune forge logicielle militante pour exclure les forges de l’article 13, elles seraient touchées sans même qu’on le sache puisque les concepts n’ayant pas été inventés !

Enfin je ne suis peut-être pas très clair, mais ce que je veux dire c'est qu'avec des exclusions ultra-ponctuelles on est en train de se couper de tout un tas de potentiels usages futurs qui vont être tués dans l’œuf parce que, pour citer l’étude impact elle-même – donc là ce n’est pas un chiffre que je sors de mon chapeau – le coût d’un service de filtrage à priori de contenus c’est environ 900 euros par mois pour 5 000 transactions : ça correspond à un service réel qui, tel que j’ai compris, était étasunien — c’est facile à retrouver, il est cité dans l’étude d’impact de la directive — donc ça représente un coût d’environ 20 centimes d’euros par transaction. Inutile de dire qu’un petit réseau social qui veut se monter n’est pas en mesure de payer 20 centimes d’euro pour chaque commentaire ou chaque photo postée par ses utilisateurs et ça, qu’il soit à but non lucratif ou à but commercial.

Ce qui s’est passé aussi le 20 juin c’est qu’apparemment il y a eu une exclusion des sites à but non lucratif, tel que j’ai compris les amendements, mais alors vous me détromperez peut-être.

Étienne Gonnu : C’est un peu la difficulté. Ce texte est par ailleurs assez mal écrit ce qui fait qu’effectivement il est difficile de se rappeler de tout ce qui est spécifiquement. Sur les forges, dans un premier temps, c’était seulement les forges à but non lucratif et c’est parce que la mobilisation a été suffisamment forte pour expliquer et se faire entendre, de dire qu’exclure les forges qui seraient uniquement à but non lucratif ne servirait à rien, notamment parce que c’est tout un équilibre économique qui fait que c’est aussi en fournissant des services, par exemple dans le cas GitHub des services payants, que d’un autre côté il y a aussi des activités non lucratives qui sont disponibles. On voit que c’est tout ça, de cette manière-là que ça a été écrit. Dans le cas de Wikipédia je crois que c’est plus eux qui sont concernés dans cet aspect non lucratif.
Alors la liste exacte des exceptions je ne l’ai pas en tête.

Pierre Beyssac : La formulation est assez ambiguë. Là j’ai le papier, mais je ne vais peut-être pas vous le lire surtout c’est la version anglaise, mais tel que c’est rédigé ça parle de sites non lucratifs, no profit, tels que, par exemple, les encyclopédies en ligne.

Étienne Gonnu : Oui c’est ça.

Pierre Beyssac : Wikipédia est donnée, enfin Wikipédia n’est pas citée mais l’encyclopédie en ligne est donnée comme exemple, mais juridiquement est-ce que ça ne cadre pas un peu ? Est-ce qu’un site non lucratif d’un autre type, similaire mais pas identique, ou complètement différent va être touché ou pas ?

Frédéric Couchet : C’est un peu le problème de définir, de lister des exceptions parce qu’en fait ils sont partis du principe de viser un certain nombre de services, très large, et ensuite, suite à la mobilisation et suite à des explications disant « eh bien oui, les forges logicielles libres vont être touchées, Wikipédia va être touchée, etc. », on rajoute des exclusions et effectivement un, juridiquement on ne sait pas si ça va tenir. Et puis effectivement, de rajouter des exclusions ça ne fonctionne pas, en fait. Il faudrait plutôt définir exactement ce qui est visé, très clairement, voire ne rien faire du tout, plutôt que mettre en place ces exclusions.
C’est pour ça d’ailleurs que même si les forges logicielles ont été exclues du dispositif de l’article 13, on continue à se mobiliser parce que ça ne veut pas dire que le logiciel libre n’est pas touché. Par exemple Peertube qui est un outil de partage de vidéos décentralisé, que poussent nos amis de Framasoft, pourrait très bien être touché par cet article 13 ; donc il est important de se mobiliser.

Ce qui était un point intéressant dans ton article aussi, c’était que tu revenais sur cette question du filtrage qui semble être le mot tabou chez la plupart des gens qui sont pro-article 13 en disant « mais non, le filtrage n’est pas marqué dans le texte », alors qu’en fait il est clairement question de filtrage. Est-ce que tu peux revenir un petit peu rapidement, enfin rapidement, pas trop longuement, mais en tout cas pour expliquer les différents types possibles de filtrage qui existent aujourd’hui et en fait leurs limites aussi ?

Pierre Beyssac : Tout à fait. Donc en fait, en gros on peut considérer qu’il y a trois types de filtrage à priori : on a le filtrage par fichiers identiques ; c’est ce qu’on appelle les « résumés crypto » ou les checksums. C’est assez fruste et ça peut servir dans certains cas, mais c’est très facile à contourner donc ce n’est pas extrêmement efficace pour protéger des œuvres copyrightées.

Frédéric Couchet : En fait il suffit de légèrement modifier le fichier pour que finalement l’empreinte change et donc ça ne fonctionne pas.

Pierre Beyssac : Oui. On modifie même un bit du fichier, rien du tout ! Et à fortiori, évidemment quand on ré-encode le fichier dans un autre format c’est la même chose ; donc c’est extrêmement facile à contourner.
En général, ce que font les YouTube et compagnie, c’est qu’ils ont des systèmes beaucoup plus complexes qui connaissent et comprennent le format du fichier concerné et qui en extraient les informations pertinentes pour être capables de reconnaître tel contenu audio, telle image, quel que soit le format sous-jacent et même avec des modifications mineures.
Le problème c’est que ces systèmes sont très propriétaires, donc on ne sait pas du tout comment ils fonctionnent de l’extérieur. Il n’en existe aucune implémentation libre évidemment. Ils fonctionnent sur une base qui doit être remplie par les ayants droit qui fournissent des œuvres types et, au final, même éventuellement ça peut peut-être fonctionner en ce qu’on appelle l’apprentissage profond, c’est-à-dire les réseaux de neurones mais avec des résultats encore plus aléatoires sur la détection. Donc on ne sait pas exactement quels vont être les résultats en termes de faux positifs, donc des contenus qui ne sont pas en infraction mais qu’ils vont détecter comme l’étant, incorrectement, ou faux négatifs : donc des contenus qui devraient être détectés comme étant en infraction mais qui vont passer à travers.
Et par ailleurs, en particulier sur les faux positifs, ça pose la question des mèmes, qui a donné lieu à un certain nombre d’articles en France.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux expliquer ce que sont les mèmes ?

Pierre Beyssac : Les mèmes ? Eh bien je prends une image de OSS 117, par exemple, et puis je mets une déclaration de Macron dessus, au hasard ! Il peut très bien se produire que les ayants droit de OSS 117 n’aient pas envie que les extraits du film soient utilisés d’une façon détournée, sous forme de parodie.

Frédéric Couchet : C’est marrant que tu prennes cet exemple-là, parce que le réalisateur de OSS 117 c’est Michel Hazanavicius qui a été célèbre pour faire un de ses premiers films basé sur des reprises ; c’est le grand détournement de films de la Warner dans les années 90, je crois.

Pierre Beyssac : J’ignorais cet élément ; d’accord ! C’est d’autant plus intéressant effectivement. Donc ce qui risque de se produire c’est qu’il y ait des filtrages abusifs sur les mèmes qui empêchent un utilisateur de poster sa parodie, alors que la loi lui donne un droit d’exercice de parodie ; parodie, mèmes, etc.

Frédéric Couchet : Là en fait, ce que tu expliques, et je vais relaisser la parole à Étienne c’est que finalement ils veulent mettre en place des robots de filtrage, tu citais tout à l’heure quand tu parlais du filtrage par, je sais plus quel terme tu as employé, tu parlais de Content ID notamment de YouTube.

Pierre Beyssac : Oui. Par similarité.

Frédéric Couchet : Par similarité voilà, je ne me souvenais du terme. Ces robots, en fait, vont remplacer, finalement, la loi, ce qui est strictement impossible, et donc le résultat, effectivement c'est qu'il y a des vidéos qui vont se faire déréférencer, supprimer, sans qu’on puisse intervenir sauf éventuellement à aller tenter de faire valoir son droit devant un juge, donc quelque chose de très compliqué. C’est pour ça qu’on dit clairement que c’est un filtrage ; c’est de la censure. Étienne ?

Étienne Gonnu : Là-dessus moi je voulais aussi rebondir parce qu’effectivement une des campagnes qui a fait pas de mal de bruit, notamment je pense parce qu’elle a un côté assez fun, c’était Save the meme qui était « les mèmes sont en danger, sauvons les mèmes ! Pour ça il faut se mobiliser ». Ça a été aussi du coup en réaction, et ça faisait partie de ce discours « non il n’y a pas de filtre ». Les défenseurs de l’article 13 nous disant « bien sûr qu’on ne veut pas s’attaquer aux mèmes ; l’article 13 n’interdit pas les mèmes ». Et au cœur de leur argumentaire c’est de dire « ça ne touche pas à l’exception, les exceptions au droit d’auteur continuent à exister et sont encore protégées ».
Pour moi ça évoque deux choses : d'une part effectivement il y a des exceptions, alors ça reste des exceptions au droit d’auteur et il faut savoir que le droit des exceptions n’est pas un droit qui est harmonisé ; donc chaque pays va avoir sa propre manière d’appréhender ce que va être de la parodie, de la citation, et est-ce que ça relève bien d’une exception légitime. On sait très bien comment, on imagine sans mal comment au niveau d’un marché européen, d’un marché unique numérique — vu que c’est ça qu’ils essayent de défendre, le numérique — on imagine bien que les services vont s’aligner sur le plus restrictif pour limiter le risque, enfin pour assurer leur sécurité juridique. Donc si la parodie est interdite dans un pays on va s’aligner sur ce pays-là, en caricaturant un peu.

Moi ce qui m’inquiète le plus, au cœur de leur discours ils disent « regardez, dans l’article 13 on dit bien : il faut que les plateformes assurent un recours, un moyen de recours aux personnes dont le contenu sera bloqué alors qu’elles ont mis du contenu légitimement, que ça peut relever par exemple d’une exception ».
Déjà on imagine bien le temps que ça peu prendre, mais ça veut surtout dire que c’est la plateforme qui sera, dans ce cas-là, juge de la légitimité du moyen d’expression ; c’est elle qui va décider, dans le cas d’un mème, si effectivement ça relève bien de la parodie. Moi je ne trouve pas ça acceptable que la liberté d’expression, parce que c'est une exception au droit d’auteur et c’est déjà contestable que ce soit juste une exception alors que c’est une des garanties de la liberté d’expression, que cela dépende, finalement d’un recours auprès d’un opérateur privé.

On sait d’ailleurs très bien d’ailleurs qu’un amateur, quelqu’un qui va mettre ce mème-là, son contenu va être bloqué, est-ce qu’il va vraiment aller s’embêter à aller attaquer la plateforme ? Sauf s’il est militant un petit peu ou qu’il a un petit peu cette fibre-là ! Sinon la plupart vont s’autocensurer et accepter de laisser passer. Donc c’est assez emblématique ; ce truc sur les mèmes peut paraître accessoire, mais en fait il est assez emblématique.

Pierre Beyssac : Oui. D’ailleurs Julia Reda l’explique très bien dans son argumentaire c’est que le fait de pouvoir contester ne garantit rien. Parce que les plateformes vont se trouver dans une situation où elles auront tout intérêt à bloquer, enfin à sur-bloquer, à bloquer plus que nécessaire, pour ne pas risquer d’ennuis vis-à-vis des ayants droit du copyright, même dans les cas où elles seraient protégées. J’ai même vu des gens ce matin qui râlaient sur Twitter parce qu’un article de presse avait été cité, mais juste deux paragraphes, ce qui était à priori du droit de citation, mais qui n’avait pas l’air de leur convenir.

On voit qu’il y a une interprétation assez subjective de la chose, d’une part, et que, d’autre part, les plateformes n’auront absolument aucun intérêt à prendre des risques en la matière, effectivement.

Frédéric Couchet : Et c’était aussi un des risques pour les plateformes d’échange de code source effectivement, c’est qu’à la fois les plateformes ne voudraient prendre de risques d’avoir un téléversement de contenu éventuellement soumis à droits qui interdiraient ce téléversement, mais également les contributeurs et contributrices n’ont pas forcément envie de se considérer par défaut comme des contrefacteurs alors qu’en fait ils téléversent un contenu pour lequel ils ont les droits. Effectivement, on met un principe de précaution monstrueux qui fait que, au-delà même des actions de ces fameux robots filtrants, robots copyrights, il y a effectivement la limitation préventive, finalement, des plateformes.

Moi j’avais aussi une question. Tu as dit que tu avais contacté des euro-députés, des parlementaires et que tu avais eu principalement leur collaborateur ou collaboratrice ; c’est souvent le cas ; c’est rarement le parlementaire qui répond directement, mais ce n’est pas inquiétant parce que, finalement, les collaborateurs sont aussi là pour faire ce travail d’analyse, de rédaction d’argumentaire, de compréhension. Quand tu as eu ces personnes est-ce que tu as senti une compréhension du sujet ? Quels sont les arguments clefs qu’on t’a opposés pour te dire finalement « l’article 13 c’est le bien » ?

Pierre Beyssac : En fait on ne m’a pas opposé d’arguments !

Frédéric Couchet : Ah !

Pierre Beyssac : Dans un cas on m’a dit « de toutes façons le parlementaire compte voter contre l’article 13 », donc ce n’est pas la peine d’insister. Dans un autre cas ça concernait un parti qui venait juste d’être bloqué par YouTube, dont le compte venait d’être fermé par YouTube en raison d’utilisation d’extraits d’actualités – donc là encore, à priori c’étaient des droits de citation – et qui était en train de faire campagne, trouvait que c’était une censure inacceptable ; mais parallèlement le parlementaire, enfin l’assistant du parlementaire que j’ai eu, m’a expliqué que son député comptait voter comme la chef de file du parti en la matière, c’est-à-dire en faveur de la directive.

Frédéric Couchet : Tu parles du Parti Front national ?

Pierre Beyssac : Oui, c’est ça ; Regroupement national je crois maintenant. Oui exactement.

Frédéric Couchet : Je ne me souviens plus du nom de la parlementaire européenne.

Pierre Beyssac : Moi non plus, je suis désolé.

Étienne Gonnu : C’est Marie-Christine Boutonnet.

Frédéric Couchet : Voilà. Marie-Christine Boutonnet. Parce que c’est vrai que nous aussi on a envoyé des messages et c’est vrai que c’était assez marrant de les voir hurler sur, effectivement, ce qu’ils appelaient cette censure et puis, d’un autre côté, vouloir voter pour quelque chose qui allait automatiser cette censure ! C’est des fois l’absence de cohérence des parlementaires. Visiblement on a eu la même personne, en tout cas le même cas. Et on a bien vu d’ailleurs que dès que l’article 13 a été voté, Marie-Christine Boutonnet et d’autres parlementaires du même acabit ont diffusé directement un communiqué de presse pour se féliciter de ça, ne même pas avoir conscience de l’opposition avec ce qu’ils reprochaient en France en fait !

Pierre Beyssac : À cet égard d’ailleurs, il faut noter que ça peut être intéressant de se renseigner sur les positions des parlementaires qu’on veut appeler, effectivement avant d’appeler l’assistant de son collègue. Je n’ai pas réussi à avoir directement les assistants de Mme Boutonnet. Il n’y avait pas de répondeur, il n’y avait rien ! J’ai appelé plusieurs fois à Bruxelles et ça sonné dans le vide ! Mais bon, ça ce n’est pas très grave ! Et j’ai vu sur les expressions publiques qu’elle avait fournies sur la question qu’elle était fermement en faveur de la directive. Je l’ai appelée quand même, au cas où, parce qu’il y avait quand même un argument percutant sur la question. Mais c’est quand même intéressant de voir ! Par exemple, ce n’est peut-être pas la peine d’appeler Jean-Marie Cavada, je ne pense pas qu’on le fera changer d’avis.

Frédéric Couchet : Ah ! Jean-Marie Cavada ça parait assez compliqué. Mais par rapport à ce que tu dis c’est toujours intéressant de contacter des parlementaires, alors peut-être pas Jean-Marie Cavada parce qu’effectivement il a l’air vraiment sur une ligne très claire, pour lui en tout cas, mais il y a pas mal de parlementaires, en fait, qui ne maîtrisent pas forcément tous les sujets ; qui, des fois, suivent les consignes de groupe mais sont ouverts au débat. On a vu ça sur d’autres sujets : il y a des parlementaires qui peuvent changer d’avis, ça existe, ce n’est pas toujours le cas mais ça peut exister ; il ne faut pas, effectivement, hésiter à passer du temps avec ces personnes-là. Et c’est vrai que par rapport à ce que tu dis, si on a le temps d’essayer un peu de comprendre le positionnement de ce parlementaire, on comprend mieux sa logique et on est capable de dialoguer même si on n’est pas forcément d’accord avec sa logique. Donc c’est important, effectivement, de faire ce travail préparatoire avant d’appeler ou avant d’envoyer un courriel. Étienne.

Étienne Gonnu : On appelle aussi, du coup on a encore deux jours et encore le temps d’avoir un impact, et le fait d’appeler et d’envoyer aussi des courriels c’est extrêmement utile en ce sens ; ça participe finalement à montrer aussi la réalité de cette opposition. Ce n’est pas seulement quelque chose de factice et construit par les GAFAM.
Peut-être quelques points clefs : on va vous donner le lien vers la liste officielle, enfin sur le site du Parlement qui liste les parlementaires français. Vous pouvez ensuite les trier par circonscription, par groupe politique ; donc il y a plusieurs filtres que vous pouvez appliquer. Ils ont deux numéros : Strasbourg et Bruxelles ; cette semaine, donc jusqu’à vendredi, ils sont à Strasbourg ; si vous cherchez à les contacter choisissez bien le bon numéro.

Effectivement Marie-Christine Boutonnet je n’ai même réussi à avoir son bureau non plus ; alors je lui ai écrit, mais je n’ai jamais réussi à avoir son bureau ; ça sonne effectivement dans le vide. Il y a des parlementaires il faut réessayer : parfois j’ai mis deux-trois fois, mais j’ai réussi à avoir quelqu’un. Donc il ne faut pas hésiter et se décourager si ça ne répond pas. Et effectivement il y a différents profils.
Ceux qui sont déjà convaincus de la nocivité de ce texte, effectivement après c’est remercier la personne de son soutien et passer à la suite.
Parfois on tombe sur des gens qui sont très opposés ; c’est une manière de travailler un peu ses arguments mais c’est vrai que ce n’est pas la peine d’y déployer une énergie folle.
Et puis, on tombe sur des personnes qui nous disent « mon député ou moi en tant que député je vais soutenir la délégation ou mon groupe politique », mais on sent qu’il y a quand même un appétit, qu’il y a un intérêt pour les questions ; donc peut-être qu’on ne la convaincra pas directement sur ce point-là, mais c’est aussi un travail de longue haleine, c’est une manière de montrer ce qu’on défend et qu’il y a aussi une réelle mobilisation.

Moi je trouve qu’il y a un argument qui a la portée qu’il a, mais c’est aussi de rappeler sur ce texte que l’objet ce n’est pas tout de suite de supprimer l’article, même si peut-être la personne peut avoir un regard favorable, il s’agit de rouvrir simplement les débats et de rouvrir la possibilité d’amendements et de faire ça en assemblée plénière. Donc même si la personne est convaincue qu’il s’agit d’un bon texte, ce qu’on peut trouver regrettable, il ne s’agit pas de le rejeter tout de suite. Donc juste appeler à voir rouvrir un peu le débat, je pense qu’il y a des parlementaires qui peuvent être sensibles à ce genre de choses.

Frédéric Couchet : Tout à fait. Pierre ?

Pierre Beysac : Je crois, effectivement. Pour compléter un petit peu, appeler un parlementaire ça prend du temps ; il y a d’autres moyens d’action : on peut passer par du courrier électronique aussi. C’est bien déjà de se présenter pour dire un petit peu d’où on vient, expliquer un peu avec ses propres mots et suivant les angles d’intérêt de chacun pour présenter son propre argumentaire parce que ça a toujours plus de poids. Mais même signer une pétition qui est un truc un petit peu en boîte, c’est déjà utile parce que ça fait quand même… Après à chacun suivant son temps, mais toute action est utile même si on n’a pas forcément l’envie ou la possibilité d’appeler un parlementaire.

On peut appeler aussi des parlementaires, si on maîtrise des langues étrangères, on peut appeler d’autres parlementaires. Moi j’avais appelé une députée luxembourgeoise parce qu’en France le sujet a l’air quand même relativement, je ne dirais pas passé sous silence mais ça n’a pas tellement buzzé en France. Curieusement le buzz est plutôt venu des pays limitrophes et même éventuellement des États-Unis, d’ailleurs. En France il y a eu d’autre préoccupations avec des lois, la nouvelle loi de programmation militaire, etc. ; il y a pas mal de choses qui se passent par ailleurs, qui ne sont pas forcément plus réjouissantes, je pense.
N’appelez pas forcément uniquement des parlementaires français ; ça peut être utile aussi d’appeler des parlementaires francophones belges, si vous en avez la possibilité ou des parlementaires en anglais dans un peu n’importe quel pays si vous avez un petit peu le courage de parler anglais à ce niveau-là.
D’ailleurs j’ai traduit mon article français initial pour l’utiliser en anglais également, à toutes fins utiles.

Frédéric Couchet : C’est important ce que tu dis. Effectivement c’est que les parlementaires restent sensibles aux appels ou aux messages de gens qui appellent de leur propre plein gré et en expliquant leurs problématiques. C’est-à-dire que les parlementaires reçoivent quotidiennement des notes de lobbies, etc., de représentants d’intérêt et quelque part c’est le boulot, mais ils sont preneurs de gens qui peuvent expliquer leurs problématiques quotidiennes avec leurs propres mots. Il ne faut pas avoir peur de ne pas être une experte du sujet ou un expert du sujet pour appeler. On peut aussi simplement relayer des messages sur les réseaux sociaux ; relayer les articles qui sont de qualité ; il y a l’article de Pierre effectivement sur le filtrage qui est relativement court et qui explique bien les trois méthodes de filtrage et leurs limites et qui explique aussi, en fait, que ce que veut mettre en place l’article 13, eh bien quelque part existe déjà et que, notamment, les artistes reçoivent quand même beaucoup d’argent via les différentes plateformes.

Par rapport à la mobilisation en France on peut constater que la mobilisation commence à prendre parce qu’on voit notamment des vidéos d’artistes français qui appellent. J’ai vu tout à l’heure — quel nom j’ai dit ? je ne me souviens plus — Cabrel voilà ! qui a fait une petite vidéo de quelques secondes disant « je soutiens l’article 13 ». On sent bien qu’en fait il y a une mobilisation qui prend.
Ça veut dire aussi qu’il y a sans doute un écart très faible en faveur de la directive et contre la directive au Parlement européen parce qu’il y a une mobilisation ; on voit bien. Donc c’est important de se mobiliser et effectivement se mobiliser ce n’est pas agir contre les auteurs ou les artistes ou autres ; au contraire, c’est essayer de trouver une solution. Et clairement il a été démontré que l’article 13 et notamment la directive n’est pas la solution donc il faut revenir sur le tapis, sachant que ce sera peut-être le rôle de la prochaine Commission européenne de mettre en place ça, le prochain Parlement qui sera renouvelé l’an prochain.

Donc n’hésitez pas à vous mobiliser. Effectivement sur le site de l’April il y a un certain nombre de références ; il y a la campagne aussi saveyourinternet.eu, site sur lequel il y a des éléments en français. Et n’hésitez pas aussi à utiliser vos propres outils pour contacter des parlementaires. Étienne je crois d’ailleurs que certains se sont plaints de l’intense mobilisation ; des parlementaires qui, tout d’un coup, trouvent anormal d’être contactés ! Intense mobilisation, disant même finalement ce sont les GAFAM qui pilotent tout ça. Là-dessus tu as quelque chose à dire ?

Étienne Gonnu : Peut-être que ça va dans la ligne de ce que tu disais c’est que finalement ils sentent, à mon avis ils commencent à sentir cette mobilisation monter, ça leur fait peur ; donc ils inventent.
C’est vrai que moi, comme d’autres personnes, je m’amuse sur les réseaux sociaux parfois — c’est une manière de travailler un petit peu son argumentaire — à aller taquiner les défenseurs de l’article 13. On voit très vite qu’il n’y a absolument aucun argument de fond ; ça tourne autour de deux choses : « vous êtes les méchants GAFAM qui voulez finalement enlever le pain de la bouche des artistes » et c’est uniquement ça qu'on trouve et « il n’y a pas de filtrage, arrêtez vos fantasmes ; en 2001 tout le monde criait au loup sur la directive, la précédente directive droit d’auteur et Internet va très bien ». Sauf que si Internet allait très bien il n’y aurait pas besoin de tous ces textes-là qu’ils défendent ; donc on voit très vite les incohérences de tout ça.

Oui, les GAFAM ! Il y a l’April en France, il y a Framasoft, il y a La Quadrature, il y a Wikimedia France qui se lèvent ; je pense qu’on peut difficilement les critiquer d’être des soutiens de ces silos technologiques. D’ailleurs le cœur de notre action c’est de lutter contre, justement, le modèle des GAFAM. Il y a Roberto Di Cosmo qui est un cador du logiciel libre, d’ailleurs tout le monde reconnaît la qualité de son projet Sofware Heritage, une sorte d’archive universelle des codes, donc vraiment un modèle sur le partage et sur la protection d’une connaissance commune ; tous les pionniers et pionnières que je citais tout à l’heure et le rapporteur spécial des Nations Unies ; il me paraît quand même créatif d’imaginer qu’il serait au service des GAFAM. De manière générale on parle de fake news et pour moi quelqu’un qui fait appel à l’argument du fake news se disqualifie automatiquement et prouve finalement qu’il n’a aucun argument à avancer.

Frédéric Couchet : Sur la page qui listera les références de l’émission, sur le site de l’April, vous retrouverez un lien vers le rapport de ce rapporteur spécial liberté d’expression et vous verrez qu’effectivement il est très clair, donc rapporteur spécial auprès de l’ONU ; on ne peut pas dire qu’il soit à la solde de qui que soit, au contraire il exprime une problématique très claire.
On a vu tout à l’heure que wikipedia.it, le Wikipédia italien, a fermé ses portes donc a mis un bandeau, en fait comme il y a quelques années au moment d’autres batailles sur la neutralité du Net. Donc ça montre bien quand même que ces gens-là sont très inquiets et on ne peut pas nier l’importance de Wikipédia.

On parlait aussi de la prise de débat qui était peu présente en France tu disais. En fait ce soir vous avez une façon d’agir alors sur une autre radio, un peu plus connue que radio Cause Commune mais c’est temporaire, c’est sur France Inter. À 19 heures 15 vous avez l’émission Le téléphone sonne qui sera consacrée à la révision de la directive droit d’auteur avec deux invités donc Pascal Durand qui est un eurodéputé d’Europe Écologie Les Verts, qui est contre la directive, l’article 13, et Virginie Rozière qui est pour la directive droit d’auteur [Jean-Marie Cavada est le troisième invité de cette émission, NdT]. Je rappelle le principe du Téléphone sonne : vous pouvez appeler pour poser des questions, pour exprimer une inquiétude ; il faut être relativement court parce qu'évidemment vous ne pouvez pas discuter pendant cinq minutes, mais si vous exprimez une prise de position claire et une question claire, vous avez une chance de passer. Donc je vous encourage à appeler le numéro de France Inter que je n’ai pas en tête mais vous trouverez ça facilement, sinon vous vous branchez sur France Inter à 19 heures 15.

On va bientôt passer à la suite avec une pause musicale, mais est-ce que vous avez quelque chose à ajouter, peut-être, Pierre ou Étienne ?

Pierre Beysac : Peut-être un petit mot. Effectivement comme Étienne j’ai trouvé assez cocasse d’être inclus comme suppôt des GAFAM avec tous les libristes. Quand on connaît l’historique d’Internet c’est assez comique. Et par ailleurs, effectivement il y a une grosse campagne médiatique en ce moment par les défenseurs de l’article 13 et 11 et je n’ai pas vu de couverture équivalente dans les médias généralistes disons, sur l’autre point de vue. Donc ce sont des gens qui ont porte ouverte chez les grands médias ; il y a eu une interview de Jean-Michel Jarre dans Le Monde ; il y a eu des articles dans Les Échos, dans Le Figaro et par contre, côté anti-article 13, eh bien c’était plutôt la presse tech qui a couvert ça ; la presse généraliste s’en est relativement peu préoccupé effectivement.

Frédéric Couchet : Il faut rappeler que la presse généraliste est plutôt en faveur de l’article 11.

Pierre Beysac : Sans en parler beaucoup !

Frédéric Couchet : Sans en parler beaucoup, mais ce qui peut expliquer aussi ce soutien, finalement, à la directive. Ils défendent aussi leur intérêt sans voir, en fait, que ce n’est pas forcément leur intérêt qu’ils défendent, ils n’ont pas compris le fond du problème, mais enfin ce qui peut expliquer cela. Étienne est-ce que tu as quelque chose à rajouter ?

Étienne Gonnu : Peut-être juste rappeler. Bien sûr qu’il y a un enjeu, il y a une question fondamentale de comment collectivement on rémunère la création, comment on assure finalement une équitable rémunération des personnes qui produisent en ligne : tout ce qui peut être avancé en faveur de l’article, de ce que c’est censé justifier l’article 13. Ce qu’il faut rappeler, justement, c’est qu'en promouvant un Internet libre et ouvert, un Internet neutre, un Internet acentré, c’est en promouvant ces choses-là qu’on promouvra la création. Internet est un formidable outil de liberté ; la liberté, la création, la créativité vont main dans la main. Donc il me paraît complètement absurde et incompatible de vouloir protéger la création en censurant. Ne serait-ce que là, je pense que finalement le vice premier de ce texte-là réside ici. Il faut un débat de fond qui dépasse le droit d’auteur, qui promeuve un Internet décentralisé. Tu citais Peertube, donc l’initiative qui serait une alternative à YouTube mais basée sur le logiciel libre, basée sur un réseau acentré, c’est une initiative qui serait mise à mal par l’article 13. Donc il faut absolument que cet article saute.

Frédéric Couchet : N’hésitez pas à aller sur le site april.org, sur aussi saveyourinternet.eu. On est à la radio, dommage vous ne voyez pas le tee-shirt que porte Pierre Beyssac mais c’est marqué I’m director Internet France, deal with it, donc « je suis le directeur de France de l’Internet, faites-en ce que vous voulez », je ne sais plus comment se traduit deal with it .

Pierre Beysac : Débrouillez-vous !

Frédéric Couchet : Débrouillez-vous ! Voilà ! En tout cas donc nous avions le directeur d’Internet France et donc le directeur d’Internet France est contre l’article 13, tenez-vous le pour dit ! On va passer par une petite pause musicale avant de changer de sujet car Matthieu Vernet nous a rejoints. La pause musicale c’est Con Nombre De Tango par Daniel Bautista on se retrouve.

Pierre Beysac : Merci à vous pour votre invitation.

Frédéric Couchet : Tu restes encore un petit peu avec nous parce que tu es concerné encore par ce qui suit.

Pierre Beysac : D’accord !

Frédéric Couchet : Donc Con Nombre De Tango par Daniel Bautista.

Voix off : Cause commune 93.1 – La voix des possibles

Pause musicale : Con Nombre De Tango par Daniel Bautista.

Voix off : Cause commune – cause-commune.fm – Partage ta radio

Frédéric Couchet : Nous sommes de retour dans Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April. Nous venons de parler de la directive droit d’auteur. Nous allons maintenant changer de sujet pour parler, en fait, de la place du logiciel libre à la Cité des sciences et de l’industrie. Pour cela j’ai invité Matthieu Vernet qui est médiateur au Carrefour numérique² de la Cité des sciences et de l’industrie. Avant de lui passer la parole et de lui poser quelques questions, eh bien un petit historique parce qu’en fait ça 20 ans : en octobre 1998 l’April, avec d’autres organisations, a lancé les premiers événements autour du logiciel libre à la Cité des sciences ; c’était la Semaine de la science donc une semaine d’initiation au logiciel libre avec des ateliers dédiés au grand public et aux enfants notamment. Il y a avait un enseignant, Charlie Nestel, qui était venu avec les élèves de sa classe de Saint-Denis, donc imaginez en 98 ; je vous parle bien de 98. Il y avait des conférences, je disais que Pierre Beyssac était concerné parce qu’à l’époque Pierre était venu faire une conférence sur les systèmes BSD et les logiciels libres ; ça avait duré pendant une semaine et depuis cette période il y a de nombreux événements autour du logiciel libre à la Cité des sciences. Donc on fête nos 20 ans, en tout cas de la présence du Libre à la Cité des sciences ; ça c’était important. Pour cela on a invité Matthieu Vernet ; donc tu es médiateur au Carrefour numérique² de la Cité des sciences et de l’industrie. Bonjour Matthieu et déjà est-ce que tu peux nous présenter le Carrefour numérique² ?

Matthieu Vernet : Bonjour à vous. Je vais tenter de le faire. En fait, c’est un lieu qui fait 1000 m2, qui se trouve au niveau moins 1 de la Cité des sciences et de l’industrie et qui accueille des événements de manière générale, mais aussi un fab lab et un living lab ainsi qu’une salle de CAO, où nous tentons de faire la promotion des logiciels libres depuis quelque temps.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux expliquer fab lab, living lab et CAO, s’il te plaît ?

Matthieu Vernet : Ouais. Donc la CAO c’est la création assistée par ordinateur, c’est-à-dire qu’on va employer des logiciels qui sont libres, pour la plupart, parce qu’on n’a pas les licences pour les logiciels payants et on ne veut pas les avoir. Donc pour faire du dessin vectoriel on va utiliser un logiciel comme Inkscape, c’est-à-dire dessiner avec des traits ; pour faire de la 3D on va utiliser un logiciel comme Blender ou alors OpenSCAD ou alors LibreCAD, qui sont des logiciels libres qui nous permettent de modéliser des modèles qu’on va ensuite pouvoir passer dans les imprimantes 3D ou alors les découpes laser ou alors les découpes vinyle, qui sont des machines à commande numérique.
Donc on a simplement, en fait, besoin de passer par cette étape de création assistée par ordinateur pour pouvoir justement réaliser un projet.

Frédéric Couchet : En fait, ça permet aux gens de modéliser via des outils libres et ensuite de voir l’impression de cet objet via l’imprimante 3D ; donc de voir clairement, de repartir carrément avec son objet en fait.

Matthieu Vernet : En effet. Ils vont pouvoir, de manière concrète, repartir avec un objet qu’ils auront créé eux-mêmes parce que moi je ne ferai pas à leur place ; je suis médiateur ; je ne fais pas de la presta quoi ! Donc ça sera plutôt les assister et les accompagner pour qu’ils soient en confiance avec ces outils numériques et que, justement, ils ne soient pas en défaut au moment où ils vont devoir réaliser leur projet.

Frédéric Couchet : D’accord. Et le public que tu accueilles, j’ai l’impression qu’il y a la fois des enfants et des adultes ?

Matthieu Vernet : Il y a un peu tout le monde. Ce qui est intéressant dans un lieu comme celui-ci, enfin ce qui est intéressant surtout dans ce lieu, c’est que les personnes peuvent s’approprier la Cité des sciences.

Frédéric Couchet : D’accord !

Matthieu Vernet : À la limite la hacker j’ai envie de dire !

Frédéric Couchet : Donc la détourner de son usage initial ?

Matthieu Vernet : Non ! Se l’approprier réellement.

Frédéric Couchet : Se l’approprier, d’accord ! OK ! Tu n’aimes pas le terme « détourner ».

Matthieu Vernet : C’est déjà un rôle premier de la Cité des sciences et de l’industrie. C’est un des premiers lieux où on a eu le droit de manipuler, toucher les différentes expériences qui étaient proposées. Mais là, en fait oui, en plus les gens peuvent réellement fabriquer quelque chose qui va se retrouver dans le Carrefour numérique² et le présenter. Ça peut être une lampe, ça peut être tout et n’importe quoi. Il y a des personnes qui fabriquent des fèves en céramique.

Frédéric Couchet : D’accord !

Matthieu Vernet : On a imprimé un clitoris pour une chercheuse qui travaille auprès du Planning familial. Parce qu’en fait le clitoris n’a été recensé qu’à partir de 1993, ce qui est flippant.

Frédéric Couchet : C’est un peu flippant effectivement ! Oui !

Matthieu Vernet : Donc ma collègue Mélissa l’a aidée à modéliser, lui a apporté les clefs.

Frédéric Couchet : Mélissa Richard ?

Matthieu Vernet : Oui tout à fait !

Frédéric Couchet : D'accord !

Matthieu Vernet : Sur Blender pour réussir à modéliser, pour qu’on puisse ensuite imprimer via des imprimantes 3D un clitoris. En fait, c’est une chercheuse qui travaille sur la manière dont on enseigne aux enfants, en quatrième, l’éducation sexuelle en SVT.

Frédéric Couchet : D’accord !

Matthieu Vernet : En Sciences de la vie et de la Terre. Donc elle travaille autour de ce domaine pour apprendre à appréhender la chose. Donc ma collègue l’a aidée à modéliser un clitoris pour qu’ensuite on puisse l’imprimer en 3D et qu’elle puisse présenter. On parle toujours du pénis et du vagin, mais on parle rarement du clitoris.

Frédéric Couchet : D’accord ! Donc en fait les gens viennent avec leur projet, avant toute chose, et le Carrefour numérique² est là pour aider, les accompagner à établir leur projet, à le réaliser.

Matthieu Vernet : Oui, à le mettre en place.

Frédéric Couchet : À le mettre en place. Donc c’est un échange avant toute chose, dans les deux sens.

Matthieu Vernet : Ensuite on lui a demandé de documenter son projet, qu’elle mette les fichiers en ligne, qu’ils soient réemployables dans n’importe quel autre fab lab et qu’on puisse, justement, échanger autour. Ça a créé plein de choses, en fait. Maintenant il y a plein de gens qui viennent se faire des pendentifs clitoris, des boucles d’oreilles, des emporte-pièces pour faire des gâteaux.

Frédéric Couchet : D’accord !

Matthieu Vernet : Oui, justement, de ce projet initial qui était réellement un projet de recherche…

Frédéric Couchet : Ont dérivés d’autres projets, d’autres usages.

Matthieu Vernet : Énormément d’autres projets, enfin des projets totalement ! Jamais je pensais que je ferai un emporte-pièce !

Frédéric Couchet : Quand on libère la créativité des gens, ils en font finalement des choses qu’on n’a pas prévues au départ. Pierre tu voulais réagir ?

Pierre Beyssac : Ça peut remplacer le modèle classique de la théière qui était utilisé dans toutes les simulations 3D de rendu. Voilà un nouvel objet fétiche pour remplacer la théière.

Frédéric Couchet : Ah oui ! Je vois à quoi tu fais référence ; d’accord ! Qui était effectivement utilisé classiquement dans les objets de rendu. J’ai une petite question pratique parce que je vois que le temps avance. À la Cité des sciences donc les expositions sont payantes, au Carrefour numérique² l’accès est libre et gratuit ?

Matthieu Vernet : Est libre et gratuit, ouais. C’est ouvert tous les après-midis, en fait, pour tout un chacun. Le matin on est ouverts mais pour les groupes constitués, les assos…

Frédéric Couchet : Les écoles.

Matthieu Vernet : Les écoles… Donc le matin c’est plutôt sur ce ton-là. Sinon on a des résidences d’artistes. Il est possible aussi de répondre à l’appel à résidence sur le site du Carrefour. Je vous invite vivement à checker le wiki, enfin à aller jeter un œil, parce qu’il y a réellement des réalisations qui sont marrantes.

Frédéric Couchet : D’accord ! Donc là c’est le Carrefour numérique² en général.
Pour revenir sur le sujet de la place du logiciel libre au-delà de ce que tu nous expliques parce qu’effectivement c’est du quotidien on va dire, il y a des événements qui sont plus récurrents et ciblés ou, en tout cas, qui ont un objectif un peu différent. Je pensais notamment aux Premier samedi. Donc chaque premier samedi du mois, sachant que le prochain c’est samedi 7 juillet, c’est le samedi qui vient.

Matthieu Vernet : Tout à fait.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux nous expliquer ce que sont les Premier samedi à La Villette ?

Matthieu Vernet : Les Premier samedi du Libre nous permettent d’accueillir différentes communautés. Par exemple Parinux organise les installe-parties qui se déroulent en classe numérique et certaines conférences aussi qui se déroulent dans l’agora. On accueille Wikimedia. On a des ateliers Brique Internet.

Frédéric Couchet : Est-ce que tu peux expliquer ce qu’est La Brique Internet ?

Matthieu Vernet : La Brique Internet ça permet de s’auto-héberger. C’est quelque chose qui a été développé par la FFDN. Alors là, par contre, je ne connais pas l’acronyme.

Frédéric Couchet : C’est French Data Network, donc c’est la Fédération des French Data Network, FFDN ? Pierre ?

Pierre Beyssac : Alors c’est fédération française quelque chose.

Frédéric Couchet : On est pris en défaut !

Pierre Beyssac : Je suis désolé, je n’ai pas révisé.

Frédéric Couchet : Les gens chercheront La fédération FDN regroupe des Fournisseurs d'Accès à Internet associatifs, NdT

Matthieu Vernet : En tout cas c’est un petit boîtier qui vous permet d’avoir votre Internet partout, là où vous le souhaitez. Ça peut-être dans un hôtel ou même chez vous. Ça vous permet de vous auto-héberger.

Frédéric Couchet : Auto-héberger son courriel par exemple, son serveur de courriel, son petit site web, etc.

Matthieu Vernet : Exactement. Et l’ensemble de toutes ces données, en fait, est garanti et protégé par cette technologie. En gros c’est une petite « boîboîte » qui fait on va dire…

Frédéric Couchet : Là Matthieu fait des gestes.

Matthieu Vernet : Je suis désolé.

Frédéric Couchet : En gros ça fait quoi ? 5-6 centimètres ?

Pierre Beyssac : 5 par 10.

Frédéric Couchet : 5 par 10 centimètres.

Pierre Beyssac : oui, en effet. C’est tout petit.

Frédéric Couchet : C’est tout petit. OK !

Matthieu Vernet : Mais c’est un outil qui est plus que puissant et tout à fait intéressant pour justement justifier la garantie de la liberté de ses données.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc les Premier samedi, si je comprends bien, s’adressent en fait à tout public. Parce que là tu t’adresses à un public un peu avancé qui, effectivement, veut faire de l’auto-hébergement, mais il y a aussi le public qui veut simplement découvrir les logiciels libres et qui peut assister soit à des conférences ou des ateliers, soit se faire aider à installer un système d’exploitation libre sur son ordinateur ?

Matthieu Vernet : Il y a toutes les personnes, en fait, qui viennent. Premièrement, du fait du lieu dans lequel ça se passe, j’ai une disparité des publics qui est relativement énorme, mais en plus il y a énormément de gens, puisqu’on travaille avec les communautés de manière générale ; ça peut être les Repair Cafés, ça peut être… Ils ont une connaissance de notre existence par ces biais. Moi j’ai de la mamie de 93 ans qui vient avec son vieux PC portable qu’elle ne réussit plus à faire tourner au gosse de 6 ans qui veut jouer à Minetest parce que Minecraft c’est payant et que ses parents ne peuvent pas lui payer une licence Minecraft.
Donc la pluralité des publics est gigantesque, mais c’est normal c’est un lieu public.

Frédéric Couchet : Oui, c’est le but de la Cité des sciences et de l’industrie. On comprend, en fait, que ça fonctionne aussi en partenariat avec les structures locales de Paris, donc Parinux par exemple qui est le groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres ; Wikimedia qui permet de faire des initiations autour de Wikipédia. Donc c’est vraiment un centre de ressources où les gens apportent leurs compétences pour enrichir une connaissance commune et produire des choses ensemble ou se faire aider en fait.
Et le Premier samedi c’est un rendez-vous récurrent, donc chaque premier samedi de 14 heures à 18 heures, pareil, l’accès est libre, ce qui permet aux personnes de se dire « tiens si demain je veux découvrir le logiciel libre ; si samedi 7 juillet je veux découvrir le logiciel libre parce que je ne suis pas à Strasbourg pour les Rencontres mondiales du logiciel libre, je peux aller à la Cité des sciences, il y aura Matthieu qui sera là, il y aura Parinux qui sera là ».

Matthieu Vernet : Oui. On dira bonjour et on paiera notre café ou notre thé ou ce que vous voulez. Oui, en effet, c’est toujours comme ça. En fait les premiers samedis de chaque mois on organise des événements autour du Libre de manière générale, donc du monde du Libre et là je suis même ouvert à toute forme de proposition.

Frédéric Couchet : Même des BSD, par exemple, pourraient venir, Pierre ?

Pierre Beyssac : Mon dieu !

Frédéric Couchet : C’est clair que la Cité des sciences est un endroit ressource et tu expliques bien, effectivement, que tu es preneur de personnes qui apportent quelque chose pour effectivement…

Matthieu Vernet : Je suis réellement là pour mettre à disposition un lieu, pour que les gens se sentent chez eux et se l’approprient. Je sais que c’est un bâtiment qui est impressionnant : 300 mètres de long, 42 mètres de haut ; oui, ça peut faire peur, mais en fait ce lieu vous appartient.

Frédéric Couchet : C’est un lieu magnifique ; en plus il n’est pas très loin : c’est Porte de la Villette, c’est juste à la sortie du métro pour ceux qui ne sont jamais venus à la Cité des sciences. Il y a un parking souterrain pour ceux qui préfèrent venir en voiture. Une fois qu’on rentre, le Carrefour numérique² est au niveau moins 1. C’est totalement accessible comme tu l’as dit. C’est ouvert du mardi au dimanche, c’est ça ?

Matthieu Vernet : Du mardi au dimanche.

Frédéric Couchet : Le lundi c’est fermé. Effectivement l’expérience qu’on a nous depuis 20 ans, même si aujourd’hui on n’organise plus d’événements directement à la Cité des sciences, mais on est présents de temps en temps au Premier samedi, c’est que c'est un univers ressource formidable tant en termes matériels qu’en termes humains. Là il y a Matthieu Vernet ; tout à l’heure on parlait de Mélissa Richard qui, dans le passé, a travaillé aussi à La Quadrature du Net.
Je vois le temps qui passe, je voulais quand même faire un petit coucou, je ne sais pas s’ils sont encore là Pierre Ricono, Thomas Séchet qui ont été des gens très importants pour la place du Libre à la Cité des sciences et aussi Jérémie Nestel qui a été celui qui a fait introduire ça il y a une vingtaine d’années.

Matthieu Vernet : Thomas étant le premier président de Parinux.

Frédéric Couchet : Thomas Séchet donc premier président de Parinux [Thomas Séchet n'a pas été le premier président de Parinux, association créée en 1998, mais président en 2009 et 2010, NdT]). Avant qu’on conclue, est-ce que tu as quelque chose à rajouter Matthieu ?

Matthieu Vernet : Je n’ai pas décrit ce que c’était qu’un living lab.

Frédéric Couchet : Ah ! Exactement. Alors qu’est-ce que c’est qu’un living lab ?

Matthieu Vernet : Un living lab c’est une manière d’expérimenter avec des usagers, donc notre public, les personnes qui viennent, qui fréquentent le lieu de manière générale, chaque étape de l’élaboration d’un projet. C’est-à-dire qu’en fait on accueille des personnes en résidence ; ça peut être des artistes, mais ça peut être des expériences scientifiques. On accueille souvent des événements avec le CRI [Centre de Recherches Interdisciplinaires] ou ce genre de choses et en fait ils viennent expérimenter et avoir un retour d’usage.

Frédéric Couchet : OK ! Là c’est le générique de fin qui arrive, donc rendez-vous à la Cité des sciences. Je voulais remercier l’ensemble des intervenants et William Asgavari qui est en régie et je voulais juste dédier cette émission, parce qu’on a parlé des 20 ans, à René Cougnenc qui a disparu il y a 22 ans, en juillet 1996, et qui était une des personnes qui a permis la découverte du logiciel libre pour beaucoup de gens de ma génération. Quelqu’un qui était très important. Je voulais lui dédier cette émission.
On se retrouve le 4 septembre 2018 pour la prochaine émission. Je vous souhaite de passer un bel été et d’ici là portez-vous bien.

Pause musicale : Wesh Tone, Realaze.

Promotion d’Ubuntu au Festival des Vieilles Charrues 2018 !

Linuxfr.org - 13 juillet, 2018 - 10:45

Déjà plus de 20 ans que les Vieilles Charrues font de la commune de Carhaix l’un des épicentres de la scène musicale française ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce qui est aujourd’hui l’un des plus gros festivals d’Europe, n’avait à sa naissance pas la moindre vocation musicale et encore moins de promouvoir GNU/Linux !

Désormais, quelque 280 000 spectateurs viennent vibrer chaque été au cœur de la Bretagne. Plus qu’un festival, les Vieilles Charrues, c’est l’envie de prendre son destin en main, de faire bouger les choses et de s’opposer au désert qui menaçait la région.

Après quatre jours d’un festival riche d’euphorie et de décibels qui aura attiré 280 000 spectateurs, les Vieilles Charrues reviennent du 19 au 22 juillet 2018 pour une vingt‐septième édition en mode « aux couleurs de l’été indien ».

Depuis 2009, ce festival permet également la promotion de GNU/Linux durant quatre jours au travers d’un énorme webcafé tournant sur plate‐forme Ubuntu (2 000 festivaliers accueillis chaque jour !) avec la participation d’Ubuntu-fr.org et de l’association infothema de Bégard.

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Thierry ARNULF: Juillet 1998 : La France championne du Monde de Football

Planète April - 12 juillet, 2018 - 22:45
Il y a 20 ans, l’équipe de France de Football devenait championne du Monde, en battant l’équipe du Brésil, en finale de la Coupe du Monde, au Stade de France, par un score de 3 – 0. C’est le vingtième … Lire la suite →

Paris: Soirée de Contribution au Libre, Le jeudi 12 juillet 2018 de 19h30 à 22h30.

l'Agenda du Libre - 12 juillet, 2018 - 19:30

Parinux propose aux utilisateurs de logiciels libres de se réunir régulièrement afin de contribuer à des projets libres. En effet, un logiciel libre est souvent porté par une communauté de bénévoles et dépend d'eux pour que le logiciel évolue.

Nous nous réunissons donc tous les jeudis soirs dans un environnement propice au travail (pas de facebook, pas de télé, pas de jeux vidéos, pas de zombies).

Vous aurez très probablement besoin d'un ordinateur portable, mais électricité et réseau fournis.

En cas de difficulté, vous pouvez joindre un des responsables de la soirée, Emmanuel Seyman (emmanuel (at) seyman.fr), Paul Marques Mota mota (at) parinux.org, ou Magali Garnero (Bookynette) tresorier (at) parinux.org.

Pour obtenir le code d'entrée de la porte cochère, envoyez un mail au responsable.

On peut amener de quoi se restaurer (Franprix, 8 rue du Chemin Vert, ferme à 22h)

Regazouillez sur Twitter - Wiki des soirées

Programme non exhaustif

  • Fedora (sa traduction)
  • Parinux, ses bugs et son infrastructure
  • April, ... y a toujours quelque chose à faire
  • Open Food Facts/ Open Beauty Facts, sa base de données, ses contributeurs, sa roadmap
  • Schema racktables, son code
  • Agenda du Libre, mise à jour et amélioration du code
  • Ubuntu-Fr, son orga, ses événements
  • En vente libre, maintenance et commandes
  • Open street map, une fois par mois
  • Linux-Fr sait faire
  • en vente libre
  • ...

tout nouveau projet est le bienvenu.

20 ans de LinuxFr.org : entretiens avec les visiteurs (2)

Linuxfr.org - 12 juillet, 2018 - 19:11

Le 28 juin 2018, le site LinuxFr.org fêtait ses vingt ans. L’équipe du site a réalisé des entretiens par courriel avec des visiteurs (et contributeurs) réguliers du site. Les réponses sont publiées par lot de cinq répondants, et dans ce nouveau lot (papap, Sébastien Rohaut, Zenitram, Lol Zimmerli et patrick_g), les répondants avaient déjà été interviewés pour les treize ans du site.

Les questions de chaque entretien sont les suivantes :

  • Votre utilisation du site, en termes de fréquence ou de méthode de consultation (navigateur, flux RSS, mobile, etc.) a‐t‐elle évolué depuis 2011 ? Votre préférence pour les contenus (dépêches, journaux, sondages, forums, wiki, liens) a‐t‐elle changé ?
  • Que pensez‐vous du nouveau type de contenu « Liens » ?
  • Comment jugez‐vous l’évolution (ou la non‐évolution) du site LinuxFr.org depuis 2011 ?
  • Qu’aimeriez‐vous trouver sur LinuxFr.org qui n’y figure toujours pas ? Quel type de contenu ou de fonctionnalités rêveriez‐vous de voir arriver ?
  • Contribuez‐vous toujours sur les mêmes projets libres qu’en 2011 ? Contribuez‐vous à d’autres projets libres que ceux cités en 2011, et si oui, lesquels ?
  • Encore une fois, vous avez l’opportunité de mettre un coup de projecteur sur un ou plusieurs projets libres (les mêmes qu’en 2011 ou d’autres), lesquels citeriez‐vous ?
  • Vous aviez anticipé en 2011 les évolutions de LinuxFr.org et du Libre pour 2024. Nous sommes à mi‐chemin. À quel point pensez‐vous avoir eu raison ou tort dans votre prévision ? Comment réévalueriez‐vous votre prévision ?
  • Quel serait l’environnement / la configuration de vos rêves ?
  • Autre chose à rajouter ?

Votre utilisation du site, en termes de fréquence ou de méthode de consultation (navigateur, flux RSS, mobile, etc.) a‐t‐elle évolué depuis 2011 ? Votre préférence pour les contenus (dépêches, journaux, sondages, forums, wiki, liens) a‐t‐elle changé ?

papap (compte ouvert en 2005, cf. entretien précédent) : « Ma méthode de consultation (navigateur, flux RSS, mobile, etc.) a‐t‐elle évolué ? » Non, je suis toujours sous Windows 2000, il n’y a que Firefox qui a été passé de 3.6 à 12 (la dernière version compatible avec Windows 2000). Tu ne crains pas de te faire pirater ? Ça a dû être le cas avant que je mette une mise à jour de sécurité, mais passer à Win XP ou plus est impossible avec la machine que j’ai. Sinon, plus c’est vieux, moins il y a de tentatives de piratages, j’ai l’impression. Mais, qu’on se rassure, j’ai plein de machines sous [GNU/]Linux dont une sous Kali Linux et l’autre sous Backbox prêtes à démarrer. Elles me servent à tester la sécurité de mon poste sous Win 2000 et à accueillir comme il se doit les éventuels attaquants.

Sébastien Rohaut (compte créé en 2002, cf. entretien précédent) : Je passe toujours par mon navigateur habituel, et je vais sur LinuxFr.org au moins une fois par jour. J’étais très assidu sur la tribune, mais depuis quelques années je ne participe que très peu, voire pas du tout… Ce n’est pas bien, il faut que je m’y remette. Pour moi, LinuxFr.org reste la référence sur les nouvelles importantes [GNU/]Linux, et certaines dépêches sont de très grande qualité, comme celles sur les noyaux. D’autres me saoulent clairement (comme la série sur les taptap), mais c’est le jeu !

Zenitram (compte créé en 2003, cf. entretien précédent) : Je mate de temps en temps (dans les transports) le site sur mobile (tiens, faut que je pense à faire un rapport de bogue d’ailleurs), donc c’est une évolution de mon usage, assez classique il me semble. Pas de changement sur mes préférences, toujours un peu de tout (sauf le wiki, je ne pense pas que ce soit le lieu pour faire du wiki). En termes de fréquence, j’ai surtout calmé les commentaires (bon des fois j’y retourne), déprimé par la mauvaise foi (allez, je parie que ça va troller sur cette remarque) ; j’essaye de balancer une réponse flinguant un commentaire à préjugé, généralement bien noté, et j’essaye de me retenir de flinguer les tentatives de réponse, généralement les gens qui plussent ne viennent plus, donc ça moinse un max à ce moment (et, surtout, ça part en attaque personnelle plus que débat). Ça me fait du coup gagner du temps :). Bref, je participe moins, volontairement, trouvant les commentaires moins pertinents qu’avant (c’était mieux avant…).

Lol Zimmerli, (compte créé en 1999, cf. entretien précédent) : Non, mon utilisation n’a pas vraiment changé. Flux RSS depuis Feedly, qui me permet de suivre l‘actualité très simplement. Je continue à ne pas vraiment savoir si je lis une dépêche, un journal ou une entrée de forum ; ce n’est pas le plus important pour moi. En revanche, quel que soit le contenu, le titre décide toujours si je lis le reste ou pas !

Patrick_g (compte créé en 2002, modérateur, cf. entretien précédent) : Bien entendu, par rapport à 2011, je consulte plus souvent via mobile, mais toujours avec Firefox. La fréquence de consultation s’est réduite, parce que j’ai hélas de moins en moins de temps (la famille, ce monstre chronophage).

Que pensez‐vous du nouveau type de contenu « Liens » ?

(pas de réponse de papap à cette question)

Sébastien Rohaut : J’aime bien ! J’aimerais la même chose pour la tribune, une sorte de collecte de liens automatiques de « déconne ».

Zenitram : Je n’en vois pas l’intérêt, ce qui me plaît dans les journaux est d’avoir un résumé / point de vue avant que je clique sur un lien. Si quelqu’un a envie de poser un lien sans envie de faire de remarque dessus, ça me fait penser qu’il ne le trouve pas si intéressant que ça.

Lol Zimmerli : Franchement, bof. Les journaux bookmarks avaient un petit peu d’humanité en plus.

Patrick_g : C’est une bonne idée, mais finalement je ne consulte que rarement cette partie du site.

Comment jugez‐vous l’évolution (ou la non‐évolution) du site LinuxFr.org depuis 2011 ?

(pas de réponse de papap à cette question)

(pas de réponse de Sébastien Rohaut à cette question)

Zenitram : Je ne note pas vraiment d’évolution, mais je n’en ressens pas non plus le besoin.

Lol Zimmerli : Sur le fond, il n’y a aucun changement : LinuxFr.org est une source d’information fiable et intéressante, produite par une multitude de gens aux profils différents. Peut‐être y a‐t‐il moins de contenu ? Je n’ai pas cherché les chiffres. Sur la forme, je dois dire que je ne suis globalement pas très sensible au design mais plutôt à l’ergonomie. Et en cela, je ne vois pas tellement de choses à redire.

Patrick_g : Depuis la réécriture en RoR je suis très satisfait de l’ergonomie du site. C’est clair, facile d’accès et, pour un modéro, c’est simple à utiliser. J’ai donc tendance à souhaiter que rien ne change… Ou alors, c’est que je deviens vieux !

Qu’aimeriez‐vous trouver sur LinuxFr.org qui n’y figure toujours pas ? Quel type de contenu ou de fonctionnalités rêveriez‐vous de voir arriver ?

(pas de réponse de papap à cette question)

Sébastien Rohaut : Encore une fois, ne changez rien dans les grandes lignes. Ajoutez un collecteur de liens de la tribune.

Zenitram : Ça me va très bien comme ça, désolé. :)

Lol Zimmerli : A priori, s’il manque une chose sur LinuxFr.org, c’est des femmes. Il y en a, c’est vrai, certaines se cachent peut‐être aussi sous des pseudos à consonance masculine, mais… l’impression reste qu’on est principalement entre hommes et ça nous éloigne d’une partie des idées et des avis et nous rapproche de comportements inacceptables dans les commentaires. Évidemment, ce n’est pas la faute de LinuxFr.org s’il y a plus de mecs dans ce métier en général et dans le Libre en particulier.

Patrick_g : La grande question c’est comment arriver à susciter plus de contributions de la part des lecteurs. L’interface de rédaction est bien pensée, on peut rédiger de façon collaborative dans l’espace de rédaction et nos lecteurs ont des connaissances sur plein de sujets liés au Libre. Il faut arriver à catalyser tout ça pour avoir plus de journaux et de propositions de dépêches.

Contribuez‐vous toujours sur les mêmes projets libres qu’en 2011 ? Contribuez‐vous à d’autres projets libres que ceux cités en 2011, et si oui, lesquels ?

papap : Oui, toujours les mêmes projets sur les jeux libres : LibreGamesInitiatives et jeuxlibres.net.

Sébastien Rohaut : Oui et non. Mon projet principal s’est arrêté suite à un petit souci de médisance de gens jaloux qui ont failli me causer quelques soucis avec un précédent employeur… Cependant, je contribue sur des projets comme Ansible (développement de modules) et aussi je pousse à la libération de code dans la société où je suis actuellement employé.

Zenitram : Toujours le même logiciel principal (MediaInfo), mais accompagné d’autres logiciels : (MediaConch et RAWcooked ; car… Ben, parce qu’on me paye pour !

Lol Zimmerli : Je contribue toujours aussi peu. Mes enfants ont grandi, mais pas au point de me laisser à nouveau plein de temps libre. Rendez‐vous dans dix ans !

Patrick_g : Je n’ai pas de compétences techniques particulières, alors mes contributions se limitent à mon rôle de modéro sur LinuxFr.org, des rapports de bogues épisodiques et mes quelques dons à des projets qui me semblent intéressants.

Encore une fois, vous avez l’opportunité de mettre un coup de projecteur sur un ou plusieurs projets libres (les mêmes qu’en 2011 ou d’autres), lesquels citeriez‐vous ?

papap : Un projet à mettre en lumière : LibreGamesInitiatives, qui est la suite de l’association Lan Power pour la promotion, l’édition et la diffusion des jeux sous licence libre : il y a beaucoup de travail à faire (c’est mis en suspens : pas le temps pour le moment).

Sébastien Rohaut : Les mêmes et j’ajoute : HAProxy, tant depuis la prise en charge complète de SSL c’est devenu génial ; Kubernetes, tant ça a révolutionné l’orchestration ; Docker, tant c’est magique ; et Openshift Origin, qui est une offre PaaS libre magnifique.

Zenitram : Mon usage n’a pas vraiment changé, à part le passage sur le mobile, mais le Libre n’a pas vraiment percé sur le mobile et, du coup, j’ai surtout du non‐libre dessus. En regardant vite fait, le seul logiciel libre sur mon téléphone est OSMand+, et encore je l’utilise surtout quand je suis hors UE (il reste plus lourd que Google Maps, moins ergonomique, pas d’infos supplémentaires genre les heures d’ouverture des lieux visités, des liens vers le site Web, pas d’aide pour les transports en commun… Reste quelques fois des avantages genre trouver plus facilement des places de jeux ou des toilettes, mais ça reste des usages malheureusement ponctuels) à cause des frais d’itinérance, c’est dommage que le Libre n’ait pas trouvé son chemin face aux mastodontes.

Lol Zimmerli : OwnCloud est sans doute le logiciel libre que nous utilisons le plus en famille puisqu’auto‐hébergé, il gère nos agendas, contacts, fichiers, etc. C’est aussi un logiciel que j’ai pu recommander, souvent avec succès, à des amis comme à des clients. En 2018, garder la main sur une partie de ses données via un logiciel libre me semble très important ! Sinon, je suis toujours sur Firefox et, a priori, je ne suis pas près de le quitter. :)

Patrick_g : Firefox a bien évolué je trouve (Servo, Quantum, Rust, etc.). Il a presque rattrapé son retard technique sur Chrome (qui est plus récent) et le dépasse même sur certains points. Pour les utilisateurs de Chrome, je pense que ça vaut vraiment le coup de refaire un essai.

Vous aviez anticipé en 2011 les évolutions de LinuxFr.org et du Libre pour 2024. Nous sommes à mi‐chemin. À quel point pensez‐vous avoir eu raison ou tort dans votre prévision ? Comment réévalueriez‐vous votre prévision ?

(pas de réponse de papap à cette question)

Sébastien Rohaut : Je persiste sur l’idée générale. Cependant, je pense que Java est devenu has been et qu’il faut plutôt tout recoder en Node.js mono‐thread, afin de permettre aux excellents devs front‐end de devenir de très mauvais développeurs back‐end. Je connais des gens, vous embauchez ?

Zenitram : À me relire, je n’avais pas anticipé mais espéré, ben c’est mort. J’espérai que les libristes arrêtent de se flinguer entre eux, mais on a toujours DEB contre RPM, GNOME contre KDE, 36 méthodes différentes pour intégrer un logiciel dans une distrib’. Un peu d’espoir avec Flatpack, mais, bon, on a inventé aussi AppImage, Snap… Encore et encore à se tirer dessus tout en laissant les autres gros continuer à offrir mieux. J’aimais aussi l’idée que l’AGPL gagne du terrain, mais je suis passé à aimer le copyfree car j’ai l’impression que le copyleft apporte plus de problème qu’il n’en résout, en pratique. J’anticipe donc (à regret) que le Libre est dans les couches basses, mais qu’il y a peu de monde à avoir trouvé un business model viable pour des logiciels grand public. Même Firefox se ramasse, reste VLC mais pour combien de temps ?

Lol Zimmerli : Le Libre a bien progressé, souvent sans que les utilisateurs le sachent ; là, j’ai bon, je ne change pas une virgule. Pour le futur de LinuxFr.org, je dirais que c’est mieux que ce à quoi je m’attendais ! Mais j’avais bon sur la tendance générale.

Patrick_g : Pff… J’avais prédit une consultation du site via des nano‐projecteurs lasers à focalisation rétinienne. On dirait que j’ai été un brin optimiste. :-)
Plus sérieusement, si l’on regarde l’évolution du Libre en général, je suis toujours stupéfait que les entreprises et les gouvernements ne semblent pas comprendre plus rapidement les avantages en termes de souveraineté, de sécurité et de prix que le Libre apporte. J’avais espéré que Windows coulerait beaucoup plus vite que ça. Bon, je suis un peu amer en ce moment, parce que tous les salariés de mon entreprise vont basculer sur Office 365 et Outlook 365. C’était bien la peine que Snowden se décarcasse !

Quel serait l’environnement / la configuration de vos rêves ?

papap : Je n’ai pas de configuration de rêve. Je cherche un [GNU/]Linux adapté au matos que j’ai ou que je trouve. Il est vrai que ça devient problématique avec l’abandon progressif des distribs 32 bits. Et je me suis aperçu qu’il faut éviter les cartes NVIDIA (Linus Torwalds est d’accord d’ailleurs, car elles « sucks »).

Sébastien Rohaut : Un environnement de bureau cohérent, intégré, avec tous les connecteurs « cloud » présents (agenda, drive, courriels, contacts…). Je suis toujours fidèle à KDE sur certaines machines, notamment KDE Neon. Mais… Je dois avouer que je préfère les environnements macOS (Macbooks et Hackintosh). Quitte à faire tourner [GNU/]Linux dans des conteneurs ou dans des machines virtuelles. Allez : un portable ultra léger avec 10 h d’autonomie et 13 pouces sous KDE Neon.

Zenitram : Je trouve toujours le bureau Windows plus agréable que les offres libres, rien à faire… Et le « matériel libre » ne me convainc pas, dommage. En fait, je suis plutôt en mode décroissance et donc les configs de plusieurs années me vont. En fait, on remarque surtout que tout va plus vite, ou finalement plus lentement : le monde bouge, mais plus sur les services (du contenu) que sur les outils (le matériel n’évolue qu’à la marge marketing, que ce soit fixe, portable ou mobile, les sites ont quelques petits truc en plus mais rien de disruptif). J’aimerais un portable ou smartphone plus léger, d’une plus grande autonomie, des logiciels optimisés pour moins flinguer la batterie… Mais je n’anticipe rien de tout ça.

Lol Zimmerli : La virtualisation a avancé et mon rêve d’alors est devenu, en quelque sorte, réalité avec les machines cloud à la demande. Le rêve est devenu cauchemar car c’est la jungle entre les prestataires à la liste de prix plus longue que leurs conditions générales, ceux qui ferment, ceux qui ont la version 2 de leur machine cloud mais qui ne peut pas être migrée depuis une instance v1, etc. Non, le cloud n’est pas une jungle, il est bien pire que ça !

Patrick_g : En 2011, mon laptop était sous Debian et j’étais content. Maintenant, j’utilise Arch et je suis encore plus content. Côté smartphone, en revanche, c’est pénible de ne pas disposer de la même liberté d’aller voir ailleurs. Et encore, mon Nexus 5X (dont la gestion de sécurité s’arrête en septembre) semble relativement bien pris en charge par LineageOS. Il va falloir que je me plonge dans les tutos et que je tente le coup. Mais, bon, des pilotes libres intégrés au noyau ça faciliterait la vie de tout le monde, alors c’est ça la config de mes rêves.

Autre chose à rajouter ?

papap : Mine de rien, LinuxFr.org est une sorte de rassemblement de gens au top dans de nombreux domaines techniques (autour de l’informatique ou des licences libres). Si l’on cherche quelque chose a priori impossible à trouver, et qu’on pose gentiment la question, on a presque toujours la réponse et une réponse pointue. Et souvent, un article sort vraiment intéressant, même parfois dans les journaux. Et il y en a beaucoup sur les jeux.

Sébastien Rohaut : Continuez les gars, continuez ! Vous êtes l’âme de la communauté [GNU/]Linux dans les pays francophones. Je vous aime, cordialement, bisous.

Zenitram : Je suis étonné de voir comme les libristes ont évolué. J’ai l’impression que les libristes défendant le Libre ont plus ou moins disparu, les « éthiques » trouvant le non‐libre pas si mal que ça (même les admins laissent passer sur leur site un journal qui dit que NC est open source sans faire d’édition NdM [N. D. M. : elle a été ajoutée depuis] et qui sera lu par plein de monde), les « pragmatiques » laissant les autres blablater sur GPL v2 contre GPL v3 et/ou si une entreprise est dans l’idée qu’ils se font du Libre. Deux visions du Libre, toujours, mais l’une semble amener plus de monde que l’autre (je vous laisse imaginer laquelle).

Lol Zimmerli : Il faut, plus que jamais, continuer à communiquer sur le Libre. Je le disais plus haut, aujourd’hui la grande majorité d’utilisateurs de libre n’en sont pas conscients, ne voyant, au mieux, que la gratuité. On avait tort de penser qu’il suffirait d’en parler dix ans et que ce serait fait : il faudra sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier, car la liberté n’est pas une priorité pour la majeure partie de nos contemporains. Alors, oui, longue vie à LinuxFr.org !

(pas de réponse de Patrick_g à cette question)

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Sortie de LDAP Tool Box Self Service Password 1.3

Linuxfr.org - 12 juillet, 2018 - 19:01

Le logiciel Self Service Password est développé au sein du projet LDAP Tool Box. Il fournit une interface permettant aux utilisateurs de changer leur mot de passe dans un annuaire LDAP, y compris Active Directory ou Samba 4, ainsi que leur clef SSH.

Outre le changement de mot de passe simple, l’interface propose de réinitialiser son mot de passe en cas de perte, soit par l’envoi d’un courriel, soit par la réponse à des questions, soit par l’envoi d’un SMS. Les contraintes de qualité du mot de passe sont paramétrables : taille minimale, maximale, présence de différentes classes de caractères, caractères interdits, contrôle de la valeur par rapport à l’ancien mot de passe ou à l’identifiant.

Le logiciel Self Service Password est écrit en PHP et est sous licence publique générale GNU. La version 1.3 est sortie le 10 juillet 2018.

La suite de l’article présente les changements majeurs de cette version.

Sécurité

Un faille critique sur l’application a été publiée fin juin, le correctif avait été publié avant diffusion du CVE, mais le passage à la version 1.3 permet désormais de s’assurer que la faille n’est plus exploitable.

Chiffrement des réponses aux questions

Il est désormais possible de chiffrer les réponses aux questions de sécurité dans l’annuaire. Cette option est même activée par défaut dans la version 1.3. Un script permet de chiffrer en masse toutes les réponses déjà stockées dans l’annuaire LDAP afin de pouvoir activer cette fonction sur des installations existantes.

Pwned Passwords API

Le nouveau mot de passe peut être vérifié via l’API Pwned Passwords afin d’empêcher l’utilisateur de choisir un mot de passe qui a déjà été piraté.

Script post‐hook

Un script post‐hook peut être appelé après le changement de mot de passe afin d’exécuter des actions supplémentaires, comme propager le mot de passe sur un autre référentiel. Dans la version 1.3, il est maintenant possible d’afficher à l’utilisateur une erreur si le script retourne un code supérieur à 0.

Divers

Certaines traductions ont été complétées et une nouvelle langue a été ajoutée (estonien), portant à 23 le nombre de langues disponibles.

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Bordeaux: Radio Giroll, Le jeudi 12 juillet 2018 de 19h00 à 20h00.

l'Agenda du Libre - 12 juillet, 2018 - 19:00

Le collectif Giroll fait sa radio tout les second jeudi du mois de 19h à 20h, et discute de l'actualité des cultures libres.

Nous sommes en direct sur notre site internet depuis le centre d'animation Saint Pierre à Bordeaux, et sur IRC sur le canal #giroll sur le réseau de freenode.net.

Educode : le numérique, le code, le partage à l’école

Linuxfr.org - 12 juillet, 2018 - 16:02

Educode est la première édition d’un colloque annuel international dédié à l’éducation, aux pratiques et à la recherche dans les domaines liés au numérique. Il est le résultat d’une collaboration entre différents acteurs clés du numérique en Belgique, toutes les universités francophones, plusieurs hautes écoles, de nombreuses associations et sociétés commerciales et de l’UNESCO dont un directeur ouvre la conférence.

Le colloque Educode.be se déroulera du 27 au 29 août 2018 sur différents sites localisés à Bruxelles.

Il veut devenir un lieu d’échange et de partage d’expériences et de réflexions, et donc un peu des « rencontres mondiales des œuvres libres dans l’enseignement », c’est‐à‐dire une sorte de « Rencontres mondiales des logiciels libres, dédiées à l’éducation ».

Sommaire

Educode.be est une conférence internationale sur l’enseignement et le numérique et en particulier la programmation. À l’époque du numérique ubiquitaire, les enseignants de tous les niveaux d’enseignement devraient pouvoir utiliser et intégrer les technologies numériques dans leurs cours. Loin de nous l’idée de remplacer les cahiers, crayons et stylos, indispensables pour une bonne formation des capacités de rédaction, synthèse et transposition. Mais il est important que les enfants et apprenants en général, comme leurs enseignants, soient à l’aise avec les technologies numériques. Qu’ils puissent utiliser les ressources de leurs ordinateurs et téléphones portables, qu’ils puissent avec eux chercher, compléter leurs compétences, créer, inventer. Et qu’ils puissent réfléchir aux enjeux, défis, opportunités autant qu’aux limites et aux menaces, et intégrer ces outils dans leurs vies pour mieux participer à la Société. Ceci passe par une éducation spécifique, des entraînements, une ouverture au numérique que la conférence veut apporter.

Le numérique est au cœur de transformations de la société mondiale, qui s’imposent à tous. Cela constitue des défis énormes pour nos sociétés et nous n’avons d’autre choix que de nous informer et nous former pour y répondre. Ces changements passent inévitablement par la transformation de l’école, qui ne peut être que progressive et encadrée, mais non moins déterminée et énergiquement menée.

Cela induit une nouvelle relation au savoir, qui elle‐même a aussi de profonds effets sur la société. En effet, le savoir n’est plus seulement dans des livres ou des cerveaux difficilement accessibles. Il apparaît comme immédiatement au bout des doigts après une recherche effectuée sur le téléphone mobile relié à Internet. Il est souvent plus précis et plus à jour que celui que l’on a en tête. Bref, le numérique omniprésent induit des changements profonds dans nos vies qu’il faut au moins identifier pour pouvoir espérer les comprendre et les utiliser à bon escient ou les critiquer.

Richard Stallman, connu de nombreux lecteurs de LinuxFr.org, auteur de très nombreux logiciels libres, créateur de la licence libre GPL et du concept de « copyleft » qui utilise le droit d’auteur pour contraindre au partage des sources dès qu’il y a communication au public, fera la conférence de clôture de la journée, sur le thème Contrôle ton ordinateur pour ne pas être contrôlé !

Objectifs
  • développer l’enseignement au numérique et par le numérique ;
  • sensibiliser le monde enseignant tous niveaux confondus à la nécessité de développer une culture du code pour mieux préparer les jeunes aux nouveaux défis numériques ;
  • donner les premières clés pour intégrer cette culture dans les enseignements habituels.

Les intervenants expliqueront, démystifieront et deviendront des personnes-ressources pour les enseignants participants, redevenus apprenants pour l’occasion, de telle sorte qu’ils puissent facilement reprendre ces apprentissages dans des cours qu’ils proposeront à leurs étudiants.

Publics cibles

Les acteurs du monde de l’enseignement :

  • professeurs (primaire, secondaire, supérieur et formation en alternance) ;
  • directeurs d’écoles, conseillers pédagogiques, éducateurs, inspecteurs et formateurs ;
  • parents et étudiants ;
  • chercheurs ;
  • membres de l’administration ;
  • élus.
Programme du lundi 27 août

La conférence se tient, avec une exposition qui veut être un « village du Libre et des acteurs du numérique éducatif », à Bozar, le plus grand centre culturel belge, dans la superbe salle Henry Lebœuf, une des plus belles salles de concert classique du monde.

Le 27 août sera consacré à l’organisation d’expositions, de tables rondes et de conférences ouvertes au grand public.

L’exposition sera accessible durant les pauses et permettra à des nombreuses classes, associations, de montrer ce qu’ils et elles font avec les enfants pour appréhender ce nouveau monde, ses défis et ses opportunités. Elle veut réunir toutes les associations qui s’intéressent au numérique, en particulier celles autour des logiciels et contenus libres. Enregistrez‐vous pour un stand gratuit sur educode.be.

Les deux langues de travail du colloque sont l’anglais et le français. Les conférences, comme la table ronde seront dans la langue de l’orateur et des interprétations simultanées seront fournies si les budgets le permettent.

Dans la mesure du possible, une traduction gestuelle est fournie aussi, de même que la projection sur grand écran des activités sur scène.

Le service Baby‐sitting de la ligue des familles organise des solutions de garderies des enfants à BeCentral (à moins de 200 m de Bozar) pour permettre à tous les parents de participer à Educode.

Programme
  • 8 h 30 : accueil
  • 9 h : présentation du programme par Nicolas Pettiaux (HE2B & ULB, Belgique)
  • 9 h 10 : Formation et éducation : les mêmes droits pour toutes et tous, par Indrajit Banerjee (division des sociétés du savoir, secteur de la communication et de l’information, UNESCO, Inde)
  • 9 h 30 : Hacker l’école : programmer ou être programmé, par François Élie (Adullact, France)
  • 10 h : DigComp, DigcompEdu, Selfie : le répertoire européen des compétences numériques, son pendant pour l’école et un outil d’évaluation par Yves Punie (Joint Research Center of the European Commission, Belgique)
  • 10 h 15 : PIX, un outil de suivi de la mise en œuvres des compétences numérique, par Benjamin Marteau et Françoise Tort (start‐up d’état Pix et ENS Cachan, France)
  • 10 h 30 : pause café et visite de l’exposition
  • 11 h : Table ronde 1 : débat sur l’enseignement du numérique et les politiques publiques
    1. Bibiana Boccolini (Université de Rosario, Argentine)
    2. Laurent Cheno (Ministère de l’Éducation nationale, France)
    3. Stéphanie Pouchot (Département de l’instruction publique, Suisse)
    4. Filip Moons (Belgique néerlandophone)
  • 11 h 45 : Table ronde 2 : partage d’expériences
    1. Heather Joseph (SparcOpen, États‐Unis)
    2. Julie Henry (Université de Namur, Belgique francophone)
    3. Anne‐Marie Lacombe (Bibliothèque de Montréal, Canada) & Lise Galugua (Québec, Canada)
    4. Jithin BP (CSpark Research, Inde)
  • 12 h 30 : Pause repas et visite de l’exposition
  • 14 h : Des exemples de réalisations belges francophones
  • 14 h 30 : Avec 123 codez et Class’Code, vivons et jouons quelques algorithmes pour comprendre l’ordinateur et son fonctionnement, par Mathieu Hirtzig (Class’Code, France) & Marie Duflot‐Kremer (Université de Lorraine, France)
  • 16 h : Pause café et visite de l’exposition
  • 16 h 45 : Développons, partageons et utilisons des ressources éducatives ouvertes, par Sophie Touzé (Ministère de l’Éducation nationale, France)
  • 17 h : European START academies in Brussels and beyond, par Ralph Dum (DG Connect, Commission européenne) et Christophe Benoît (start‐up Coach Erasmus Hogeschool Brussel, Belgique)
  • 17 h 15 : Quel avenir pour nos élèves et leurs données ?, par François Pellegrini (Université de Bordeaux, France)
  • 17 h 45 : Contrôle ton ordinateur pour ne pas être contrôlé !, par Richard Stallman (président de la Free Software Foundation)
  • 18 h 45 : En guise de conclusions, par Hugues Bersini (Université libre de Bruxelles, Belgique) et Gilles Dowek (Inria, France)
  • 19 h : pause souper et visite de l’exposition
  • 20 h 30 : concert festif avec orchestre et chœurs sous les directions de Laurent Beeckmans et Romain Verbeeren
Concert du lundi 27 août à 20 h 30

Dans la belle salle Henry Lebœuf de Bozar, une des cinq meilleurs salles du monde pour l’acoustique, paraît‐il, ce lundi 27 août 2018 à 20 h 30, venez au

Concert festif exceptionnel

Avec :

Et, sous la direction conjointe de Laurent Beeckmans et de Romain Verbeeren, des œuvres de :

  • musique classique : Beethoven, Bizet, Franck, Dvořák, Gershwin, etc. ;
  • musique du monde : traditionnels japonais, américain, sud‐africain, finlandais, etc. ;
  • musique de film et variété : Ennio Morricone, Freddie Mercury, Jacques Brel…

Pour réserver une ou des places, allez sur la page de réservation. Des réductions existent pour plusieurs publics, jeunes, amis de Bozar

Pour découvrir et écouter pour connaître les artistes et solistes, rendez-vous sur la page du concert.

Programme de mardi 28 août Se former

Le mardi 28 août sera consacré à l’organisation d’ateliers pratiques, de formations, d’échanges et de démonstrations à destinations des enseignants et des enfants. Les participants seront invités à de nombreux ateliers pratiques durant lesquels ils seront les apprenants, de manière à retrouver leurs alter egos, développer avec eux des contenus et des expériences pour pouvoir réutiliser en classe ce qu’ils ont appris.

L’après‐midi, seront organisées des conférences spécialement à destination des directions qui doivent rédiger un plan de pilotage incluant le numérique (voir ci‐dessous).

Tout le matériel pédagogique fourni sera librement et immédiatement réutilisable, adaptable et redistribuable. Ils seront mis sous licence Creative Commons - citation (CC-BY) ou Creative Commons - citation - partage à l’identique (CC-BY-SA).

Merci de vous inscrire dès maintenant à la conférence pour nous permettre d’évaluer la participation et savoir s’il faut rajouter des sessions ou des ateliers.

Planning des ateliers

Le programme complet des ateliers en version imprimable est maintenant disponible ici et est visible sur le site.

Le formulaire de choix des ateliers sera publié ici dans les prochains jours.

Programme de mercredi 29 août

Le mercredi 29, les participants se retrouvent à l’Académie royale de Belgique pour réfléchir et échanger.

La conférence sera en français sauf les keynotes qui seront en anglais.

Des posters seront présentés durant toute la journée et particulièrement discutés durant les pauses cafés et le repas qui se tiendront dans les locaux des posters.

Une idée du programme :

8 h 30 : Enregistrement & rencontres rapides — Registration & speedmeetings, par les autorités — by the authorities
9 h : Mot de bienvenue — Welcome addess, par les autorités — by the authorities
9 h 15 : Ouverture — Opening, par Julie Henry (Université de Namur, Belgium) et Nicolas Pettiaux (HE2B et Université libre de Bruxelles, Belgium)
9 h 30 : Keynote 1 : Programming in primary school: from Papert to the new computer science, par Ivan Kalas (Comenius University, Slovenia)
10 h 30 : Pause café et posters — Coffee break & Posters
11 h : Session 1
12 h 30 : Présentations éclair : 1 fiche - 1 minuteLightning talks: 1 slide - 1 minute
12 h 45 : Pause déjeuner et posters — Lunch break & posters
14 h : Keynote 2 : The joy of coding, from learning to economical developpement, par Felienne Hermans (Delft University of Technology, Netherlands)
15 h : Session 2
16 h : Pause café et posters — Coffee break & Posters
16 h 15 : Session 3
17 h 30 : Mots de cloture — Closing words
17 h 45 : Verre partagé — Drinks - Buffet
20 h : Fermeture des portes — Doors close

Pour proposer des posters, il faut se rendre sur https://educode2018.sciencesconf.org/.

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Nouvelles April: Humanités numériques - Culture numérique - introduction, 2e partie - Hervé Le Crosnier

Planète April - 12 juillet, 2018 - 14:25


Titre : Culture numérique - introduction - 2ème partie
Intervenant : Hervé Le Crosnier
Lieu : Caen - Centre d'enseignement multimédia universitaire
Date : septembre 2017
Durée : 50 min 16
Visionner la vidéo
Diaporama support de la présentation, à partir de la page 32
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : diapositive 65 du diaporama ; licence OER Open Educational Resources, licence Creative Commons, by-sa
NB : transcription réalisée par nos soins. Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Transcription

On va repartir d’arrache-pied pour la deuxième heure. Je me suis aperçu qu’il me reste encore beaucoup de diapositives donc il y a des choses que je vais zapper un peu plus. De toutes façons là déjà j’espère vous avoir donné dans cette première heure le cadre, non pas le cadre de ce que vous devez savoir, ça ça viendra, vous avez trois ans de cours de culture numérique devant vous une fois pas semaine, ça va donner de la matière, mais c’est plus l’angle, la manière dont il vous faut aborder ; et la seule chose que j’espère à la fin c’est que quand vous lirez n’importe quelle annonce traitant de numérique dans la presse, vous essaierez de vous poser une question : est-ce que c’est bien comme ça ? Est-ce que ça marche comme ça ? Qui y gagne ? Qui y perd ? Qu’est-ce que ça construit ? Qu’est-ce que ça détruit ? Et après on juge, on fait. J’ai un mobile comme les autres, j’ai un ordinateur comme les autres et je suis même un fan de l’Internet depuis 1993 maintenant, ce qui commence à faire de moi un vieux croûton de l’Internet.

Économie de l’attention

Derrière ce dont je viens de vous parler sur l’économie de l’influence, en fait c’est ce qu’on appelle aussi l’économie de l’attention, c’est-à-dire comment, en fait, le système numérique – j’utilise à dessein ce terme générique « système numérique », c’est-à-dire pas chaque outil, pas chaque site, mais l’ensemble du système numérique – cherche à vous capter, à capter votre attention. Pourquoi ? Parce que l’attention c’est la seule chose qui est rare. C’est-à-dire que la puissance de calcul, la quantité d’œuvres disponibles, tout ça c’est énorme. Par contre vous, vous n’avez que des journées de 24 heures et encore ! Vous passez un certain temps à dormir et, je l’espère, à faire des tas d’autres choses en dehors de vos appareils numériques.

Convertibilité de l’attention

Comment est-ce qu’on va pouvoir convertir cette attention ?
En fait, les médias sont là pour capter votre attention, pour vous garder, d’où la nécessité pour eux d’envoyer des alertes en permanence, d’envoyer des notifications, de vous dire « ah ! untel a écrit quelque chose sur Facebook ; ça fait longtemps que vous n’êtes pas allé le voir alors allez-y ! » Vous voyez le genre de choses régulières pour, tout simplement, vous faire rentrer dans le système. Je pense qu’au travers de ça on a perdu un droit fondamental, peut-être un droit que vous n’avez malheureusement pas connu, que j’appelle le droit à l’ennui ; le droit de s’ennuyer, le droit de rester à ne rien faire, le droit de rêver à la lune ; ce droit qui fondamentalement nous donne envie de lire, nous donne envie de comprendre, nous donne envie de regarder des choses intéressantes, nous donne envie de vivre autre chose. Et aujourd’hui, c’est vrai qu’il y a toujours quelque chose à faire. On a toujours cet appareil qu’on va sortir : on fait la queue, eh bien on sort, on en profite pour checker son Facebook et voilà. C’est un droit qui, je pense, est une perte, je dis ça très sérieusement, le droit juste de ne rien faire et de s’ennuyer parce que c’est là que se régénèrent, à l’intérieur de nous, nos capacités créatrices. Mais bon, pour l’instant en tout cas, ce système numérique a su transformer notre attention en des richesses incroyables, je dirais les Google, etc. Après est-ce que ça va durer ?

L’intrusion sur notre vie privée ; nous donnons notre vie privée en fait à ces systèmes, en échange des services qu’ils nous rendent ; les services sont intéressants. Je veux dire un service de média social comme Facebook, un service de photos comme Instagram, un service de microblogging comme Twitter, ce sont des choses passionnantes ; un service de publicité, euh ! de recherche – vous voyez le lapsus, il est très significatif – de recherche comme Google, c’est absolument indispensable, ça marche bien, ça répond à nos besoins. Mais est-ce que le prix est vraiment raisonnable ? C’est-à-dire le prix en termes d’autonomie, en termes d’individualité, en termes de capacité à prendre son recul ; enfin tout ce qui fait de nous des humains autonomes, citoyens, responsables d’eux-mêmes, est-ce que ce prix n’est pas trop important ?
Si on regarde bien, si on prend tous les revenus de Facebook, qu’on le divise par le nombre d’usagers, c’est 2 euros 38 par an. Est-ce que vous croyez que pour 2 euros 38 par personne on ne peut pas avoir la même chose que Facebook sans être tracé ? Est-ce que vous ne croyez pas que c’est ça qui va devenir l’avenir de l’Internet ? En tout cas l’avenir d’un Internet qui serait libre, ouvert et, je dirais, démocratique.

Le problème c’est qu’il faut y réfléchir. On parle de la marchandise en général au travers de sa valeur d’usage – à quoi elle sert – et de sa valeur d’échange – combien ça se vend sur un marché – et on essaye d’établir le fait que ça me sert à ça donc je suis prêt à payer tel prix sur le marché.

Oui ! Mais en fait, derrière les systèmes d’influence, comme on a vu, les systèmes qui vivent sur l’économie de l’attention, il y a une autre valeur qui émerge, c’est la valeur de pouvoir. Vous avez des gens qui achètent des systèmes qui perdent de l’argent juste parce que ça leur donne plus de pouvoir. Aujourd’hui Twitter ne gagne pas d’argent, mais ce n’est pas grave. Quand Google a racheté YouTube, YouTube perdait de l’argent tous les mois ; et il a continué pendant des années à en perdre, mais vous voyez le pouvoir qu’a Google aujourd’hui en étant celui qui possède YouTube.

Lolcat

[Projection d’une vidéo de chats : deux mains qui chatouillent un chat]

Pourquoi est-ce qu’on est prêt à regarder des lolcats, à regarder des vidéos qui ne nous disent rien. Je dis « on » est prêt, parce que vous je sais bien ! Mais moi aussi ! On est tous là, on a tous envie des fois juste de rester à vérifier que le système marche, à regarder comment on peut faire circuler et puis parfois, parmi toutes ces choses répétitives, ce qu’on appelle des mèmes, il y en a certains qui sont excellents comme celui-ci. Ça nous plaît bien d’être capables de capter celui qui est excellent.

De facto, il ne faut pas mépriser non plus cette activité qu’on appelle la communication phatic, au sens « je vérifie juste que le système marche, qu’on est capables de communiquer, qu’on est capables d’échanger, de partager, faire suivre une vidéo, voire de créer une vidéo simple comme celle-là avec son appareil photo et de la faire diffuser ». Donc derrière, les lolcats ont de l’intérêt qui est l’intérêt de l’apprentissage du système numérique, parce qu’on devient producteur en même temps ou au moins re-diffuseur.

Et ça, les gens ensuite sont capables de s’en resservir au moment où il y en a besoin, au moment où il y a des mouvements sociaux ou des activités pour lesquelles ils ont besoin de se servir de l’Internet.

Document

Ça, c’est une version numérique de Wittgenstein pour introduire la question du document. On avait parlé de tas de choses qui avaient changé, mais le document lui-même, la notion de document a profondément changé avec l’irruption du numérique. En fait le document c'est deux choses : ça sert à transmettre et c’est une preuve ; les deux grandes missions du document : ça sert à transmettre quelque chose et à faire une preuve.
Vous savez que les premières écritures, les tablettes cunéiformes, étaient dans leur majeure partie, parce que j’ai appris récemment qu’il paraît qu’il y avait des romans, enfin des histoires, des récits dedans, mais le reste, dans l’immense majorité, c’est de la comptabilité. Donc c’est avoir des documents qui font preuve pour l’avenir.
Aujourd’hui ça a donné les métiers, les filières : professeur, bibliothécaire, ceux qui transmettent et derrière il y a les écrivains, les artistes, les auteurs, etc., et puis le notaire qui va garder, qui organise la confiance, en fait, à partir des documents qui prouvent – il a bien, lui, le document qui prouve que je suis propriétaire de ma maison – et puis l’archiviste qui va garder les traces du passé de manière à ce qu’elles puissent être réutilisées, qu’on puisse aller vérifier des choses même si c’était au passé.

Or ça, ça change profondément avec le numérique. Quelles sont, comment dire, les affordances techniques du numérique ? C’est que sa multiplication coûte zéro : le prix des mémoires c’est presque rien ; le prix de la transmission c’est presque rien, donc le document numérique est facile à retransmettre.

Typiquement c’est ce qui c’est passé au tournant des années 2000 où tout le monde a fait des MP3 à partir de ses CD et puis les a distribués très largement au point de mettre en péril, quand même, l’industrie de la musique. Puis on a trouvé la solution du streaming et puis il y a la solution juridique aussi, c’est-à-dire il y a les impositions juridiques qui est une convention : la convention qui dit « ce n’est pas parce que je peux reproduire gratuitement que je vais le faire » ; il y a le droit d’auteur qui s’installe entre les deux, qui est donc une convention, en fait, qui n’est pas liée à la nécessité technique ou tout ça, mais qui est lié aux règles du jeu d’une société.

Ça, ça veut donc dire que le document numérique, et plus que tous les autres, son économie est dirigée par la politique, c’est-à-dire par les choix de lois qui traitent des questions de droits d’auteur, de partage.

Métadonnées

Autre aspect nouveau du document numérique c’est qu’il inclut des métadonnées. Méta - données ça veut dire des données sur les données ; métadonnées, des données sur les données. Toutes les photos que vous prenez avec vos appareils, j’allais dire de téléphone, vos mobiles, tout ce que vous prenez avec vos mobiles, dedans c’est marqué à quelle heure, à quel endroit, avec quelle focale, est-ce qu’il y avait un flash, pas de flash et éventuellement même il peut y avoir le numéro de votre appareil photo, votre nom si vous l’avez enregistré, etc., donc toute une série de données sur la photographie que vous venez de prendre. Alors en MP3 ce sont toutes les données MP3 qui vous permettent de savoir quel est le titre, etc. Elles sont plus ou moins complètes, plus ou moins bien renseignées. Il y a des professions dont le métier c’est de renseigner les métadonnées, par exemple les bibliothécaires c’est leur métier, une partie de leur métier excusez-moi, c’est de renseigner clairement les métadonnées, mais il y a toujours des données sur les données et elles sont à l’intérieur du document numérique donc elles vont se balader. Il y a même des voyous, des bandits qui regardent est-ce que la maison est occupée parce que les photos qui ont été prises à Bali nous montrent qu’il y a de grandes chances qu’il n’y ait personne dans la maison. Vous voyez, des événements comme ça !

Roger T. Pédauque

Il y a un livre essentiel, je pense, pour les trois ans que vous allez faire en humanités numériques, enfin deux livres : Le document à la lumière du numérique et Vu, lu, su qui nous montrent que pour analyser le document à l’heure du numérique, il faut regarder trois choses :

  • ce qui est vu c’est-à-dire la forme que va prendre un document ; par exemple quand on est passé du MP3 au streaming ça change radicalement la forme ;
  • et derrière ça va changer aussi ce qui est su, c’est-à-dire notre capacité à construire une collection de musique ;
  • et puis le lu c’est justement cet aspect des métadonnées : tout ce qu’on va lire, qu’on va retenir, qu’on va être capable d’indexer ; indexer c’est-à-dire être capable de retrouver ensuite dans un moteur de recherche ou un système documentaire.
Wattpad

Question : combien d’entre vous sont sur Wattpad ? C’est tout ! Non ! Ah oui, c’est déjà mieux. C’est quand même impressionnant. C’est quand même impressionnant ce système où tout le monde peut venir écrire et lire ce qui est écrit par des pairs et non pas écrit par des auteurs. Je parlais tout à l’heure de la culture participative.

Le plaisir d’écrire

J’aime beaucoup cette citation d’une jeune fille qui s’appelle Elia, pseudonyme Elinoub sur Wattpad, qui à l’époque où elle a écrit ça devait avoir 14 ans, elle était en collège, et elle dit : « Sur Wattpad, on nous aide à écrire des histoires. Ce n’est pas parce qu’on n’écrit pas bien qu’on n’a pas envie d’écrire et de dire des choses. » Et puis elle dit : « On nous aide ; on ne nous enfonce pas ! » C’est un peu une pierre dans la cour du jardin de l’Éducation nationale ça. C’est de dire « attends ! Comment on va faire avec ces systèmes-là nouveaux ? » Ce n’est pas tant d’avoir un peu de vidéo quand on fait des cours, etc., là on est typiquement dans l’ancienne éducation : il y a un amphi, il y a un gars qui va causer, qui a la bouche sèche au bout de deux heures et vous qui avez envie de roupiller et de dire quand est-ce que ça s’arrête ? Ce n’est pas inutile sinon je ne le ferais pas, mais ça ne suffit pas à faire de l’éducation. Il faut, au contraire, qu’on ait à côté toute une série de situations où c’est vous qui prenez la main et où l’enseignant est là pour vous accompagner, vous aider, pas mettre du rouge dans la marge, mais vous aider à améliorer votre histoire.

Et des systèmes comme Wattpad c’est assez impressionnant. YouTube fait ça aussi pour la vidéo, c’est-à-dire il y a la capacité de se mettre à plusieurs, d’ouvrir des chaînes vidéo, etc.

Wikipédia

On nous dit que les gens ne veulent plus écrire. Mais enfin c’est quand même extraordinaire ! Vous avez une encyclopédie, la plus grande encyclopédie du monde, qui est écrite par des gens qui n’ont jamais touché un centime pour le faire, qui y ont passé du temps, de l’énergie, de la volonté, qui ont donné leurs connaissances, qui ont une pulsion épistémologique ; ils ont envie profondément d’accéder à la connaissance et, quand ils l’ont, de la transmettre. Et ça nous donne la plus grande encyclopédie du monde. C’est ce qu’on appelle un commun. C’est quelque chose qui dépasse l’activité de chacune des personnes qui a donné.

Mais il faut, en échange, qu’on se dise aussi que ce commun n’est pas là par hasard : il est là parce qu’il y a des gens qui le font ; parce qu’il y a des règles d’organisation, ce qu’on appelle la neutralité du point de vue sur Wikipédia. J’imagine que vous aurez un cours spécifique sur Wikipédia en culture numérique, mais il faut bien regarder l’autre côté. D’ailleurs il faut que vous écriviez dans Wikipédia ; c’est indispensable ! Apprenez à écrire dans Wikipédia ; c’est apprendre des règles du jeu qui construisent une connaissance commune, une connaissance partagée.

Questions de genre

Quelques autres questions soulevées par le numérique. La question de genre.

Au début du numérique, au début de l’Internet, au début de la micro-informatique, tout le monde s’est dit c’est un outil de libération ! Spontanément, sans se poser de problème ; ça change le monde comme disait Steve Jobs tout à l’heure. Ouais ! Mais ça ne change pas le monde pour tout le monde ! C’est ça le problème !

Question de genre, ça veut dire est-ce que le point de vue des femmes est aussi bien traité que le point de vue des hommes dans l’univers numérique ? Et la réponse est clairement non. Les femmes sont 8 % des contributrices de Wikipédia. Vous verrez : sur les femmes on dit toujours quel est leur mari ? On ne dit jamais, quand c’est un homme, quelle est sa femme ? Voilà ! Les écrivains américains ne sont pas des écrivaines ; c’est comme s’il n’y en avait pas ! Donc ça crée forcément des biais cette situation-là.

C’est aussi ce qu’on a appelé le gamergate ; c’est une espèce de réaction de petits machos de moins de 20 ans qui se sont mis à critiquer les femmes qui jouaient aux jeux vidéo, les filles qui jouaient aux jeux vidéos, au point qu’aujourd’hui dans des jeux comme World of Warcraft ou League of Legends les femmes prennent un pseudonyme d’homme pour être tranquilles. D’accord ? Donc on est là dans une situation où ces questions de genre sont devenues très importantes.

Alors c’est en train d’exploser autour du harcèlement sexuel dans les entreprises de nouvelles technologies, notamment dans la Silicon Valley, mais c’est plus large que ça, c’est vraiment l’ensemble de l’activité. Et derrière cette activité si c’est important c’est que ça crée de stéréotypes.

[Diffusion d’une vidéo de la Dove Campaign for Real Beauty]

Il paraît que c’est interdit maintenant de « photoshopper » ou en tout cas qu’il faut l’écrire. Vous avez vu beaucoup de changements vous dans les unes des magazines féminins depuis un an et demi que c’est interdit ? Pas moi ! Donc on est dans une situation où on crée des mythes inaccessibles. Et malheureusement on crée beaucoup plus pour les femmes que pour les hommes. Donc on est là dans une situation où comment est-ce que les outils numériques qui nous permettent de transformer les personnes, de transformer les voix – vous avez l’Auto-Tune, tout ça –, de transformer les images et de rejouer sur les apparences, etc., comment est-ce que ça crée des stéréotypes inaccessibles et donc renferme les gens ?

Donc cette question de genre est une question qui mérite d’être traitée à chaque fois qu’on va parler du numérique.

Robots et IA

Une autre question qui mérite toujours d’être évoquée, c’est la question dite de l’intelligence artificielle et des robots. Aujourd’hui, il y a tout un mythe comme quoi les robots allaient prendre votre place : les robots de travail, les robots de réponse qui parlent à notre place de plus en plus, les robots sexuels, etc. Et puis les intelligences artificielles qui vont devoir décider ; j’ai essayé de vous montrer tout à l’heure, quand j’ai parlé des calculs, qu’en fait elles ne décident pas : elles reproduisent à partir d’indices du passé, à partir de comportements de groupes, d’agrégats, de la manière dont les individus font les mêmes choses à un moment donné. Mais la création, justement, l’art c’est faire du nouveau ; c’est changer la vision. Vous ne voyez plus le monde de la même manière avant et après Picasso. Il a changé la représentation même du monde. Donc ça a donné tout l’art qu’on connaît ensuite.

Donc les IA sont aujourd’hui en train de s’installer un peu partout et on nous explique que nous allons devoir passer par elles. C’est-à-dire qu’il n’y aura plus de travail, il n’y aura plus rien ; elles vont faire ça à notre place. Non ! C’est très peu crédible. Qu’on négocie avec des systèmes de plus en plus perfectionnés qui auront le goût et l’odeur de l’intelligence mais qui n’en seront pas, oui, ça c’est certain, mais de là à confier…
Quelles vont être les règles, en fait, d’encadrement ? J’ai dit la culture numérique c’est penser la citoyenneté de demain ; l’objectif est là. Quelles vont être les règles d’encadrement de ces systèmes ? S’il y a un bug qui est responsable ? Est-ce que c’est le propriétaire d’une IA ou son développeur qui va être responsable ? Quelle est la capacité qu’on a de contrôler ce qui se passe dans une IA ? Est-ce qu’elle est capable de dire ce qu’elle fait ? Donc si on ne peut pas contrôler, il y a quand même des problèmes.

Et enfin, dernier débat en date, est-ce qu’on peut accepter qu’il y ait des armes autonomes ? C’est-à-dire des systèmes autonomes capables de décider s’il faut tuer ou pas ? C’est quand même un grand débat lancé par Elon Musk qui est contre, avec plusieurs prix Nobel qui se sont engagés, etc., et en même temps, de l’autre côté, les systèmes armés, l’appareil militaro-industriel, qui poussent à ça !

Traces

Yes We Scan.

Il y a des traces en permanence ; c’est devenu là aussi une question de politique et de citoyenneté essentielle. Qui nous trace ? Pour quoi faire ? Et comment faire pour l’arrêter ? Comment faire pour arrêter, pour protéger notre vie privée ?

Qui nous trace ? On a tous peur que ce soient les États. Oui, les États le font, mais ils le font parce que c’est devenu pas cher de tracer et c’est devenu pas cher parce que les entreprises avec lesquelles nous échangeons – nous, nous acceptons de travailler avec Facebook, de travailler avec Google, de travailler avec Apple, nous acceptons, nous aimons ça même, c’est pire ! – mais ça a baissé le coût de la surveillance de masse. Donc on peut aujourd’hui, et les lois en viennent à dire « avant ça se faisait, mais il ne fallait pas le dire » ; donc maintenant, la dernière loi renseignement en France dit « maintenant vous pouvez le faire ». Donc on peut mettre en place des systèmes qui vont surveiller les gens à l’échelle de masse.
Sauf qu’il y a une enquête qui est parue hier, qui montre qu’il faut 100 000 faux résultats pour capter un terroriste avec des systèmes de vidéo de surveillance. C’est-à-dire les intelligences artificielles qui disent : « Ah, ce comportement est susceptible de cacher une activité douteuse, voire dangereuse pour la société », eh bien il y a 100 000 personnes qui peuvent être visées pour qu’il y en ait une d’attrapée. Cette disproportion est déraisonnable. Donc la surveillance de masse c’est déraisonnable. On ne surveille pas tout le monde, comme vous l’êtes aujourd’hui, en échange du fait de pouvoir, peut-être, un jour, en attraper un. Il y a une disproportion qui jusqu’à présent a toujours été en dehors de notre système juridique. Notre régime juridique vise à protéger les personnes. Là c’est fini et vous avez un ministre qui a déclaré récemment que si ça permet d’en attraper un c’est donc que c’est bien ! Un sur 100 000 ça se discute sacrément quand même ! On ne peut pas dire ça ; au moins qu’on mette la question sur la table.

Traces et surveillance

Il y a un excellent livre [Surveillance:// de Tristan Nitot] et le document dont on parlait tout à l’heure, ça va être l’introduction de ce livre-là qui montre ces questions-là et qui montre aussi qu’on peut faire des choses soi-même ; être conscient qu’on est tracé, c’est déjà beaucoup. Et puis deuxièmement, il y a des systèmes de protection : il faut mieux, par exemple, utiliser des logiciels libres que d’autres pour essayer d’éviter d’être tracé.

Humour situationniste

[Projection de la publicité parodique NSA Cloud Backup – Stockage gratuit et automatique de vos données privées !]

Voix off : Vous avez toujours rêvé de sauvegarder automatiquement toutes vos données sans même avoir à vous en soucier. NSA Cloud Backup, le stockage illimité par le numéro 1 mondial de la sécurité informatique. Vous n’avez rien à configurer ; nous avons déjà les accès à tous vos équipements informatiques. Vos communications sans fil sont elles aussi intégralement conservées. La totalité de vos données est sauvegardée pendant plusieurs années dans l’un des 500 datacenters de la NSA. Nous écoutons l’ensemble des points de raccordement du réseau ainsi que tous les câbles sous-marins. L’option Prism permet de sauvegarder votre activité sur les réseaux sociaux et de réaliser des graphes complexes pour retrouver l’ensemble des amis avec lesquels vous communiquez. Avec NSA Cloud Backup participez vous aussi au mouvement open data. Toutes vos informations sont mises à disposition des meilleurs analystes de la planète qui peuvent y accéder en toute liberté et produire des rapports de haute technicité. NSA Cloud Backup souriez, vous êtes déjà abonné !

Hervé Le Crosnier : Une des manières de résister à cette société de surveillance, c’est l’humour. Et sur Internet, c’est très largement pratiqué. Là on est vraiment dans une situation assez intéressante où on ne va pas forcément s’affronter frontalement, mais on va essayer de détourner, donc c'était une hypothèse des situationnistes des années 60. Vous avez peut-être entendu parler hier, avant-hier, du fait que Donald Trump allait supprimer la loi qui protège ce qu’on appelle les dreamers donc les jeunes migrants mais qui sont venus parce que ce sont leurs parents qui sont venus. Ils sont soit nés en Amérique, soit ils sont venus en étant enfant, et aujourd’hui ils avaient réussi à être protégés par une loi de 2012 alors que le débat sur la loi, le DREAM Act date de 2001, donc ça a été très long et c’est remis en cause donc cinq ans après, six ans après.

Ce qui est intéressant c’est de voir que ces jeunes dreamers ont essayé d’expliquer que Superman était le premier des dreamers ; il est arrivé enfant dans Smallville, il venait de la planète Krypton et il s’est mis au service du peuple américain alors même qu’il n’était pas Américain, qu’il ne l’a jamais été, qu’il n’a jamais pu l’être puisqu’il était Superman quand même.

Vous voyez cette capacité de détourner, de prendre à l’envers les systèmes, est une des forces qu’on a sur Internet et contradictoirement un des outils de ça c’est YouTube, c’est-à-dire la principale plateforme de diffusion sur Internet, qui diffuse aussi bien les vidéos djihadistes que les vidéos situationnistes. Problème ! Qui aujourd’hui est en train d’essayer de nettoyer la plateforme des vidéos djihadistes mais qui en fait en même temps pour nettoyer la plateforme avec les vidéos jugées par exemple anti-guerre, des mouvements anti-guerre, ou jugées trop à gauche aux États-Unis. C’est-à-dire que le problème de la censure est quelque chose de très compliqué à gérer surtout quand on est dans des systèmes anonymes. Les gens déposent, il n’y a pas de débat, il n’y a pas eu de comité de rédaction, il n’y a pas de choses comme ça : ils déposent, c’est en ligne et ça circule. Donc on est là dans la situation où ce n’est pas facile. Bien loin de moi l’idée de penser qu’il y aurait un règlement facile de cette question-là. Et tous ceux qui disent : « Il suffit que les plateformes empêchent le terrorisme ! » Non ça ne marchera pas comme ça. Par contre c’est beaucoup plus compliqué d’autant que ces plateformes vivent de l’audience ; on l’a vu tout à l’heure, elles vivent de leur capacité à capter de l’audience et même ces fausses nouvelles finissent par rapporter de l’argent.

User generated content

Ce qui est intéressant avec YouTube c’est l’idée du User-generated content, c’est la capacité pour tout un chacun à Broadcast yourself qui était le premier terme utilisé par YouTube.

[Projection de la vidéo Charlie bit my finger – again!]]

C’est juste 577 millions de vues. Vous voyez la popularité n’est pas la même chose que l’autorité, cf. la diapositive sur laquelle j’ai parlé tout à l’heure. Donc c’est quand même quelque chose de très important cette idée que ce sont les gens qui font le contenu des grands systèmes sociaux, des grands médias sociaux.

Donc on est passé d’un système où on avait des professionnels, des journalistes, des hommes de média, des artistes, des écrivains, des cinéastes, qui produisaient des données pour d’autres, à un système où ce sont les usagers qui produisent les mêmes données qui font la richesse du système.

Médias sociaux

C’est ce qu’on appelle les médias sociaux. Mais je pense qu’il faut continuer de les appeler des médias sociaux et non pas des réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux ça existe bien avant Internet, c’est la manière dont les gens réseautent entre eux, dont ils ont des amis, des opportunités, des contacts, des choses comme ça. C’est la manière dont les gens se constituent avec d’autres personnes.

Les médias sociaux, ce qui est différent c’est comment ils offrent une plateforme média, c’est-à-dire qui va vivre comme tous les médias du paiement par un tiers – gratuit pour l’usager, paiement par un tiers, c’est donc bien un média – et qui va sélectionner ensuite, parmi tout, ce que vous pouvez recevoir, ce que leur algorithme de sélection, qui s’appelle Edge sur Facebook par exemple, a jugé que vous allez avoir le plus envie de recevoir. Vous savez bien quand vous ouvrez votre Facebook, si vous allez sur votre page d’accueil, vous ne voyez qu’un certain nombre de posts des gens qui sont dans votre réseau d’amis. Ce sont les posts que Facebook a sélectionnés pour vous.
Par contre si vous regardez, si vous faites le « 20 + », là on a l’ordre chronologique et on s’aperçoit qu'il y a plein de gens qui sont nos amis et qu’on ne voit plus parce qu’on n’a pas cliqué depuis longtemps, parce qu’on n’a pas fait un « like », parce qu’on n’a pas commenté un de leurs textes, parce qu’ils n’ont pas commenté un des nôtres, etc. Et donc il y a cette incitation en permanence à être actifs sur le système, cette fameuse économie de l’attention dont j’ai parlé tout à l’heure, qui vous incite à participer en permanence au système parce que sinon vous allez perdre, y compris une partie de vos amis, suite à la gestion de l’algorithme de Facebook.

Affordances des médias sociaux

Les médias sociaux aussi changent des choses, c’est que des conversations vont durer ; on appelle ça les affordances. Affordance1 : un outil, un appareil quelconque a une tendance à nous pousser à un certain usage. Globalement une chaise c’est pour s’asseoir, un fauteuil c’est aussi pour s’asseoir. Ouais, mais c’est plutôt pour s’avachir. Donc il y a une différence, ce sont deux outils pour s’asseoir et ça se voit bien : quand on voit un fauteuil, nous savons que c’est un fauteuil et non pas une chaise. C’est la logique des affordances.

Les affordances des médias sociaux, donc ce que ça incite à penser, c’est :

  • les choses vont rester : persistance ;
  • les choses sont visibles et on ne sait pas par qui. L’audience de ce qu’on met sur Facebook peut être des amis des amis ; ça peut être quelqu’un qui va repartager. Donc on est public même si croit ne parler qu’à ses amis ;
  • c’est la diffusion : on va pouvoir reprendre des choses et les faire circuler ;
  • et enfin c’est la recherche ; je vais pouvoir faire du doxing. Doxing, c’est-à-dire dire je vais faire un dossier, un document, un dossier sur quelqu’un en gardant les photos que je vais pouvoir lui ressortir au bon moment, etc.

Donc on a là des affordances radicalement nouvelles qui font qu’on croit être dans une conversation privée, sympathique, et puis en réalité on est dans un tout autre domaine. Qui va créer…

Paniques morales

Avec les médias sociaux se développent les paniques morales. Là aussi, bien comprendre ce terme, je pense que vous aurez l’occasion d’y revenir dans les cours de sociologie ou de choses comme ça que vous allez avoir ; ça a toujours existé les paniques morales. Il y en a une que j’adore, c’est quand Singer a inventé la machine à coudre qui était maniée par des pédales en dessous, donc la personne qui cousait devait en même temps appuyer sur la pédale pour faire monter et descendre l’aiguille. La panique morale c’était « ça va rendre les femmes infertiles ! » Donc à chaque avancée technologique il y a une panique morale comme ça. Mais alors le numérique, comme ça touche en plus à de l’intime, c’est quelque chose qu’on a près de notre corps en permanence, etc. on y parle de nous-même, les paniques morales sont tout de suite extrêmement énormes, donc on tend à accuser le numérique de tous les maux. Ce n’est jamais que le reflet des maux de la société ; ce n’est pas la cause.

Mondialisation

Sur la musique, je voulais passer assez vite. La musique, en fait, vous connaissez. Juste, intéressant, toujours penser mondialisation ; mondialisation de la musique et il y a un système que je trouve extraordinaire qui s’appelle Radiooooo, qui nous permet de prendre un pays, une période, et d’écouter la musique qu’il y avait dans ce pays à cette période-là. Donc de pouvoir s’imprégner de toute la musique du monde et pas seulement ce qu’on appelle musique du monde dans les rayons de la Fnac, c’est-à-dire la musique venant d’ailleurs mais retravaillée pour être acceptable par nos oreilles d’occidentaux.

Invisibilité

Un autre aspect important du numérique, c’est l’invisibilité. Dans les fabriques habituellement il y a des fumées, il y a des tuyaux colorés, il y a des machines, il y a du bruit, enfin quelque part on voit ce qui se fabrique quand on fabrique des objets matériels. Avec le numérique personne ne voit ce qui se fabrique, personne ne sait qui capte les traces, qu’est-ce qu’il en fait, à qui il les donne, comment ça se passe, etc., et ça c’est un changement très profond parce que ça veut dire que le citoyen lambda n’a pas forcément les moyens de savoir si une pratique numérique est positive pour la société, positive pour lui-même ou si, au contraire, elle est négative pour la société ou négative pour lui-même. Donc il va y avoir des corps spécialisés, typiquement pour le logiciel ce sont des gens qui font des tests, qui s’aperçoivent qu’il y a une trace et qui vont nous le dire. Donc on va avoir un corps de spécialistes, d’experts, qui va être capable de dénouer l’invisibilité.

L’affaire Volkswagen

Le cas typique de ça c’est l’affaire Volkswagen, c’est une affaire de culture numérique, absolument ! Volkswagen, c’est celui qui s’est fait prendre avec les mains dans le pot de confiture ; depuis on s’est aperçu que tous les autres faisaient pareil, mais cette affaire est majeure. Volkswagen a un logiciel qui dit « je suis capable de reconnaître — c’était avant l’intelligence artificielle, je ne vous raconte pas maintenant —, je suis capable de reconnaître quand je suis en mode test, et dans ce cas je ne pollue pas [prononcé à voix basse] ; et quand je suis en mode réel, et dans ce cas je n’en ai rien à faire ! [prononcé avec un geste du bras]. » C’est-à-dire un système, et là il y a des développeurs qui l’ont écrit, il y a des ingénieurs qui l’ont mis au point, qui ont réfléchi le système ; il y a des complices quelque part ; ça n’a pas été décidé uniquement au niveau du patron. D’ailleurs il y a un complice qui vient de prendre 40 mois de prison la semaine dernière.

Mais derrière, ça pose un problème de mentalité. Pourquoi, à partir du moment où c’est possible avec l’informatique de faire quelque chose d’antisocial, on va trouver des gens pour le faire ? Quelle est justement cette absence de culture numérique, cette absence de réflexion éthique ? Qu’est-ce que je fais ? Je ne fais pas mon boulot ! Je ne suis pas le kapo du camp de concentration disant « c’est mon boulot, le soir je rentre avec mon salaire ». Non ! On fait des choses. Et aujourd’hui on a tout un corps d’informaticiens qui font des choses qui sont antisociales et personne pour, en face, dire « il y a des règles d’éthique à respecter ; il y a des lois qui doivent être mises en place ». On estime qu’à partir du moment où c’est invisible il n’y aura pas de lois pour l’empêcher. C’est ce que vous pensiez d’ailleurs quand vous échangiez des morceaux de musique.

Ouvrir le code

Ce qui est intéressant aussi c’est la lettre-ci, c’est celle de l’EPA, l’Environmental Protection Agency aux États-Unis qui avait écouté les lobbyistes et qui disait : « Eh bien non il ne faut surtout pas mettre des logiciels libres dans les voitures, donc dans les systèmes de contrôle, parce que dans ce cas les gens sauraient comment ça marche ! Et ils pourraient donc s’en servir pour truquer le système ! » On n’a pas eu des logiciels libres ; on a eu des gens qui, volontairement, ont mis des logiciels truqueurs !

Mot de l’année 2016

Le mot de l’année est décerné tous les ans par le Oxford English Dictionary, ça a été post-truth donc au-delà de la vérité, non pas après la vérité ; ça, ça voudrait dire qu’avant c’était vrai. Excusez-moi ! La guerre d’Irak a été déclenchée parce que les médias ont reproduit l’idée d’armes de destructions massive qui n’ont jamais existé. Non, avant ce n’était pas la vérité ! Mais c’est au-delà de la vérité, c’est-à-dire la vérité est quelque chose qui n’a plus d’importance dans le fonctionnement du système médiatique des médias de l’Internet. Ça développe en fait un individualisme autoritaire, c’est-à-dire que des individus peuvent raconter des fausses nouvelles, créer des sites qui racontent n’importe quoi – que le pape soutenait Trump – et les gens qui étaient d’accord avec ça rediffusaient sans jamais se poser de questions toute cette fausse nouvelle.
Donc on est dans un régime où, en fait, les émotions ont remplacé la réflexion. Et ça, ça a forcément des conséquences importantes surtout quand on a de plus en plus des outils qui permettent de masquer la vérité. Je vous ai montré tout à l’heure cette transformation d’une personne réelle en le mannequin, l’image plutôt qu’on va afficher à la sortie des villes. Vous avez la même chose maintenant pour le son. On peut traiter le son pour faire dire à quelqu’un quelque chose qu’il n’a jamais dit et on a la même chose pour la vidéo ; récemment on a pu, en regardant les mouvements des lèvres et en modélisant le mouvement des lèvres, faire dire un discours qu’il n’avait jamais dit à Barak Obama. Donc transformer en fait le mouvement des lèvres comme ça.

On s’aperçoit que les outils capables de créer – c’est là où on n’est même pas dans des fausses nouvelles – des choses qui sont fausses en elles-mêmes mais qui ont un objectif, sont disponibles et on a en face une attitude qui consiste à redistribuer ce qui nous plaît et non pas ce qu’on a lu.

Moi je ne saurais vous dire que dès aujourd’hui, avant de redistribuer, lisez ! C’est tout ; ça suffit. Donc avant de dire je clique sur le bouton partager, d’ailleurs on ne partage rien, on redistribue, ou retwitter sur Twitter, juste ce que vous allez lire. Vous allez voir, ça change radicalement tout.

Je crois qu’on arrive à la conclusion et vous êtes bien contents parce qu’il reste cinq minutes.

Conclusion en trois diapositives.

Écosystème

La première c’est sur cette notion d’écosystème numérique. Un écosystème c’est un endroit dans lequel des gens sont plongés. Je pense qu’aujourd’hui le numérique est un écosystème. Nous vivons sur deux écosystèmes simultanément : notre écosystème terrestre dont on sait qu’il est en danger notamment à cause du changement climatique, notamment à cause des risques de guerre qui n’ont jamais été aussi forts depuis au moins 40 ou 50 ans. On est dans un système matériel qui est en danger et donc on se pose forcément des questions de citoyen qui est comment est-ce qu’on va agir dans ce système-là pour réparer la destruction du climat, si c’est encore possible, et empêcher la guerre, si c’est encore possible. Accessoirement ça passera, tout ça, par ramener de l’égalité dans le monde ; ça ne serait pas mal, ça aiderait !

Le numérique c’est la même chose ; nous sommes plongés dedans et plus personne ne pense qu’on peut s’en passer ; plus personne ne pense qu’il y aura un demain. Non, une fois qu’on a inventé l’écriture on a écrit et une fois qu’on a inventé le numérique, eh bien on a écrit en numérique, on a diffusé en numérique, on a partagé en numérique, enfin nous sommes dedans. Le problème c’est que dans un écosystème il y a des dominants et des dominés. Il y a des gens qui gardent tout pour eux, quitte à même détruire leur écosystème comme on le voit avec le climat et puis il y a des gens qui subissent tout ça. Donc comment est-ce qu’on va penser l’écosystème numérique comme un nouvel endroit dans lequel il faut créer de l’égalité, de la liberté et de la fraternité. C’est un endroit dans lequel il faut le faire et ce n’est pas un outil qui va nous permettre de le faire dans le monde physique et réel que nous utilisons. C’est aussi un autre endroit dans lequel, je vais sortir les grands mots, la lutte de classe a lieu : il y a des dominants des dominés et voilà. Comment ça va se faire ?

Aujourd’hui dans cet écosystème on est coincés entre l’utopie et la concentration. Il y a concentration des pouvoirs. J’en avais parlé tout à l’heure avec les fameux GAFA plus WeeChat, Alibaba, Tencet, enfin tout ça, ces grands conglomérats. Et puis, en même temps, il y a une utopie qui a été créée, il y a un message idéologique très fort qui est apparu au moment de la création de l’Internet et que j’avoue, moi, comme je vous dis je suis un papy d’Internet, j’ai trouvé fabuleux ; c’est l’utopie qu’on allait vers de l’horizontal, qu’Internet c’est horizontal, que tout le monde est au même niveau, qu’Internet c’est la liberté d’expression garantie, etc.

Je pense qu’on est coincés entre cette utopie et concentration et puis on est coincés entre l’idée qu’on va avoir un échange mondial, cette question de mondialisation des langues sur laquelle j’ai insisté pas mal, elle est mise face à une compétition aggravée, grande compétition.

Modèles de la régulation

Après, ce que nous offre l’Internet, c’est de savoir quel est le modèle de régulation. Régulation c’est trouver un équilibre social. Et en France nous avons tendance à réduire la régulation à la loi. Moi j’aime beaucoup l’approche de Larry Lessig. Larry Lessig c’est celui qui a inventé les Creative Commons, je pense que vous aurez aussi des développements là-dessus, il dit il y a quatre pôles en fait qui font société, sur lesquels quatre pôles :

  • on peut obtenir une régulation dans l’intérêt du public, pas forcément dans l’intérêt de quelques-uns ;
  • il y a la loi, bien sûr, mais il y a aussi le marché, la manière dont le marché est organisé. La baisse des coûts, par exemple, favorise une démocratisation de l’accès aux outils culturels ;
  • il y a l’architecture. Larry Lessig utilise la formule qui dit Code is law. C’est-à-dire la manière dont sont codés les systèmes numériques crée la loi du numérique bien plus que les lois qui peuvent être votées dans les parlements. Dans Facebook, il y a des choses qu’on ne peut pas faire : par exemple il n’y a pas de typographie, on ne peut pas faire de gras et d’italique. C’est le code qui a décidé que ça serait comme ça et puis on n’a pas le choix ! Voilà ! L’architecture de l’Internet permet effectivement beaucoup de réalisations ; elle en interdit d’autres ;
  • et enfin le quatrième pôle ce sont les normes sociales. C’est-à-dire la manière dont les gens se comportent et la manière dont ils font société en fait. Donc ils s’influencent les uns les autres pour avoir des comportements. Et c’est pour ça que je pense qu’il ne faut pas hésiter à dire qu’un certain nombre de comportements sur Internet sont des comportements antisociaux. Ils sont contraires à l’intérêt, non pas de la société in abstracto mais du faire société, de la manière dont on se met ensemble à faire société et que ça, ça crée des normes sociales qui sont souvent bien plus fortes que les lois ou que le marché.

Je pense qu’aujourd’hui il y a cinq compétences, j’appelle ça les cinq « C », qui sont nécessaires pour essayer de garder son autonomie, parce qu’en fait c’est ça l’objectif dans l’intérêt du monde numérique :

  • le codage et vous allez avoir même si vous êtes en humanités, vous allez avoir des cours où vous allez apprendre à coder, même un minimum, pas forcément à devenir programmeurs, savoir comprendre ce qu’est la base informatique sur laquelle ça fonctionne ;
  • la coopération. On s’aperçoit qu’Internet est un outil de coopération fabuleux et, dans son usage majoritaire, nous le prenons comme un outil de diffusion ou de réception. Nous regardons plus YouTube que nous produisons, ensemble, des vidéos pour les mettre sur YouTube. Donc la compétence de coopération pour faire des activités sur Internet est à mon avis une compétence essentielle ;
  • la compréhension de ce qui se passe, ce que j’ai essayé de survoler. Bien sûr, en deux heures on ne peut pas approfondir ; je ne suis pas certain qu’en deux heures je vous aie donné les moyens de comprendre : j’ai essayé de pointer ce qu’il fallait essayer de comprendre. Après il y a des livres, des articles, et puis il y a tous les cours qui vont venir qui vont vous permettre de comprendre vraiment ;
  • la culture. Il faut accepter qu’il y ait une culture numérique à la fois en termes de comportement qu’on a dans le numérique et puis de nouvelles pratiques culturelles.
  • et puis les comportements justement, le savoir-être. Dans une société de services comme l’est la société numérique savoir-être, savoir tisser des relations, construire des réseaux, bénéficier d’opportunités, est quelque chose d’aussi important que le savoir-faire.
Culture numérique

Enfin c’est le dernier, quel est l’objectif au final ? Je crois que je l’ai répété tout le temps, l’objectif c’est de faire des citoyens autonomes, ou de tout le monde d’ailleurs. L’idée de développer la culture numérique c’est permettre aux gens d’être autonomes, d’apprécier à leur juste valeur à la fois les avantages et les inconvénients de cet écosystème numérique et de voir comment est-ce qu’ils vont pouvoir y mener les batailles à l’égalité, la liberté et la fraternité.

Et j’aime bien terminer en général par ce transparent. Marcel Mauss est un sociologue qui a travaillé beaucoup sur la logique de don et contre-don en disant « pour faire société on donne et puis on va recevoir ; pas forcément de celui à qui on donne d’ailleurs, on va recevoir globalement ». Typiquement notre société est organisée sur la protection sociale qui fait que quand on travaille on va donner une partie de son salaire à la Sécurité sociale, etc., mais quand on va être malade, on va recevoir aussi par le biais de ce système et pas forcément de celui qui a donné ou pas forcément de ce que soi-même on a mis de côté tous les mois en donnant à la sécu, mais globalement. Donc le don et contre-don c’est ce qui fait société.

Mais là où il y a rupture c’est quand le don de l’un devient le capital de l’autre. !

Si vous avez cru comprendre que c’est un peu ce qui se passe dans le monde numérique, je pense que j’aurais réussi mon coup.

Merci à vous.

[Applaudissements]

Nouvelles April: Apéro April le 19 juillet 2018 à Montpellier

Planète April - 12 juillet, 2018 - 12:03
Début: 19 Juillet 2018 - 18:30Fin: 19 Juillet 2018 - 19:30 Un apéro April ?

Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance, d'échanger, de partager une verre et de quoi manger mais aussi de discuter sur l'actualité et les actions de l'April. Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas. N'hésitez pas à venir nous rencontrer.

Quand et quoi

Le prochain apéro à Montpellier aura lieu jeudi 19 juillet 2018 de 18h30 à 19h30 à l'adresse suivante : Le Faubourg - 15, rue du Faubourg de Nîmes, 34000 Montpellier.

Pour tous les détails rendez-vous sur le site de Montpel’libre.

Vous pouvez aussi vous inscrire sur le pad.

Les Aprilapéro Montpellier auront lieu le 3e jeudi de chaque mois.

Toulouse: Rencontres Tetalab, Le mercredi 11 juillet 2018 de 20h30 à 23h30.

l'Agenda du Libre - 11 juillet, 2018 - 20:30

Rencontre hebdomadaire des hackers et artistes libristes Toulousains.

 

Ouvert au public tous les mercredi soir.

 

Venez nombreux.

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