Agrégateur de nouvelles
Toulouse: Repas du Libre, Le jeudi 22 janvier 2026 de 20h00 à 23h00.
Le groupe d'utilisateurs de logiciels libres de Toulouse Toulibre en collaboration avec Tetaneutral.net fournisseur d'accès internet et hébergeur libre proposent aux sympathisants de se retrouver l'un des mardis ou jeudis de chaque mois pour échanger autour des logiciels libres, des réseaux libres, discuter de nos projets respectifs et lancer des initiatives locales autour du Libre. Ce repas est ouvert à tous, amateurs de l'esprit du Libre, débutants ou techniciens chevronnés.
Ce Qjelt aura lieu le jeudi 22 janvier 2026 à 20h00, au restaurant la Paniolade situé au 146 Boulevard de Suisse à Toulouse. C'est à proximité des ponts jumeaux et des minimes, et donc accessible par bus ou métro même tard le soir (bus 16 ou métro B en marchant un peu). Il n'y a pas de formule prévue, c'est à la carte : pizzas, viandes, poissons, salades...
Pour des raisons de logistique, une inscription préalable avant la veille est souhaitée sur toulibre.org/qjelt.
Passer au libre, c'est changer de monde !
Passer au Libre, ce n'est pas simplement remplacer des logiciels propriétaires par des logiciels open source ! Depuis cinq ans, Échirolles s'est engagée dans une transition résolue vers un numérique plus vertueux. Pour une collectivité comme pour une entreprise, le passage aux logiciels libres implique une adaptation, parfois importante, de l'organisation. Préparation budgétaire, reporting, commandes, contrats de maintenance, recrutements, stratégies de migration, c'est un nouveau monde qui (…)
- Transcriptions / Nicolas Vivant, Le Logiciel Libre, Administrations et collectivités, Internet, Souveraineté numérique, Informatique, Conférence, VidéoLa Ferté Saint-Aubin: Assemblée générale de Re-Boot, Le vendredi 16 janvier 2026 de 20h30 à 23h30.
Re-Boot est une association qui s'inscrit dans le mouvement de l'économie sociale et solidaire dans le domaine informatique, engagée dans la promotion des logiciels libres et de Linux. L'association est basée dans le Loiret (45) à La Ferté Saint-Aubin. Nous sommes heureux d'accueillir toutes les personnes qui souhaitent découvrir les logiciels libres.
La réunion du mois de janvier commence par l'AG annuelle, suivie par des sujets divers.
Venez nombreuses et nombreux pour découvrir nos activités.
Le bureau.
Saint-Ouen-sur-Seine: Journée d'installation GNU/Linux, Le samedi 24 janvier 2026 de 13h30 à 17h30.
Le collectif Librezo, en association avec l'association Electrocycle et les Valoristes vous proposent une journée d'installation GNU/Linux le samedi 24 janvier 2026: reprenez le contrôle de votre ordinateur et luttez contre l'obsolescence programmée avec un système d'exploitation libre.
Apportez votre PC/Mac (ou achetez-en un d'occasion sur place, de 30 à 50€) et redonnez-lui une seconde jeunesse avec une distribution GNU/Linux qui ne sera jamais obsolète !
Prérequis:
- Sauvegardez toutes vos données personnelles avant l'installation car le disque sera formaté.
- N'oubliez pas de prendre votre chargeur.
Merci de réserver votre créneau horaire (comptez une heure au max pour l'installation) :
https://www.helloasso.com/associations/les-valoristes/evenements/janvier-install-party
Sortie de OpenProject 17.0
OpenProject est un outil de collaboration et de gestion de projet polyvalent. Il est axé sur la souveraineté et la confidentialité des données. La version 17.0 apporte notamment l'édition collaborative de documents en temps réel.
- lien nᵒ 1 : Le site officiel d'OpenProject
- lien nᵒ 2 : Dépôt GitHub
- lien nᵒ 3 : Feuille de route
- lien nᵒ 4 : Nouveautés de la version 17.0
OpenProject est une plateforme depuis laquelle les parties tenantes d'un projet peuvent se coordonner et collaborer. Les projets sont découpés en tâches appelées lots de travaux et organisées hiérarchiquement ou en séquence, puis planifiées. Le suivi se fait par la mise à jour du statut et des propriétés de chaque lot de travaux, de sa création jusqu'à sa réalisation.
De nombreux modules destinés à la collaboration et au suivi sont disponibles :
- diagramme de Gantt : visualiser et organiser les lots de travaux chronologiquement ;
- tableaux : créer des tableaux Kanban ou Scrum pour gérer et visualiser les lots de travaux ;
- gestion des réunions : planifier des réunions et leur contenu et enregistrer les résultats ;
- temps et de coûts : faire le suivi du temps passé sur chaque lot de travaux et des coûts associés ;
- wiki et documents : gérer sa base de connaissance ;
- etc…
Il peut aussi s'interfacer avec d'autres logiciels :
- GitLab et GitHub pour lier Merge Requests et Pull Requests aux lots de travaux associées ;
- Nextcloud pour stocker et éditer les documents liés au projet ;
- authentification unifiée (OAuth, OpenID, LDAP, SAML, SCIM).
OpenProject est développé en Ruby et JavaScript en utilisant Ruby on Rails. Il est sous licence GPLv3. Il est basé sur un fork de Redmine.
Les sorties se font en général au rythme d'une par mois.
Deux options sont possibles pour utiliser OpenProject :
- l'héberger sur site, grâce à une installation via paquets DEB/RPM, images Docker ou Helm Charts ;
- utiliser le service Cloud fourni par OpenProject, le produit est alors hébergé en Europe chez Scaleway (Paris) ou Amazon (Francfort).
Le prix et les fonctionnalités sont les mêmes, et il est possible de passer d'un type d'hébergement à l'autre facilement.
Modèle économiqueOpenProject propose plusieurs éditions :
- L'édition community est gratuite et le support se fait via des remontées de bugs ou des demandes de fonctionnalité directement sur notre instance OpenProject. L'hébergement est alors sur site.
- Les éditions Enterprise (Basic, Professional, Premium et Corporate) sont payantes via un abonnement récurrent et offrent un support plus étendu et des fonctionnalités supplémentaires. L'hébergement est au choix sur site ou sur nos serveurs.
Il est possible de tester la version Enterprise Premium pendant 14 jours.
Apports de la version 17.0La version 17.0.0 a été publiée mercredi 14 janvier 2026.
Collaboration en temps réelLe module Documents a été repensé pour inclure de la collaboration en temps réel. Les équipes peuvent maintenant éditer des documents en même temps et voir les changements de chacun au fur et à mesure, directement dans OpenProject.
Cela facilite l'écriture à plusieurs de concepts, de spécifications, de contrats ou de documents de planification tout en restant étroitement connectés au projet. Les documents peuvent référencer et lier des lots de travaux existants.
Ce nouveau module Documents se base sur BlockNote, un éditeur de texte open source moderne aussi utilisé dans d'autres initiatives comme openDesk et LaSuite.
Améliorations du module RéunionsCes fonctionnalités ont été ajoutées :
- mode brouillon pour préparer collaborativement l'ordre du jour avant de le communiquer aux participants ;
- mode présentation pour dérouler la réunion point par point ;
- possibilité d'ajouter plusieurs résultat à un même point, pour clarifier les décisions prises et les prochaines étapes ;
- abonnements iCal pour voir les réunions dans les calendriers personnels.
L'interface de la page d'accueil d'un projet est désormais divisée en deux parties : « Vue d'ensemble ( Overview ) » et « Tableau de bord ( Dashboard ) ». Les équipes peuvent ainsi appréhender rapidement les informations générales sur le projet ainsi que les détails opérationnels.
La création de projet bénéficie d'une sélection de modèle améliorée rendant la création de nouveaux projets plus facile, notamment pour les utilisateurs sans connaissances techniques approfondies. Ces modifications préparent le terrain pour un futur assistant de création de projet en plusieurs étapes.
Gestion des projets aux niveaux programmes et portefeuillesLes projets peuvent être regroupés en programmes, tandis que les portefeuilles offrent une vue d'ensemble de toutes les initiatives en cours. Ceci est particulièrement précieux pour les bureaux de gestion de projet (PMO), les organisations du secteur public et les équipes travaillant avec des méthodologies telles que PM² ou PMflex.
Développements futursPour 2026, les développements vont s'orienter vers l'amélioration de l'existant bien sûr, mais aussi :
- faciliter la migration depuis Jira avec le développement d'un outil de migration et de nouvelles fonctionnalités comme l'ajout de Sprints, le dépoussiérage du module « Backlogs », ou l'implémentation d'identifiants courts pour les lots de travaux ;
- intégrer XWiki pour pouvoir remplacer le duo Jira et Confluence par de l'open source avec OpenProject et XWiki ;
- mieux gérer des programmes et portefeuilles de projets : apporter une vue d'ensemble de plusieurs projets, pouvoir définir des critères sur chaque projet, par exemple l'urgence et l'importance, et obtenir ainsi une matrice de priorisation, avoir un processus d'approbation lors de la création de nouveaux projets, etc…
- édition collaborative de contenu : généraliser l'édition collaborative apparue dans le module « Documents » ;
- de l'IA : assistance à l'écriture, recherche sémantique, serveur MCP, etc…
N'hésitez pas à tester OpenProject en l'essayant en ligne pendant 14 jours ou en l'installant vous même. Si vous avez des retours ou des demandes de fonctionnalités, vous pouvez vous inscrire sur notre instance community.openproject.org et contribuer à améliorer OpenProject.
Télécharger ce contenu au format EPUBCommentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur
L'IA générative et la prolétarisation de la pensée
ChatGPT fait-il de nous des abrutis ?
Voix off : IA qu'à m'expliquer
Grégoire Barbey : Mesdames et Messieurs, bonjour. Bienvenue dans IA qu'à m'expliquer, le podcast du Temps qui démystifie les intelligences artificielles. Pour cet épisode, j'ai reçu la philosophe Anne Alombert qui a publié tout récemment un petit livre sur la bêtise artificielle [De la bêtise artificielle ]. Dans cet ouvrage, elle propose une analyse au vitriol de ce qu'elle qualifie de propagande idéologique autour de (…)
Tours: Moment convivial ADeTI.org, Le mardi 20 janvier 2026 de 18h30 à 20h30.
En ce début d'année 2026, l'association ADeTI.org se réunit autour d'un moment convivial. Venez prendre connaissance et partager un petit moment avec les membres de l'association, voir adhérer.
L'inscription par mail est conseillée afin de prévoir les quantités en nourriture.
Le Mans: Permanence du mercredi, Le mercredi 21 janvier 2026 de 12h30 à 17h00.
Assistance technique et démonstration concernant les logiciels libres.
Il est préférable de réserver votre place à contact (at) linuxmaine (point) org
Planning des réservations consultable ici.
Saint-girons: Repair’café aux ateliers de la liberté, Le samedi 24 janvier 2026 de 11h00 à 15h00.
Un repair'café est organisé aux Ateliers de la liberté à Saint-Girons.
Une équipe de bénévoles est présente pour aider au diagnostic d’objets (électroniques/électriques/mécaniques) cassés, pour comprendre leurs entrailles, guider sur leur réparation, ou animer des ateliers liés à la réparation.
Si la réparation n’est pas possible, une aide est proposée pour trouver des solutions: changement de pièces (récupération, occasions, neuves), ou bidouillage pour donner une seconde vie à ces objets.
En plus de la réparation, l’équipe peut vous aider à installer Linux sur votre machine ou à le dépanner, ainsi qu’à vous accompagner dans l’utilisation de logiciels libres.
Il est conseillé de nous prévenir à l’avance pour toute demande spécifique.
Cet événement est ouvert à tous, que ce soit pour réparer un objet, pour du logiciel libre ou simplement vous renseigner, le tout gratuitement.
Appel à commentaire de la Commission "Vers des écosystèmes numériques ouverts européens"
La Commission européenne a lancé un appel à commentaires pour une nouvelle initiative stratégique intitulée « Vers des écosystèmes numériques ouverts européens », dont l’adoption est prévue au premier trimestre 2026. Motivée par les objectifs essentiels de souveraineté technologique et de cybersécurité, cette initiative vise à réduire la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des infrastructures numériques non européennes en renforçant le secteur open source européen. S’appuyant sur la stratégie 2020-2023 en matière de logiciels open source et complétant la future loi sur le développement du cloud et de l’IA, cette feuille de route vise à identifier les obstacles à l’adoption, à soutenir le développement des communautés et des start-ups open source, et à garantir que les technologies ouvertes dans des secteurs critiques tels que l’IA, le cloud et les applications industrielles soient développées et régies dans un cadre européen sûr, compétitif et transparent.
L’appel à commentaires suscite un certain enthousiasme de la communauté Open Source, avec 334 réponses moins d’une semaine après son ouverture. Cf. ces statistiques.
Continuez la lecture pour le détail des questions posées, quelques éléments de contexte et quelques éléments de réponses possible.
- lien nᵒ 1 : La Commission européenne veut commercialiser l’open source
- lien nᵒ 2 : European Commission issues call for evidence on open source
- lien nᵒ 3 : La Commission européenne dévoile sa stratégie sur le logiciel libre pour 2020-2023 (Linuxfr)
- lien nᵒ 4 : La Commission européenne publie une feuille de route sur le logiciel libre (Linuxfr)
- Les 10 questions clefs
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Bilan de la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne
- 1. Forces, faiblesses et barrières
- 2. Valeur ajoutée pour les secteurs public et privé
- 3. Mesures concrètes au niveau de l’UE
- 4. Priorités technologiques
- 5. Compétitivité et résilience
- 6. Souveraineté (réduire la dépendance)
- 7. Passage à l’échelle (upscaling)
- 8. Administration publique (adoption)
- 9. Durabilité (modèles économiques et maintenance)
- 10. Sécurité (supply chain)
- Conclusion de l’analyse
- Eléments de réponse
- Références
On peut identifier dans l’appel à commentaires une dizaine de questions, divisées en questions explicites (posées spécifiquement aux parties prenantes dans la consultation) et questions implicites (les problèmes sous-jacents que l’initiative cherche à résoudre).
Questions explicitesCes questions sont répertoriées directement aux pages 3 et 4 afin que les parties prenantes puissent y répondre :
- Forces, faiblesses et obstacles : « Quelles sont les forces et les faiblesses du secteur open source de l’UE ? Quels sont les principaux obstacles qui entravent (i) l’adoption et la maintenance d’un open source de haute qualité et sécurisé ; et (ii) les contributions durables aux communautés open source ? »
- Valeur ajoutée : « Quelle est la valeur ajoutée de l’open source pour les secteurs public et privé ? Veuillez fournir des exemples concrets, y compris les facteurs (tels que le coût, le risque, la dépendance, la sécurité, l’innovation, entre autres) qui sont les plus importants pour évaluer la valeur ajoutée. »
- Mesures concrètes de l’UE : « Quelles mesures et actions concrètes peuvent être prises au niveau de l’UE pour soutenir le développement et la croissance du secteur open source de l’UE et contribuer à la souveraineté technologique et au programme de cybersécurité de l’UE ? »
- Priorités : « Quels domaines technologiques devraient être prioritaires et pourquoi ? »
- Compétitivité et résilience : « Dans quels secteurs une utilisation accrue de l’open source pourrait-elle conduire à une compétitivité et une cyber-résilience accrues ? »
Voici les questions fondamentales qui motivent la nécessité de cette initiative pour la Commission, que l’on retrouve tout au long du contexte politique et de la définition du problème (pages 1-2) :
- Souveraineté : Comment l’UE peut-elle réduire sa dépendance vis-à-vis des pays tiers en matière d’infrastructures numériques et reprendre le contrôle de sa sphère numérique ?
- Passage à l’échelle : Comment l’UE peut-elle aller au-delà du financement de la recherche et de l’innovation pour soutenir réellement le passage à l’échelle, le déploiement industriel et la viabilité commerciale des innovations open source ?
- Administration publique : Comment le secteur public (États membres et régions de l’UE) peut-il mieux adopter les solutions open source afin d’éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur et d’accroître la transparence ?
- Durabilité : Comment l’UE peut-elle garantir que la valeur générée par les projets open source n’est pas uniquement exploitée en dehors de l’UE et que les développeurs européens ont accès au capital et aux infrastructures nécessaires à leur croissance ?
- Sécurité : Comment tirer parti des logiciels open source pour améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement et la gestion des vulnérabilités en matière de cybersécurité ?
Comme indiqué en intro, cette consultation a pour but (entre autres) de réviser la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne. Voici une analyse rapide de son bilan.
Cette stratégie se définissait par son slogan "Think Open". Le point clef, qu’on lui a reproché à son époque, est qu’elle était principalement une stratégie de transformation interne et culturelle (comment la Commission gère son informatique), plutôt qu’une stratégie de politique industrielle (comment l’Europe construit sa filière).
1. Forces, faiblesses et barrières- Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie identifiait correctement la force de l’Open Source comme levier d’innovation et de co-création.
- Limite/Impact : Elle s’est concentrée sur les barrières administratives internes (simplifier la bureaucratie pour permettre aux fonctionnaires de contribuer au code). Elle a largement ignoré les barrières de marché (financement, concurrence déloyale des géants US) qui pèsent sur le secteur privé européen.
- Bilan : Elle a réussi à lever des blocages juridiques internes, mais n’a eu que peu d’impact sur la fragmentation du marché européen.
- Analyse de la stratégie 2020-2023 : Elle a parfaitement théorisé la valeur ajoutée pour le secteur public : « Argent public, Code public », éviter le verrouillage propriétaire (vendor lock-in), et l’interopérabilité.
- Limite/Impact : La stratégie visait à « montrer l’exemple » (lead by example). Cependant, l’impact réel sur le secteur privé est resté marginal, car la Commission a continué, paradoxalement, à dépendre massivement de solutions propriétaires (Microsoft 365) durant cette période, affaiblissant la portée de son message sur la valeur ajoutée de l’Open Source.
- Analyse de la stratégie 2020-2023 : La mesure phare et le grand succès de cette stratégie a été la création du bureau de programme Open Source (OSPO) de la Commission ("OSOR"). Elle a aussi facilité la publication de logiciels comme EUSurvey ou LEOS.
- Limite/Impact : Ces mesures étaient centrées sur l’institution (« Inner Source »). Il manquait des mesures de soutien financier direct à l’écosystème (type « Fonds Souverain ») qui sont demandées aujourd’hui.
- Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie mentionnait le Cloud, l’IA et la Blockchain de manière générique.
- Limite/Impact : Elle manquait de ciblage stratégique. Elle traitait l’Open Source comme une méthode de travail, et non comme une brique de souveraineté pour des technologies critiques spécifiques (comme le demande aujourd’hui la Feuille de route sur le Cloud/Edge).
- Analyse de la stratégie 2020-2023 : Le document mentionnait la « souveraineté technologique » en introduction, citant Ursula von der Leyen.
- Limite/Impact : L’approche est restée très « soft power » (influence par l’exemple). Elle n’a pas suffi à créer une résilience face aux chocs géopolitiques ou à l’extraterritorialité du droit américain (Cloud Act), car elle ne s’accompagnait pas d’une politique industrielle agressive.
- Bilan 2020-2023 : La stratégie posait le principe « Stay in control » (Garder le contrôle).
- Réalité : C’est sans doute l’échec principal de la période. Malgré la stratégie, la dépendance de l’Europe aux hyperscalers non-européens s’est accrue (cf Asteres). La stratégie a sous-estimé la difficulté de migrer des infrastructures critiques vers de l’Open Source sans investissement massif dans des alternatives industrielles européennes.
- Bilan 2020-2023 : La stratégie encourageait le partage et la réutilisation (Reuse).
- Réalité : Le passage à l’échelle a été limité à des outils de niche (sondages, légistique). La stratégie n’a pas fourni les mécanismes pour transformer des projets Open Source européens en géants technologiques capables de rivaliser mondialement.
- Bilan 2020-2023 : Elle s’appuyait sur la Déclaration de Tallinn (2017).
- Réalité : La création de l’OSPO a été un modèle positif suivi par certains États membres (ex: France - avec les limites que l’on sait, Allemagne, Pays-Bas…). Cependant, l’adoption reste très hétérogène. La stratégie manquait de “dents” (obligations contraignantes) pour forcer l’adoption des logiciels libres et des standards ouverts dans les marchés publics des États membres.
- Bilan 2020-2023 : La stratégie prévoyait que les développeurs de la Commission puissent contribuer “incidemment” aux projets externes.
- Réalité : C’est une réponse insuffisante au problème de la maintenance des infrastructures critiques (le problème de « l’inconnu du Nebraska »). Le bénévolat ou les contributions ponctuelles de fonctionnaires ne remplacent pas un financement structurel des fondations et des mainteneurs, point soulevé par les experts (Doc 3).
- Bilan 2020-2023 : Point fort de la stratégie via le programme EU-FOSSA (audits de sécurité financés par l’UE).
- Réalité : La Commission a bien identifié que « Open Source = transparence = sécurité potentielle ». Cependant, l’approche était réactive (audit de l’existant). La nouvelle période (2024+) doit gérer les effets de bord du Cyber Resilience Act (CRA), qui a créé une insécurité juridique pour les développeurs Open Source que la stratégie 2020-2023 n’avait pas anticipée.
La stratégie 2020-2023 a été une étape culturelle nécessaire mais insuffisante.
- Son mérite : Elle a légitimé l’Open Source au cœur de l’administration européenne (création de l’OSPO, changement de mentalité).
- Sa limite : Elle est restée une stratégie informatique interne (« Comment la Commission utilise le logiciel libre ») et non une stratégie politique (« Comment l’Europe utilise le logiciel libre pour sa souveraineté »).
Nous appelons donc à ce que la nouvelle initiative (2026) opère ce basculement : passer de l’Open Source comme « bonne pratique administrative » à l’Open Source comme « arme de souveraineté industrielle ».
Eléments de réponseLa Feuille de route thématique « La voie du logiciel libre vers la souveraineté numérique et la compétitivité de l’Union européenne » rédigée par un groupe d’experts (dont je (NdM: Stefane Fermigier) faisais partie) de l’Alliance européenne pour les données industrielles, l’Edge et le Cloud, et publiée par la Commission en juillet 2025 fournit un certain nombre d’éléments de réponses aux questions ci-dessus. Avec 70 propositions il y a évidemment de quoi « faire son marché ». Voici quelques éléments de réponse possibles extraits du document.
1. Forces, faiblesses et obstacles du secteur open source de l’UEForces :
- Engagement politique et financier : l’Europe a démontré son engagement à travers le financement de la recherche (Horizon Europe, Digital Europe) et des cadres politiques (Data Act) qui favorisent la transparence (*p. 16-17).
- Écosystème en pleine croissance : on observe une expansion des fournisseurs européens de cloud et d’edge open source proposant des alternatives conformes au RGPD, ainsi que de grands consortiums multipartites (bien qu’ils soient confrontés à des défis) et des collaborations avec des instituts de recherche (p. 18-19).
- Cadres spécialisés : L’Europe assiste à l’adoption croissante de cadres open source spécialisés dans l’IoT dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière et l’énergie (p. 19).
Faiblesses :
- Domination des technologies non européennes : le marché est fortement influencé par les technologies propriétaires et les hyperscalers non européens, en particulier dans les domaines du cloud, de l’edge computing et des technologies de conteneurisation (p. 20).
- Fragmentation : Les initiatives nationales sont souvent fragmentées et manquent de coordination au niveau européen (p. 17).
- Problèmes de gouvernance : De nombreux projets, même ceux qui bénéficient de contributions européennes, sont gérés par des entités non européennes (par exemple, la Linux Foundation), ce qui peut entraîner un décalage par rapport aux intérêts européens (p. 26).
Principaux obstacles :
(i) À l’adoption et à la maintenance :
- Obstacles à l’interopérabilité : Il existe un manque de « normes véritablement ouvertes » universellement adoptées et développées par des entités européennes. Cela entraîne une complexité d’intégration et des frictions entre les outils propriétaires et les outils open source (p. 24).
- Sensibilisation du marché et discours : les PME et les entreprises hésitent en raison d’idées fausses sur la complexité et le soutien, souvent alimentées par les discours marketing des fournisseurs dominants non européens (p. 25).
- Pénurie de compétences : l’offre de professionnels maîtrisant les technologies open source européennes, l’orchestration du cloud et la cybersécurité est insuffisante (p. 25-26).
(ii) Vers des contributions durables :
- Contraintes en matière de ressources et de financement : De nombreux projets essentiels dépendent de contributions bénévoles et de financements sporadiques. Le paysage actuel favorise souvent les grands projets bien établis, laissant les petites initiatives européennes innovantes sous-financées (p. 24-25).
Le document identifie la valeur ajoutée dans plusieurs dimensions, en se concentrant principalement sur la souveraineté numérique, la sécurité, la résilience économique et la durabilité.
Exemples concrets et facteurs :
-
Administration publique :
- Souveraineté et contrôle : l’adoption de l’open source européen permet aux institutions de garder le contrôle sur le traitement et le stockage des données, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers soumis à des lois extraterritoriales (par exemple, la section 702 de la loi américaine FISA).
- Sécurité et conformité : la transparence totale du code permet un audit rigoureux, garantissant la conformité avec les directives RGPD et NIS.
- Coût et transparence : cela réduit les coûts d’approvisionnement/de licence et favorise la confiance du public grâce à des systèmes transparents (p. 50).
-
Secteur privé (général et PME) :
- Innovation : cela réduit les barrières à l’entrée pour les PME, leur permettant d’être compétitives en tirant parti d’une infrastructure abordable et personnalisable. Cela accélère les cycles de développement grâce à l’innovation collaborative (p. 13).
- Réduction des risques : cela évite la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur associée aux normes propriétaires (p. 11).
-
Fabrication (industrie 4.0) :
- Efficacité opérationnelle : permet une maintenance prédictive et une surveillance en temps réel.
- Flexibilité : les normes ouvertes permettent l’intégration transparente de nouvelles technologies dans les systèmes existants, évitant ainsi la dépendance (p. 51).
La feuille de route propose des actions (70 au total) réparties en cinq piliers afin de soutenir le secteur et de contribuer à la souveraineté et à la cybersécurité, notamment :
1. Développement technologique :
- Normes : définir et imposer une « interopérabilité exécutoire » basée sur des normes véritablement ouvertes pour toutes les infrastructures numériques financées par l’UE (p. 28-29).
- Financement : créer un « Fonds européen pour la souveraineté open source » (NB : EOSSF → EU-STF) pour les projets fondamentaux (p. 30).
- Architectures de référence : développer des implémentations de référence spécifiques à chaque secteur (par exemple, pour les soins de santé ou l’énergie) (p. 30-31).
2. Développement des compétences :
- Formation et certification : Lancer des programmes de certification pour la maîtrise de l’open source européen et financer des ateliers de formation axés sur l’industrie (p. 32-33).
- Éducation : Intégrer les principes de l’open source dans les programmes d’études STEM et créer des centres d’excellence dans les universités (p. 34).
3. Pratiques d’approvisionnement :
- Politique : Adopter des politiques « Fonds publics, code public, open source d’abord, préférence européenne » (p. 36).
- Lignes directrices : Créer des guides d’évaluation pratiques et un répertoire de solutions européennes recommandées à l’intention des responsables des marchés publics (p. 37-38).
4. Croissance et investissement :
- Plateforme d’investissement : créer une « plateforme européenne d’investissement dans l’open source » (EOSIP) afin de consolider les informations sur le financement (p. 41).
- Image de marque : lancer une initiative de promotion de l’image de marque afin de mettre en avant la sécurité et la souveraineté des projets européens (p. 43).
5. Gouvernance :
- Analyse de sécurité : donner la priorité aux évaluations de vulnérabilité pour les projets critiques et collaborer avec les agences de cybersécurité (p. 45).
- Comité consultatif : former un comité consultatif européen sur l’open source afin de superviser le financement et l’orientation (p. 47).
La feuille de route donne explicitement la priorité aux technologies Cloud, Edge et Internet des objets (IoT).
Pourquoi ces technologies sont-elles prioritaires ?
- Épine dorsale de l’infrastructure : ces technologies constituent « l’épine dorsale de l’infrastructure numérique moderne » et sont essentielles pour la sécurité nationale et économique (p. 10).
- Dépendance actuelle : l’Europe est fortement dépendante des hyperscalers non européens dans ces domaines, ce qui pose des risques en matière de confidentialité des données, de sécurité nationale et de résilience opérationnelle (p. 10).
-
Tendances émergentes : certains sous-domaines sont mis en avant comme étant essentiels pour la souveraineté future :
- Edge Computing : essentiel pour réduire la latence et assurer la souveraineté des données (en gardant le traitement proche de la source) (p. 20).
- Conteneurisation/Orchestration : critiques pour l’évolutivité, mais actuellement dominées par des entités non européennes (p. 20).
- IA/apprentissage automatique : l’intégration de l’IA dans les appareils périphériques, pour l’IoT industriel et les systèmes autonomes (p. 20).
NB: d’autres domaines prioritaires peuvent également être mis en avant, en dehors de la feuille de route, notamment le collaboratif (bureautique).
5. Secteurs pour une compétitivité et une cyber-résilience accruesLe document identifie les secteurs suivants dans lesquels l’open source peut stimuler la compétitivité et la résilience (p. 50-53) :
- Administration publique : renforce la confiance, la souveraineté des données et réduit les coûts.
- Fabrication (industrie 4.0) : améliore l’efficacité de la production, réduit les déchets et empêche la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.
- Santé : sécurise les données sensibles des patients, permet l’interopérabilité entre les systèmes (par exemple, les dossiers médicaux électroniques) et accélère la recherche médicale.
- Énergie : optimise la gestion de l’énergie (réseaux intelligents), intègre les énergies renouvelables et réduit la consommation énergétique des centres de données.
- Autres secteurs : transports, agriculture, finance, éducation, villes intelligentes et industrie spatiale (en particulier l’analyse des données d’observation de la Terre) (p. 53).
- La Commission européenne veut commercialiser l’open source pour en faire un levier de souveraineté numérique (Euractiv)
-
European Commission issues call for evidence on open source (LWN)
- Discussion (Hacker News)
- Open source software strategy 2020-2023 (Commission européenne)
- La Feuille de route thématique « La voie du logiciel libre vers la souveraineté numérique et la compétitivité de l’Union européenne » de l’Alliance européenne pour les données industrielles, l’Edge et le Cloud.
- Discussion en français (LinuxFr.org)
Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur
#265 - C&F éditions - Chronique d'Antanak - « Pris dans la toile »
Au programme de la 265e émission diffusée mardi 13 janvier 2026 à 15 h 30 :
- sujet principal : la maison d'édition C&F éditions, avec Hervé Le Crosnier. Sujet animé par Laurent Costy
- la chronique Que libérer d'autre que du logiciel d'Antanak sur « Désescalade numérique »
- la chronique Lectures buissonnières de Vincent Calame sur « Pris dans la toile » de Sébastien Broca
- quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre
Chronique d'Antanak sur « Désescalade numérique »
Vous pouvez mettre un commentaire pour l'épisode. Et même mettre une note sur 5 étoiles si vous le souhaitez. Et même mettre une note sur 5 étoiles si vous le souhaitez.
Il est important pour nous d'avoir vos retours car, contrairement par exemple à une conférence, nous n'avons pas un public en face de nous qui peut réagir.
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C&F éditions
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- Fred Turner - Politique des machines
- Cory Doctorow - Le rapt d'Internet
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Chronique de Vincent Calame sur « Pris dans la toile » de Sébastien Broca
- Pris dans la Toile
- La silicolonisation du monde
- Le garage d'Hewlett-Packard sur Wikipédia
- Fiche Wikipédia de John Barlow Autres émissions
- (Ré)écouter l'émission Libre à vous ! du 17 mai 2022 consacré au « communs numériques »
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Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du libre
- Prix spécial du jury des « Acteurs du libre » attribué à Libre à vous ! le 10 décembre 2026 sur le salon Open Source Experience
- Reportage consacré à la radio Cause Commune diffusé sur France 3 Île-de-France le 19 décembre 2026
- Amendement visant à rétablir le montant du FSER (Fonds de soutien à l'expression radiophonique) adopté à l'Assemblée nationale le 6 janvier 2026
- Rencontres Hivernales du Libre, du 23 au 25 janvier 2026 à Saint-Cergue (Suisse). L'April y sera présente avec un stand et plusieurs conférences.
- Consulter l'Agenda du Libre pour les autres événements en lien avec le logiciel libre
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Lyon: Comment gérer un changelog facilement quand on est plusieurs ?, Le mercredi 21 janvier 2026 de 19h00 à 21h00.
Gérer un changelog utile pour les utilisateurs·trices d'une application/bibliothèque n’est pas facile.
Les messages de commit sont à destination des développeurs·euses et peuvent difficilement être utilisés comme changelog cohérent pour une version. Mettre à jour un fichier markdown unique CHANGELOG semble une solution simple… sauf quand on commence à travailler à plusieurs, avec des branches, rebases, merges et autres conflits possibles.
Je propose d’expliquer une solution que j’ai mise en place dans un outil en Python (ezchlog `[easy changelog]`) qui permet de résoudre cette problématique en utilisant de petits fichiers `changelog` qui se fusionneront dans le fichier général quand on le veut (lors d’une version par exemple).
L’outil est en Python 3.9+, typé, testé avec une couverture de +90% et entièrement configurable.
P.S. : J’ai également développé le même outil en Rust et je peux brièvement parler des différences de développement si ça intéresse du monde.
Après cette présentation par Cyrille, un moment d’échange a lieu. Amenez ce que vous voulez partager à boire ou à manger et comportez vous en accord avec la charte de l'AFPy !
Môtiers: Samedi du Libre, Le samedi 17 janvier 2026 de 09h00 à 16h30.
Journée logiciel libre / Install party.
Ouvert à tout le monde.
Projets Libres saison 4 épisode 9 : le référentiel national des bâtiments (RNB)
Pour ce premier épisode de 2026, nous parlons d'Open Data










