Option « Informatique et sciences du numérique » au lycée : une première avancée avant un mouvement de fond ?

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Paris, le 5 janvier 2010. Communiqué de presse.

C'est avec le plus grand intérêt que l'April a appris que le ministre de l'Éducation nationale, annonçait, dans sa réforme du lycée, l'introduction d'une option « Informatique et sciences du numérique » en classe de terminale scientifique pour 20121. Cette annonce est concomitante avec la création d'une chaire du même nom par le Collège de France en partenariat avec l'INRIA2. L'April se réjouit de ces annonces et espère qu'elles seront suivies d'une généralisation de l'enseignement de l'informatique.

L'April est un observateur particulièrement attentif de l'évolution de l'usage et de l'enseignement de l'informatique dans le système éducatif3. L'April a toujours été favorable à ce que l'informatique soit une composante à part entière de la culture générale scolaire de tous les élèves sous la forme notamment d'un enseignement d'une discipline scientifique et technique. Cette demande figurait dans le cahier Éducation de l'initiative Candidats.fr4.

« Nous ne pouvons que nous féliciter de cette importante avancée signe d'une certaine rupture. L'informatique est reconnue en tant que discipline autonome dans notre système éducatif » se réjouit Frédéric Couchet, délégué général de l'April. L'informatique est un des grands champs de la science contemporaine. Elle représente, selon Luc Chatel, 30 % de la recherche et développement dans le monde5, et est un pilier fondamental qui soutient l'ensemble de l'activité économique des pays développés.

« Cependant, nous souhaitons que cette avancée soit la première manifestation d'un mouvement de fond conduisant à l'introduction d'un véritable enseignement de l'informatique pour toutes les filières du lycée mais aussi dès le collège » tempère Frédéric Couchet. Dans plusieurs pays, l'informatique en tant que discipline a été intégrée dans l'enseignement général, quelquefois en matière obligatoire6.

Pour l'April, cet enseignement aborderait progressivement les questions de la représentation des données (quel choix de formats de fichier en fonction de quel usage) et des différentes couches logicielles (système, interfaces, logiciels applicatifs et les rapports qu'ils entretiennent) ; puis, sans doute dans un second temps, des principes généraux de l'algorithmique (seuls à même de permettre la compréhension de la notion centrale de processus), des réseaux (là encore quel protocole et pour quel usage, avec quelle sécurité), de leurs usages (techniques et usages des outils collaboratifs) tant dans la sphère privée que professionnelle... Il va de soi que, par son objet même, cet enseignement trouvera à chacune de ses étapes un débouché nécessaire dans l'expérimentation afin d'amener les élèves à relier naturellement outils, usages et théorie.

Après une première initiation à l'école primaire selon des modalités spécifiques, au collège le cours de technologie constitue le cadre d'un enseignement de l'informatique en tant que tel. L'expérience de ces dernières années a clairement montré que le B2i ne fonctionnait pas. Son échec prévisible tient notamment à des problèmes insolubles d'organisation, de coordination et de cohérence des contributions supposées et spontanées des disciplines enseignées. De plus ne sont pas explicitées les connaissances scientifiques et techniques correspondant aux compétences visées. Une discipline en tant que telle est la réponse pédagogique appropriée à l'objectif d'une culture informatique et numérique, comme le sont par exemple les disciplines mathématiques et français.

Cette institution en discipline à part entière doit être distinguée des nécessaires intégrations dans leur enseignement des évolutions que les disciplines connaissent de par l'informatique dans leurs objets et leurs méthodes (simulation en sciences expérimentales, modélisation en mathématiques, SIG en géographie, machines à commandes numériques dans les sections industrielles...). C'est une autre chose également que l'ordinateur utilisé en tant qu'outil pédagogique au service de toutes les disciplines. L'informatique "objet" et l'informatique "outil" sont complémentaires. Loin de s'opposer, elles se renforcent mutuellement.

Sur ces questions, nous ne pouvons que nous associer aux demandes et recommandations similaires déjà formulées, par exemple dans le rapport général sur la Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation 7 ainsi que par nos confrères de l'association EPI8.

À propos de l'April

Pionnière du logiciel libre en France, l'April est depuis 1996 un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du logiciel libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l'espace francophone. Elle veille aussi, dans l'ère numérique, à sensibiliser l'opinion sur les dangers d'une appropriation exclusive de l'information et du savoir par des intérêts privés.

L'association est constituée de plus de 5 500 membres utilisateurs et producteurs de logiciel libre.

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Contacts presse :

Jean-Christophe Becquet, membre du conseil d'administration jcbecquet@april.org +33 6 25 86 07 92

Frédéric Couchet, délégué général, fcouchet@april.org +33 6 60 68 89 31