Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 26 février 2019

Frédéric Couchet

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 26 février 2019 sur radio Cause Commune
Intervenants : Isabella Vanni - Véronique Bonnet - Marie-Odile Morandi - Vincent Calame - Emmanuel Charpentier - Frédéric Couchet
Lieu : Radio Cause commune
Date : 26 février 2019
Durée : 1 h 30 min
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Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web, rendez-vous sur le site de la radio causecommune.fm, cliquez sur « chat » et retrouvez-nous sur le salon dédié à l’émission.
Nous sommes mardi 26 février 2019, nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, délégué général de l’April. Mon collègue Étienne Gonnu est également présent en régie. Bonjour Étienne.

Étienne Gonnu : Salut Fred.

Frédéric Couchet : Et je présenterai les autres invités très rapidement.

Le site web de l’April est april.org, a, p, r, i, l point org et vous pouvez y trouver d’ores et déjà une page consacrée à cette émission avec les références et les liens utiles, des détails sur les pauses musicales et toute autre information utile en complément de l’émission. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi des points d’amélioration. Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente écoute.

Maintenant on va passer au programme de cette émission. Ça va être une émission spéciale, nous n’avons pas de sujet principal mais nous avons cinq sujets courts et notamment quatre chroniques : les secondes chroniques d’Isabella Vanni, « Le libre fait sa comm' ». Bonjour Isabella.

Isabella Vanni : Bonjour.

Frédéric Couchet : Une chronique de Marie-Odile Morandi qui nous rejoindra tout à l’heure par téléphone « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » ; une chronique de Vincent Calame « Jouons collectif », Vincent est en train de s’installer. Bonjour Vincent.

Vincent Calame : Bonjour.

Frédéric Couchet : Nous aurons également la première chronique enregistrée de Véronique Bonnet intitulée « Partager est bon » et nous terminerons par un échange avec Emmanuel Charpentier sur l’Agenda du Libre, la revue de presse de l’April et Décryptualités. Bonjour Emmanuel.

Tout de suite place au premier sujet. Nous allons commencer par une chronique de ma collègue Isabella Vanni qui est coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April. La chronique est intitulée « Le libre fait sa comm' » et a notamment pour objectif d’informer sur les actions de sensibilisation menées par l’April mais également par d’autre personnes et je crois qu’aujourd’hui tu veux commencer, justement, par un sujet qui se passe à Nanterre si je me souviens bien.

Isabella Vanni : Tout à fait. Il s’agit des évènements qui ont été organisés dans le cadre du Libre en Fête à Nanterre. On va rappeler brièvement ce qu’est le Libre en Fête. Le Libre en Fête ça consiste à proposer des évènements de découverte du logiciel libre ou du Libre en général, à l’arrivée du printemps, donc autour du 20 mars. C’est une initiative nationale coordonnée par l’April, qui a lieu tous les ans depuis 2002. Donc cette année en 2019 on en est déjà à la 18e édition. En 2018 un peu moins de 200 ont été organisés dans le cadre de cette initiative. Cette année les dates sont du samedi 2 mars, donc c’est pour bientôt, au 7 avril 2019.
Pour référencer un évènement il est possible, en fait, de le soumettre sur l’Agenda du Libre dont on parlera tout à l’heure, en rajoutant le mot clef libre-en-fete-2019 avec un tiret entre chaque mot ; ça permettra de référencer l’évènement dans le cadre de l’initiative Libre en Fête.
Qui organise les évènements ? Toute structure ayant à cœur la promotion du logiciel libre, du Libre en général. Ça peut être un groupe d’utilisateurs, utilisatrices de logiciels libres, un espace public numérique, un club informatique, etc. L’April a un rôle de coordinateur, en fait : on lance l’initiative, on met à disposition un site, des ressources de sensibilisation, de communication. On envoie les appels à participation, etc.
À ce jour il y a un peu plus de 90 évènements qui sont référencés dans le cadre du Libre en Fête 2019. On aimerait bien égaliser voire dépasser le nombre d’évènements qui ont été référencés l’année dernière et on reste optimistes parce que l’expérience nous montre que beaucoup d’évènements sont rajoutés à la dernière minute.

Frédéric Couchet : On va rappeler le site de Libre en Fête tout de suite, donc libre tiret en tiret fête point net. Vous retrouvez sur le site à la fois tous les évènements référencés et la possibilité vous-même de référencer un évènement qui apparaîtra automatiquement et on fait le lien avec l’intervention de fin d’émission sur l’Agenda du Libre. Isabella, je t’invite à continuer.

Isabella Vanni : Une contribution très importante à l’édition 2019 du Libre en Fête vient du centre culturel et social P'arc en Ciel qui a son siège à Nanterre. Ils ont participé une première fois en 2017 avec un évènement. Ils ont doublé les évènements en 2018 et, cette année, ils proposent pas moins de huit évènements. Donc c’est vraiment un grand boulot d’organisation et nous avons le plaisir d’avoir avec nous aujourd’hui par téléphone les personnes qui ont monté ce riche programme d’évènements. Il s’agit d’Évelyne Jardin, formatrice et auteur en communication web, également médiatrice numérique auprès du centre social et culturel P'arc en Ciel et Salem Riahi qui est animateur auprès du centre P'arc en Ciel et en charge notamment des activités informatiques.
Éveline, Salem, merci d’être avec nous aujourd’hui. Merci et bravo pour cette contribution très importante au Libre en Fête et pour votre engagement en faveur de la promotion du logiciel libre. Vous m’entendez bien ?

Salem Riahi : Bonjour.

Évelyne Jardin : Bonjour.

Isabella Vanni : Bonjour.

Salem Riahi : Oui, on vous entend très bien.

Isabella Vanni : Super. Tout d’abord j’aimerais voir un peu plus avec vous le contenu du programme. Quelles sont les activités, les évènements qui sont proposés par P'arc en Ciel dans le cadre du Libre en Fête cette année ?

Salem Riahi : Je dirais qu’on a deux programmes : un programme propre au centre social P'arc en Ciel où ce sont plutôt des ateliers pratiques avec la journée phare qui sera le samedi 23 mars avec une Install Party, et on a un programme qui est destiné à l’ensemble de la commune où on s’adresse au plus grand nombre de Nanterriens et là, effectivement, il y a huit grands évènements un peu partout sur la commune.

Isabella Vanni : Très bien. L’accès à ces évènements est gratuit ? Il faut s’inscrire ?

Salem Riahi : Pour notre programme propre au centre social P'arc en Ciel c’est sur inscription, c’est limité, parce que, comme je vous disais, ce sont des ateliers pratiques. Sur la programmation Libre en Fête qui s’adresse à l’ensemble des Nanterriens, il n’y a pas d’inscription. Les entrées sont libres avec justement l’objectif de toucher vraiment tout le monde, le maximum de Nanterriens.

Isabella Vanni : Très bien beaucoup. Vous pouvez trouver la liste des évènements Libre en Fête qui ont lieu à Nanterre sur le site de l’initiative Libre en Fête donc libre en fete, un tiret entre chaque mot, point net et également sur le site de P'arc en Ciel, donc centreparcenciel tout attaché point wordpress point com.
Quand j’ai vu que vous aviez organisé huit évènements j’étais très surprise parce que ça demande un grand travail d’organisation, c’est beaucoup d’investissement, de temps et d’énergie. Je suis curieuse de savoir si vous aviez prévu autant d’évènements dès le départ ou s’il y a eu, peut-être, des idées qui ont émergé en cours de route ?

Salem Riahi : Avec Évelyne lorsqu’on a réfléchi à l’organisation pour Libre en Fête 2019, on s’est dit ça fait trois ans qu’en interne on fait des animations, cette année il faut vraiment essayer de toucher un maximum de Nanterriens. Donc on a contacté tous nos partenaires : Nanterre Digital, l’Electro Lab, Nanterrux, le centre social Les Acacias, le réseau des médiathèques, une association qui s’appelle Liens Intergénérations et le Parti communiste français. On les a sollicités, ils étaient partants pour s’impliquer, s’investir sur le programme, sur la programmation. On les a invités à une réunion début janvier. L’idée c’était que chacun avec ses compétences, ses moyens, puisse proposer une animation ou un débat ou…

Isabella Vanni : Très bien. Et les structures que vous avez contactées ont adhéré tout de suite ou vous avez rencontré des difficultés ? Évelyne que j’ai vu que tu es notamment le contact principal pour la plupart des événements.

Évelyne jardin : Oui. En fait on peut dire que ce travail est quand même le fruit de plusieurs années de relations avec les différentes structures qui se sont impliquées. Je connais personnellement toutes les structures puisque je fais partie d’un réseau qui s’appelle Nanterre Digitale. Ce réseau a été quand même un élément clef et facilitateur dans l’organisation de tout ce qui va se passer pour Libre en Fête cette année. On peut avoir l’impression que tout ça est sorti d’un chapeau magique, mais en fait ce n’est pas du tout le cas, il faut faire un travail de relations sur le territoire pour arriver à ce résultat-là.

Isabella Vanni : En tout cas bravo parce que c’est vraiment bien de pouvoir proposer autant d’activités sur autant de structures. Ça permet de toucher un maximum de public. J’ai une question que j’aimerais vous poser : quel conseil vous pourriez donner aux structures qui souhaiteraient organiser, comme vous, autant d’évènements ? J’imagine que le travail de terrain, justement de relations, est fondamental, mais peut-être que vous avez d’autres choses en tête.

Évelyne jardin : En effet il y a, en amont je dirais, tout le travail de terrain. Après il y a la co-organisation qu’on a portée avec Salem, tout le côté logistique, animation, organisation de réunions. Je dirais qu’en aval aussi il y a toute une aide qui vient aussi de la mairie de Nanterre sur l’aspect communication, puisqu’on va avoir les affiches du programme qui vont être installées dans les abribus de la ville.

Isabella Vanni : Parfait.

Évelyne jardin : La ville va aussi être relais des informations sur le site et sur la page Facebook de la mairie. Ça aussi c’est un aspect quand même important, on va le voir après coup, mais je pense que c’est aussi un aspect important dans la réussite de ce genre d’opération.

Isabella Vanni : Bien sûr. L’organisation est importante ; il faut aussi que le public soit au rendez-vous. Je vous souhaite vraiment un franc succès pour tous vos évènements. Est-ce qu’il y a quelque chose que vous souhaitez rajouter ? Notre temps est presque fini.

Évelyne jardin : Ce que j’aimerais rajouter c’est qu’en fait cette action c’est envers un public varié et c’est aussi pour ça qu’on a eu la volonté d’aller vers des structures très variées. Il y peut-être aussi une autre action sous-jacente, c’est le lien qui se crée entre les différentes structures impliquées qui peut donner peut-être naissance à d’autres choses qu’on ne soupçonne pas encore. Libre en Fête c’est bien mais c’est une fois dans l’année. Je pense que c’est important de sensibiliser aux outils et aux communs numériques pendant toute l’année. Donc notre objectif ce serait qu’il y ait des ateliers qui soient proposés, comme ça, dans un maximum de structures territoriales toute l’année.

Isabella Vanni : Bien sûr. Je pense que vous avez posé de bonnes bases grâce à tous ces évènements cette année. Je vous remercie beaucoup d’avoir été avec nous et bon courage pour les derniers jours pour l’organisation.

Évelyne jardin : Merci à vous.

Salem Riahi : Merci à vous.

Isabella Vanni : Merci.

Frédéric Couchet : Nous remercions Évelyne Jardin et Salem Rihai de l’organisation la partie Libre en Fête à Nanterre. Isabella je crois que tu veux finir ta chronique sur les actions de sensibilisation de l’April. Il nous reste quelques instants.

Isabella Vanni : Combien de secondes ?

Frédéric Couchet : Il nous reste deux-trois minutes.

Isabella Vanni : Super. Je souhaiterais profiter de cette chronique pour faire un court point sur les actions du groupe de travail Sensibilisation. Pour rappel, le groupe de travail Sensibilisation est l’un des groupes de travail de l’April. Tout le monde peut participer, ce n’est pas nécessaire d’être membre, il suffit de s’inscrire à la liste de discussion sensibilisation ; il suffit, éventuellement aussi, de visiter la page wiki du groupe pour voir quels sont les projets en cours.
On se réunit aussi physiquement une fois par mois, chaque troisième jeudi du mois à La Fondation pour le progrès de l’homme dans le 11e arrondissement de Paris. Si vous êtes sur Paris vous êtes, bien sûr, les bienvenus.
En ce moment les projets sur lesquels on travaille davantage c’est le jeu de Gnou. C’est un jeu de plateau qui s’inspire principalement du jeu de l’oie, mais vous l’aurez compris ça parle surtout de logiciel libre ; l’idée c’est de faire un outil pédagogique adressé notamment aux enfants mais pas que, aussi aux adultes non-initiés. Donc l’idée c’est de les faire jouer, de les faire amuser avec un plateau très sympathique qui a été conçu par deux bénévoles. L’idée c’est de leur apprendre la définition du logiciel libre, les dangers pour l’informatique libre, etc.
On a fait un premier test lors de la réunion du groupe de travail jeudi dernier ; c’était très sympa de tester en live le jeu et on s’est rendu compte, en fait, qu’il y avait plein de choses à revoir en termes de visuel, en termes de règles du jeu, mais ce n’est pas grave, c’est complètement normal. On était ravis de se questionner sur le jeu parce que c’est important de sensibiliser les autres, mais les sensibilisateurs, les sensibilisatrices aussi ont besoin de se questionner. Donc ça a été un exercice très utile pour nous.
L’autre projet en cours, si j’ai toujours le temps, c’est le catalogue de fiches. L’idée c’est de faire des fiches, donc des documents très courts, très synthétiques, à mettre à disposition des bénévoles sur les stands ou du public qui visite nos stands sur les différents évènements. L’idée c’est d’expliquer d’une façon très schématique, très simple, quelles sont les principales actions menées par l’April. On a une fiche finalisée et validée, mais il y en a trois autres qui sont en train d’être finalisées. On espère, de cette façon, faciliter le travail des bénévoles, des animateurs, des animatrices de nos stands.

Frédéric Couchet : Écoute, merci Isabella. Je vais rappeler que toutes les références sont sur le site de l’April. Il y a une page consacrée à l’émission sur laquelle vous trouverez le lien vers la page wiki du groupe Sensibilisation. Pour s’inscrire sur la liste et rejoindre ce groupe Sensibilisation, comme tu l’expliquais, il n’y a pas besoin d’être membre pour cela, vous allez sur le site de l’April, april.org et vous retrouvez toutes les références. Merci Isabella. C’était la chronique « Le Libre fait sa comm’ ». Et on se retrouvera le mois prochain. Tu veux ajouter quelque chose ?

Isabella Vanni : Tout va bien. Merci.

Frédéric Couchet : Je te voyais faire des gestes donc je me demandais si tu voulais ajouter quelque chose.

Isabella Vanni : J’allais enlever le casque.

Frédéric Couchet : Tu allais enlever le casque. Avant d’enlever le casque tu vas attendre la pause musicale qui en plus est très sympathique. Nous allons faire une pause musicale. Le morceau s’appelle Late as usual et le groupe s’appelle The Freak Fandango Orchestra. On se retrouve juste après.

Pause musicale : Late as usual par le groupe The Freak Fandango Orchestra.

Voix Off : Cause Commune 93.1.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Late as usual, le groupe s’appelle The Freak Fandango Orchestra. J’espère que vous avez dansé comme nous au studio, d’ailleurs quasiment tout le monde s’est levé, certains sont même partis téléphoner.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous !, sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm. Nous sommes toujours en direct. Libre à vous ! c’est l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Juste avant la pause nous avions la chronique de ma collègue Isabella Vanni « Le libre fait sa comm' ». Maintenant nous allons faire une deuxième chronique et ce sera la première chronique de cette personne, en l’occurrence Véronique Bonnet qui est professeur de philosophie, qui est également membre du conseil d’administration de l’April. La chronique nous l’avons enregistrée il y a quelques jours et, pour cette première chronique, Véronique Bonnet va nous commenter deux citations de Richard Stallman. La chronique va durer 14 ou 15 minutes et on se retrouve juste après.

Frédéric Couchet : Eh bien aujourd’hui je suis avec Véronique Bonnet, pour sa première chronique intitulée « Partager est bon ». Première question : Véronique, peux-tu te présenter ?

Véronique Bonnet : Oui. Je suis initialement professeur de philosophie. La philosophie est mon approche qui est un peu particulière de la philosophie GNU. Ça n’est pas pour rien que Richard Stallman parle de philosophie GNU puisqu’il dit d’entrée que son projet est idéaliste, que c’est un idéalisme pragmatique et tel va être l’objet de ma chronique d’aujourd’hui.

Frédéric Couchet : Par ailleurs tu es aussi vice-présidente de l’April, tu as de multiples activités sans aucun doute. Comme tu viens de le dire, ta chronique d’aujourd’hui qui est la première, le sujet est « Idéalisme pragmatique » et tu enchaîneras sur « Pourquoi le logiciel doit être libre », justement. Je te passe la parole pour commencer cette chronique.

Véronique Bonnet : « Idéalisme pragmatique ». Peut-être est-il besoin de rappeler que par principe il y a un moment où Richard Stallman, que ce soit à cause d’une impossibilité de réparer une imprimante, que ce soit à cause de la vente par le MIT du travail qui est fait par tout un labo, à Symbolics, décide, il décide à ce moment-là, par principe, d’arrêter de se situer dans la logique d’un logiciel propriétaire. Il le dit, je cite : « Idéalisme pragmatique c’est un but idéaliste qui motive mon travail pour le logiciel libre, propager la liberté et la coopération. »
Donc il me semble tout à fait important de commencer ces chroniques par ce petit texte-là, parce qu’on pourrait penser que logiciel libre c’est seulement une affaire d’écriture de code, or ça va bien au-delà. Voilà ce qu’écrit Richard Stallman : « Je veux encourager la définition des logiciels libres et le remplacement des logiciels privateurs qui interdisent la coopération et rendre ainsi notre société meilleure ». Autrement dit ça n’est pas une affaire de pure technicité qui tiendrait avec une forme affective à ce qui a été réalisé, ça n’est pas une affaire simplement de cohérence de terminer ce qu’on a commencé, l’idée est morale, « idéalisme », c’est-à-dire qu’on essaie de se représenter ce que serait une société fraternelle, ce que serait une société dans laquelle il y aurait en effet une diffusion et ce terme d’ « idéalisme pragmatique » dit à la fois que bien sûr on ne transigera pas sur les principes, mais qu’en même temps il faut se donner les moyens. Et c’est vrai que l’appel aux hackeurs qui est fait dans le projet GNU essaie d’avancer en matière d’écriture du code avec, toujours à la clef, une intransigeance extrêmement forte parce que le logiciel doit être libre. Et très vite il y a de la part de Richard Stallman l’écriture argumentée de pourquoi le logiciel doit être libre.
Simplement sur « idéalisme pragmatique », j’ajouterais qu’il y a bien dans l’idéal du free software quelque chose qui relève du sens moral. Il parle assez souvent du sens moral du programmeur. De deux choses l’une : soit le programmeur veut simplement être riche, soit le programmeur veut, d’une façon affective, développer sa chose, son code en le gardant pour lui, soit il y a quelque chose qui va au-delà et qui s’appelle la fraternité.

Frédéric Couchet : Ce texte dont tu parles, « idéalisme pragmatique », on le trouve sur le site du projet GNU, gnu.org ; la référence sera aussi sur le site de l’April dans la page consacrée à l’émission. Ce texte date d’une vingtaine d’années, de mémoire, je pense.

Véronique Bonnet : Oui. Il date du début, parce que dès le début du projet GNU, il y a cette teneur d’intransigeance idéaliste qui, bien sûr, va déboucher sur la tentative ; alors au début il essaie de maintenir Lisp indépendamment de cette session à Symbolics, ensuite il s’aperçoit qu’il ne pourra pas le faire et c’est là qu’il fédère des programmeurs ayant comme lui un sens moral, c’est-à-dire partageant cette visée d’une société qui sera meilleure.

Frédéric Couchet : Le projet GNU est donc un projet fondateur pour le mouvement du logiciel libre lancé par Richard Stallman. Lisp, Symbolics, les détails seront retrouvés sur le site de gnu.org, dans l’article « Idéalisme pragmatique ».

Véronique Bonnet : « Idéalisme pragmatique », oui.

Frédéric Couchet : C’est un texte fondateur parmi des textes importants. Ça me permet de préciser que le site de gnu.org est traduit en français principalement par le groupe de travail Traduction de la philosophie GNU de l’April, ce qui permet de mettre à disposition ces textes en français.
Cet idéalisme pragmatique implique, comme tu l’as dit tout à l’heure, que le logiciel doit être libre. Est-ce que tu peux détailler cette partie s’il te plaît ?

Véronique Bonnet : Il y a bien dans le texte intitulé ainsi et dont les références seront également sur le site de l’April, l’idée que si dans notre vie quotidienne, pour préparer un repas pour ses amis, on avait à se plier à des licences qui imposeraient de se référer à telle manière de procéder de tel cuisinier — on ne pourrait déroger à la recette, on ne pourrait pas ôter du sel, en ajouter —, vous avez d’une façon très pragmatique l’idée que les mathématiques ne sont pas, elles, sous copyright. Il n’y a aucune raison que l’informatique se trouve sous copyright, que la cuisine se trouve sous copyright. Souvent il y a deux arguments en faveur du logiciel propriétaire : l’argument affectif, l’argument économique qui bloquent complètement les choses sans qu’on voie à quel point ceci verrouille la société et notamment porte atteinte à la liberté, à l’égalité et à la fraternité des humains.
Donc dès le tout début de ce texte qui s’appelle « Pourquoi le logiciel doit être libre », vous avez à imaginer ce que ce serait si les recettes de cuisine étaient logées à la même enseigne que les logiciels : comment modifier cette recette ? Et là, si on ne peut pas le faire, si on ne peut pas ôter le sel, il va y avoir des procédures infinies pour joindre l’auteur de ce qui est sous copyright, il n’aura pas le temps de modifier. Par des formes très prosaïques et très quotidiennes, et là je crois que c’est la marque du discours de Richard Stallman, on arrive à voir l’absurdité de ce que serait une société totalement partitionnée par des contraintes qui empêcheraient donc de propager, de diffuser dans une fraternité, une inventivité qui, dans le registre humain, relève de la rencontre de plusieurs.

Frédéric Couchet : Tu parles de fraternité. Ça me permet de rappeler qu’en France, quand Richard Stallman fait une conférence, il commence très souvent par l’expression : « Je peux définir le logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité » et, de temps en temps, il rajoute un commentaire par rapport au pouvoir politique présent en France qui n’est pas dans cet état d’esprit-là, quels que soient les pouvoirs politiques. En tout cas liberté, égalité fraternité.

Véronique Bonnet : Sur la liberté, il ne s’agit pas du tout d’une liberté telle que l’entendrait par exemple même ce qu’on appelle le mouvement open source, avec l’idée que s’il y a beaucoup d’utilisateurs, si on permet l’accès au code source, il y aura beaucoup de rapports de bugs et donc ça marchera mieux, ça permettra de trouver des solutions pour réparer les bugs, donc il y aura une grande puissance du programme. Il s’agit d’une liberté aussi bien ce qui m’oblige moi, c’est-à-dire une autonomie, quand je fais quelque chose j’y réfléchis à deux fois avant de voir si, par là, la société va se trouver dégradée, améliorée ; ça m’engage dans mon rapport aux autres, dans mon rapport au monde et donc il me semble qu’il est très important de bien regarder, j’en reviens à cet article « Pourquoi le logiciel doit être libre », les arguments qui font que très souvent, quand on écrit du code, on ne pense pas immédiatement aux effets sur la société.
Qu’est-ce qui se passe par exemple, là je cite Richard Stallman, lorsqu’on écrit du code propriétaire, lorsqu’on réalise un logiciel propriétaire, qu’on verrouille son usage ? Ça ressemble à, cette chose-là, l’argument affectif ressemble à ceci : « J’ai mis ma sueur, mon cœur, mon âme dans ce programme, il vient de moi, c’est le mien ! » Autrement dit liberté, ça n’est pas simplement je ne suis pas contraint à quelque chose, je fais en sorte de réaliser ce qui est mien et je me moque du reste. Il me semble que la liberté c’est ce à quoi je m’engage lorsque humain parmi les humains, effectivement je mets de ma sueur, de mon cœur et de mon âme dans quelque chose, est-ce que c’est pour le garder pour moi ? Est-ce que c’est misère affective autocentrée simplement pour empêcher que les autres l’utilisent ?

Il y a un autre argument dans « Pourquoi le logiciel doit être libre », c’est l’argument économique. C’est : je veux devenir riche et si vous ne me permettez pas de devenir riche en programmant, eh bien je ne programmerai pas. Là on est dans une liberté qui ferait également contresens, ça serait celle du libéralisme, c’est-à-dire absence d’entrave, c’est-à-dire produisez, enrichissez-vous, gardez pour vous ce que vous avez produit et que le reste du monde s’écroule ou soit privé de ce que vous faites. Il me semble que dans la philosophie GNU est affirmée une forme de prima de l’humain dans toutes ses dimensions — et c’est vrai que l’humain est peu de choses seul —, donc il me semble que ce à quoi tu faisais référence, Frédéric, c’est-à-dire liberté, égalité, fraternité, essaie de penser l’humain parmi les humains. Et ça me paraît, comme dans ma pratique philosophique, quelque chose de très essentiel.

Frédéric Couchet : En tout cas je trouve que c’est très clair et très intéressant. Est-ce que tu veux ajouter un mot de conclusion ?

Véronique Bonnet : Le mot de conclusion que je dirais c’est que le terme de philosophie GNU peut paraître intimidant, peut paraître abstrait, mais moi chaque fois que je regarde — d’où cette émission qui s’appelle « Partager est bon » ; « Partager est bon » est une phrase que dit assez souvent Richard Stallman —, moi ce qui m’intéresse dans la philosophie GNU c’est de rencontrer beaucoup de situations du quotidien, beaucoup d’analogies avec utiliser une chaise, pourquoi est-ce que n’est pas pareil d’utiliser un logiciel qu’utiliser une chaise, de manger un sandwich, quelle réécriture ça permet, quelle diffusion ça permet, il me semble que la philosophie GNU c’est aussi une philosophie du quotidien.

Frédéric Couchet : Ça me parait être une très bonne conclusion. Si je me souviens bien, quand Richard explique que « partager c’est bon », il ajoute assez souvent que « attaquer le partage c’est attaquer la société ».
En tout cas merci Véronique Bonnet, professeur de philosophie, vice-présidente de l’April, pour cette première chronique intitulée « Partager est bon » et on se retrouve bientôt. Merci Véronique.

Véronique Bonnet : À bientôt.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter la première chronique de Véronique Bonnet, professeur de philosophie, membre du conseil d’administration de l’April. Les deux textes qu’elle a commentés, donc deux textes de Richard Stallman, sont en référence sur le site de l’April, april.org.
Vous écouter toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur causecommune.fm. Nous allons faire une nouvelle pause musicale. Le morceau s’appelle Pizzicato de Ehma.

Pause musicale : Pizzicato de Ehma.

Voix off : Cause Commune 93.1

Frédéric Couchet : Vous venez d’écouter Pizzicato de Ehma. La référence vous la trouvez sur le site de l’April. J’en profite pour rappeler que les musiques que nous diffusons sont sous licence libre permettant une réutilisation comme vous voulez : vous pouvez les partager avec vos amis, vous pouvez les modifier éventuellement même pour des objectifs commerciaux, donc licence Art libre en général ou licence Creative Commons Partage à l’identique. Là c’était Pizzicato de Ehma.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.

Nous allons maintenant poursuivre par la chronique de Marie-Odile Morandi « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Normalement Marie-Odile est avec nous au téléphone. Bonjour Marie-Odile.

Marie-Odile Morandi : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Quels sont tes coups de cœur aujourd’hui ?

Marie-Odile Morandi : La dernière fois j’avais parlé d’une émission qui concernait l’éducation et qui avait été pour moi un véritable coup de cœur.
Cette foi-ci j’ai prévu de présenter les transcriptions de trois interventions différentes, mais qui, je pense, se complètent et en quelque sorte se répondent.

Frédéric Couchet : Quelles sont ces trois transcriptions ?

Marie-Odile Morandi : Toutes les semaines, trois ou quatre membres de l’April se réunissent pour parler pendant une quinzaine de minutes, de façon simple et accessible à tous, d’un sujet d’actualité. La discussion est enregistrée, le podcast est transcrit. Vous pouvez donc non seulement écouter, mais lire ces « Décryptualité. »

En début d’année, le « Décryptualité » du 7 janvier était intitulé : « Donner des sous aux projets libres suffit-il à les financer ? » Les intervenants souhaitaient parler des étrennes et des sollicitations auxquelles chacun d’entre est soumis pour soutenir les causes diverses et variées qui lui tiennent à cœur. « Pourquoi soutenir le logiciel libre ? » était la question posée.
Certes dans le milieu professionnel, les développeurs qui travaillent sur le logiciel libre sont payés, mais il y a énormément de développeurs qui sont des bénévoles ou quasi bénévoles, qui travaillent avec très peu de moyens, et même qui développent des logiciels dans leur coin et il arrive que ces logiciels servent dans le monde professionnel.
Dans ce « Décryptualité » la comparaison faite avec les GAFAM souligne immédiatement le déséquilibre, la distorsion. Les chiffres concernant ces GAFAM sont hallucinants, à donner le vertige : Google, Amazon, Facebook, et autres sont assises sur des centaines de milliards de dollars. Leurs bénéfices exorbitants se comptent en dizaines de milliards de dollars.
Ce qui m’avait interpellée, c’est la question d’un des participants : « Que vont faire ces entreprises de cet argent ? Elles vont bien s’en servir pour quelque chose ? Et s’en servir pour quoi ? »

Frédéric Couchet : Justement, où peut-on trouver la réponse à cette question ?

Marie-Odile Morandi : Pour trouver la réponse je souhaite maintenant parler de l’association Framasoft et en particulier de sa campagne « Dégooglisons Internet » qui a débutée en 2014, suivie du projet « Contributopia » qui a été lancé en 2017. Plusieurs conférences sur le sujet ont été transcrites, en particulier des conférences de son directeur-délégué général Pierre-Yves Gosset.
Je voulais m’attarder uniquement sur le début des conférences de Pierre-Yves et j’ai choisi la conférence intitulée : « Contributopia », Dégoogliser ne suffit pas. », qu’il a donnée au Capitole du Libre en novembre 2017.
La domination économique exercée par les GAFAM est détaillée de façon précise : ces cinq entreprises du numérique représentent les plus grosses capitalisations boursières mondiales et contrôlent une énorme partie de l’argent qui circule. L’argent disponible sur leurs comptes en banque respectifs se compte en milliards de dollars. Et que font-elles de cet argent ? Eh bien elles investissent et Pierre-Yves parle de colonisation : petit à petit elles grignotent des parts du Web et ainsi elles s’implémentent dans Internet. Comme les noms sont différents, on a l’impression qu’il s’agit d’entreprises différentes, mais en fait les applications que nous utilisons ont, dans leurs capitaux, des fonds qui appartiennent aux GAFAM : Amazon Airbnb WhatsApp Facebook. Linkedin Microsoft.
En plus en 2015 Google est devenu le groupe Alphabet et ses filiales s’activent dans tous les domaines, d’où cette impressionnante domination économique puisque avec tant d’argent on peut acheter n’importe quelle entreprise sur la planète.
Pierre-Yves nous détaille deux autres dominations parce qu’avec une telle domination économique, on peut exercer sa domination dans plein d’autres domaines. Il nous parle de la domination technique : les produits de Google et Facebook sont utilisés par des milliards de personnes chaque jour. Mais, encore plus grave, la domination culturelle : Facebook influence la façon dont nous communiquons avec nos pairs, avec les autres êtres humains ; les objets que nous utilisons se ressemblent tous, les applications que nous utilisons sont soumises au même design, le leur, comme si sur la planète il n’existait qu’une seule culture. Et plus grave encore, notre morale est influencée et ce sera la morale de ces entreprises qui sera diffusée sur toute la planète.

Frédéric Couchet : Ça veut dire, en fait, que ces cinq entreprises, ces cinq majeures, mais il y en a bien d’autres qu’on appelle les géants de l’Internet ou du Web décident pour le reste du monde de comment on va interagir avec nos amis, comment les interfaces de nos appareils sont conçues, de ce que sera notre morale.

Marie-Odile Morandi : Effectivement ! Et elles sont en train de réussir à faire ce qu’on nous avait vanté comme le village mondial, mais ce village bâti sur leur seul modèle.
Ces entreprises enferment petit à petit tous leurs utilisateurs. Nous n’aurons plus aucune indépendance ; serons-nous encore capables de réfléchir de façon personnelle ?
Donc, comme le dit Pierre-Yves, il faut continuer à développer des alternatives, à développer du Libre. Pierre-Yves nous détaille les services proposés par Framasoft. Je vous laisse continuer la lecture, prendre connaissance de toutes ces solutions ainsi que du projet Contributopia en cours de réalisation.
Dans le Décryptualité présenté il y avait aussi des solutions alternatives proposées reposants sur des systèmes institutionnels sont avancées. Je vous propose d’aller en prendre connaissance et de méditer sur le sujet.

Frédéric Couchet : Avant de méditer sur ce sujet très intéressant, tu voulais nous proposer la lecture d’une troisième transcription.

Marie-Odile Morandi : Effectivement. Je voulais rapprocher ces deux transcriptions d’une troisième. Il s’agit d’une conférence qui a été donnée à PSES en juillet 2018 par Xavier Coadic et intitulée « L’idiot du village g00gle » ; Google est écrit en minuscules avec deux zéros à la place des « o ».
En fait, le village de Xavier c’est la planète et Rennes c’est l’endroit où il nous dit qu’il vit de temps en temps. Il nous explique qu’il y a 20 ans, il a utilisé les services de Google, qu’il y a dix ans il s’est mis au logiciel libre, mais en même temps il s’est rendu compte que Google a colonisé son pays, la planète. Il nous dit : « J’ai réussi, moi, à m’en sortir, mais il est encore là ! Cette année, Google est carrément venu dans mon village à Rennes. Ils ont ouvert un truc qui s’appelle « Atelier Numérique ».
Une boutique a été ouverte à Rennes et Xavier pense que Google va ouvrir des boutiques dans d’autres centres-ville, que cette colonisation va certainement se poursuivre.
Google prétend faire « du numérique citoyen d’éducation ». Xavier nous indique que les termes de communication employés par Google sont repris par d’autres personnes, des politiques, des associations. On leur dit : « Google va vous éduquer, vous, les idiots, au numérique. Avant je me sentais idiot du village et maintenant, on me le dit »

Frédéric Couchet : Sa révolte est passée par plusieurs phases, visiblement.

Marie-Odile Morandi : Oui effectivement. Le choc, ensuite le déni. Il nous dit qu’il appartient à un collectif, qu’il n’agit pas tout seul, et son collectif a fait un recensement de tout ce qui s’est fait à Rennes pendant ces 20 dernières années concernant le numérique. Il est passé par colère, il est passé par la résignation. Xavier nous explique qu’il a même subi « des menaces » et il évite de trop parler parce que des entités pourraient être ennuyées, des personnes dans leur travail, dans divers secteurs comme le secteur associatif, et c’est même inquiétant ! Il est passé par tristesse, par l’acceptation et maintenant il nous explique qu’il entame une phase de reconstruction.
Xavier nous propose des solutions pour cette reconstruction. Il nous faut l’écouter, si vous en avez le temps lire la transcription et, chacun selon ses possibilités, l’accompagner dans sa démarche.

Frédéric Couchet : Écoute merci Marie-Odile. Est-ce que tu veux résumer pourquoi tu nous a présenté ces trois transcriptions ?

Marie-Odile Morandi : Eh bien je pense que dans chacune des transcriptions de ces trois enregistrements, les intervenants, chacun à sa manière, parlent de la même gravissime situation que les responsables en tout genre n’ont pas encore mesurée. Il en va de notre libre arbitre, de nos libertés numériques, mais surtout de notre liberté en général.

Frédéric Couchet : Merci Marie-Odile. J’en profite pour indiquer que les références de ces transcriptions sont sur le site de l’April dans la page consacrée aux références de l’émission. Il y a également les informations pour vous informer sur le groupe Transcriptions que Marie-Odile anime parce que s’il y a des transcriptions c’est parce qu’il y a des gens comme Marie-Odile, qui transcrivent et il y a aussi des gens qui relisent. N’hésitez pas si vous avez un peu de temps pour relire ou transcrire ; des fois il y a des transcriptions qui sont un peu longues, des conférences ou même des émissions d’une heure, une heure et demie, mais des fois comme dans le cas des chroniques que nous faisons à la radio, il y a des chroniques qui durent 15 minutes et qui prennent peut-être une heure à transcrire. En tout cas ce groupe de travail Transcriptions est ouvert à toute personne. N’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’April, a, p, r, i, l point org et vous y trouverez les références pour rejoindre ce groupe et travailler de concert avec Marie-Odile.
Marie-Odile, je remercie et je te dis au mois prochain.

Marie-Odile Morandi : Entendu. Merci.

Frédéric Couchet : Bonne journée.

Marie-Odile Morandi : Nous accueillons toutes les bonnes volontés. Soyez les bienvenus.

Frédéric Couchet : Exactement ! Nous allons passer une petite pause musicale. Un artiste qu’on a déjà écouté, Jahzzar, et le morceau s’appelle Sappy.

Pause musicale : Sappy par Jahzzar.

Voix off : Cause Commune 93.1

Frédéric Couchet : Vous écoutez l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.
Nous venons d’écouter Sappy par Jahzzar. C’est en licence Creative Commons Partage à l’identique et vous trouvez la référence sur le site de l’April.

Nous allons passer maintenant à notre sujet suivant avec la deuxième chronique de Vincent Calame intitulée « Jouons collectif ». Vincent est informaticien, également bénévole à l’April. La description de cette chronique c’est : choses vues, entendues et vécues autour de l’usage des logiciels libres au sein de collectifs, donc associations, mouvements, équipes en tout genre ; témoignage d’un informaticien « embarqué », entre guillemets, au sein de groupes de néophytes. Rebonjour Vincent.

Vincent Calame : Rebonjour.

Frédéric Couchet : Le thème du jour de ta chronique c’est « ça fonctionnait, cela ne fonctionne plus » , en gros le couple infernal innovation-régression.

Vincent Calame : Oui, tout à fait. La grande phrase qu’on redoute d’entendre tous les jours c’est « ça marchait et maintenant ça ne marche plus ! » J’ai même eu droit il y a dix jours à « ça ne marche pas » sans aucun autre détail. Ce sont souvent effectivement les non-informaticiens qui s’adressent à vous parce que, tout d’un coup, quelque chose ne fonctionne plus sur leur poste, avec toujours, comme je disais, peu de détails sur les raisons et c’est pour ça que ce genre de phrase entraîne une vraie enquête policière pour savoir quelle est la source du problème.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc là tu parles de personnes utilisatrices qui appellent le service, en gros, informatique ou la personne qui s’y connaît un peu plus qu’elles pour lui dire : là ça ne fonctionne plus ou ça ne marche pas. Donc tu arrives et ton rôle est un peu d’essayer de comprendre ce qui fonctionnait avant et ce qui ne fonctionne plus maintenant. C’est ça ?

Vincent Calame : C’est ça. Et pourquoi ? Parfois ça vient de la personne elle-même mais souvent elle dit : « Il y a une semaine j’ai fait exactement la même chose et ça marchait et maintenant ça ne marche plus ! » Il y a parfois de vraies raisons matérielles, parce que l’informatique ce n’est pas que du virtuel c’est aussi des réseaux, de l’électricité, donc des disques durs qui flanchent, récemment on a un bloc électrique chez notre fournisseur d’accès qui a grillé, donc ça c’est la première raison qu’on peut éliminer rapidement.
L’autre piste qu’on cherche c’est souvent les serveurs puisque ce sont souvent eux qui, également, s’arrêtent inopinément soit parce qu’ils ont une surcharge et ainsi de suite, et c’est ce qu’on va fouiller parce que, maintenant, énormément des applications utilisées fonctionnent sur le serveur et c’est en général le serveur qui a un problème.

Frédéric Couchet : Il faut peut-être expliquer ce qu’est un serveur ; peut-être qu’il y a des gens qui ne savent pas exactement ce qu’est un serveur informatique.

Vincent Calame : Oui. En fait un serveur c’est un ordinateur qui est connecté en permanence à Internet, qui fonctionne en permanence sur Internet et qui attend la sollicitation des utilisateurs, qui va fournir un service, d’où le nom serveur. L’exemple le plus typique c’est le site web. Les sites web sont fournis par des serveurs. Quand vous êtes sur votre navigateur, que vous allez sur une adresse, sur arpil.org, il y a un serveur derrière qui répond à votre demande.

Frédéric Couchet : Ou dans une association, par exemple, ça peut être le serveur de fichiers. C’est-à-dire que les fichiers ne sont pas physiquement, par défaut, sur votre ordinateur local, à vous, mais sur un serveur donc une machine qui est localisée ailleurs dans l’espace, peut-être que ça va être au même endroit physiquement mais dans une pièce fermée, ou sur Internet, et vous récupérez ces fichiers depuis ce serveur de fichiers. Effectivement une cause de dysfonctionnement dont tu parlais, ce sont les causes de dysfonctionnement matérielles du serveur : un disque dur qui « tombe en rade » entre guillemets, donc il faut le remplacer.

Vincent Calame : Voilà. Le serveur est très pratique parce que tout est concentré à un endroit mais évidemment, une fois qu’il a une panne, c’est terminé. Quand on recherche les causes de la panne c’est ce qu’on recherche en premier parce que ce sont les plus courantes, mais une fois qu’on a exploré ces pistes et qu’on se rend compte qu’il n’y a pas de problème matériel, il faut se pencher un peu plus et là on affronte le dernier suspect, qui est le principal suspect et le plus sournois, qui est une mise à jour qui a mal tourné.

Frédéric Couchet : Une mise à jour de logiciel.

Vincent Calame : De logiciel. C’est-à-dire qu’il y a eu un changement dans le code et ce changement dans le code a entraîné des erreurs qui n’ont pas été remarquées avant : pendant la phase de développement du code cette erreur n’avait pas été relevée.

Frédéric Couchet : C’est-à-dire qu’il n’y a pas suffisamment de tests qui ont été faits ou que tous les cas de figure n’ont pas été testés et finalement, la personne qui s’en rend compte, c’est l’utilisateur ou l’utilisatrice qui a un besoin et qui, tout d’un coup, suite à un rajout de code, ce besoin ne fonctionne plus ou fonctionne différemment qu’avant.

Vincent Calame : Tout à fait. Quand on produit soi-même son code et qu’on a des utilisateurs, on sait d’où ça arrive : c’est qu’on a introduit une nouvelle fonction, qu’on a oublié un cas de figure isolé, qu’on n’avait pas cliqué. Mais ça arrive, en fait, pour tous les logiciels, qu’ils soient libres et également privateurs, on y reviendra. C’est quelque chose qui est dur à identifier.
Je reviens sur le concept des mises à jour. Les mises à jour sont permanentes. Quand on a un système d’exploitation installé sur son ordinateur, on a toujours des mises à jour proposées sur une foultitude de logiciels. Le logiciel incriminé, qui est la source du problème, est parfois difficile à identifier.
Dans les exemples que j’ai connus de problèmes de mises à jour, même pour des logiciels très grand public, logiciels libres très grand public comme Firefox, c’est souvent lié aux questions des extensions. Les extensions c’est quoi ? Beaucoup de logiciels proposent un noyau dur, on va dire, et offrent la possibilité à d’autres codeurs de programmer des extensions qui résolvent un cas particulier. C’est à la fois un système très efficace parce qu’il peut proposer beaucoup de nouvelles fonctions pour un logiciel, mais le problème de ce système c’est que souvent l’extension n’est pas développée au même rythme que le noyau principal du logiciel et on se retrouve, tout d’un coup, avec une extension qui ne marche plus parce que le logiciel principal a été mis à jour. Souvent ça peut aussi ne pas marcher pour de très bonnes raisons. Si je reprends l’exemple de Firefox, il y a un an et demi ou deux ans, ils ont sorti une nouvelle version.

Frédéric Couchet : La version Quantum.

Vincent Calame : Oui, avec beaucoup de changements, mais également des changements dans la gestion des extensions. Il y des extensions utiles qui n’ont pas été adaptées ou qui ont pris quelques mois avant d’être adaptées à la nouvelle version.

Frédéric Couchet : Ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’on peut s’imaginer qu’un même logiciel est développé par une équipe unique, mais pas forcément ! Le cas de Firefox, comme tu dis, il y a le cœur de Firefox qui est développé principalement par la Mozilla Foundation, mais tous ses greffons, ses extensions sont développées par des personnes à l’extérieur. Il y a deux ans, à peu près, il y a eu la sortie de Firefox Quantum. Mozilla a décidé de revoir son mode de développement des extensions pour les rendre compatibles avec d’autres systèmes, donc la volonté était très positive, il y a eu une annonce très tôt en avance, mais, effectivement, toutes les équipes extérieures n’ont pas forcément mis à jour leurs extensions pour s’adapter à ce nouveau mode de communication, on va dire, avec Firefox. Donc aujourd’hui, je crois que chacun d’entre nous le vit régulièrement, il y a des extensions qui nous plaisaient bien qui n’ont pas été migrées sur cette nouvelle version.

Vincent Calame : Quand on est informaticien, on comprend, on l’accepte.

Frédéric Couchet : On ne l’accepte pas forcément mieux des fois !

Vincent Calame : Ce qui est plus compliqué, justement, c’est d’expliquer à des non-informaticiens pourquoi l’extension qui leur était utile dans leur travail quotidien tout d’un coup n’a pas fonctionné, n’est plus disponible. Donc il y a des efforts de pédagogie à faire et il y a des efforts de recherche, parce qu’un de mes rôles c’est justement de trouver aussi une solution pour résoudre ce problème : soit trouver une extension équivalente qui a à peu près les mêmes fonctions mais qui, elle, est à jour, soit en cherchant dans les forums, en cherchant dans les sites des pistes. J’ai eu récemment un problème assez rigolo entre deux logiciels assez importants puisque c’est Thunderbird, logiciel de messagerie et Nextcloud qui est un logiciel de…

Frédéric Couchet : D’hébergement de données.

Vincent Calame : D’hébergement de données, notamment de calendrier partagé. J’utilisais dans le cadre de mon travail, enfin de l’équipe que j’aide, Nextcloud comme lieu de partage de calendrier lu directement dans Thunderbird. Tout marchait. Nous étions sur ownCloud, nous sommes passés à Nextcloud, le même logiciel mais un peu différent et il se trouve que cette version de calendrier ne fonctionnait plus avec la nouvelle version de Thunderbird. En plus c’est difficile à identifier parce que ça fonctionnait toujours pour des gens qui n’avaient pas leur Thunderbird à jour, alors que pour les nouveaux ça ne fonctionnait plus. Et là, en cherchant sur Internet, d’abord on découvre très vite qu’on n’est pas le seul dans le cas.

Frédéric Couchet : C’est ça qui est quand même très intéressant : à partir du moment où on fait une recherche sur Internet on se rend compte qu’on est plusieurs à avoir le même souci et assez souvent on trouve soit la solution, la correction, soit ce qu’on peut appeler, des fois, le bricolage, le contournement.

Vincent Calame : Voilà ! Ça évidemment c’est la force du logiciel libre et de la culture de partage. Il y a une pratique, effectivement ancrée dans les mœurs, de publicité des problèmes. On assume aussi, dans le logiciel libre, qu’il peut y avoir des problèmes, des anomalies, on ne les cache pas. Les plus gros logiciels, presque tous d’ailleurs, ont des lieux de rapports où on peut pointer les anomalies pour les communiquer à l’équipe de développement. Et ça ce sont des sources très précieuses quand on fait des recherches où on tombe sur ces rapports d’anomalies qui nous permettent, parce que c’est souvent dans ces rapports d’anomalies qu’il y a la solution. Dans cet exemple Thunderbird/Nextcloud, c’est là que j’ai trouvé qu’il y avait un paramètre à changer dans Thunderbird.

Frédéric Couchet : D’où l’importance, quand on rapporte une anomalie, que ce soit sur un site web via un forum ou quelqu’un qui est un professionnel, de bien décrire l’anomalie. C’est un travail important de discussion entre la personne technique, on va dire, et la personne utilisatrice parce que la personne utilisatrice a ses propres mots, elle voit ses propres problèmes, mais le fait de l’accompagner pour expliquer exactement ce qui se passe, notamment pas à pas, permet de qualifier l’anomalie et ensuite de rendre plus simple de trouver, finalement, soit la correction, soit le bricolage.

Vincent Calame : Oui. Plus il y a de détails mieux c’est pour le codeur. Parce que, effectivement, comme je disais, quand on dit « ça ne marche pas », on ne va pas très loin. En fait il y a une chaîne de causalités à « ça ne marche pas ». Il y a une phrase qui dit que le problème est entre l’écran et la chaise.

Frédéric Couchet : Entre la chaise et le clavier.

Vincent Calame : Pour dire que c’est l’utilisateur. Mais je trouve que c’est souvent faux, d’ailleurs, ce n’est pas souvent l’utilisateur ce sont effectivement les logiciels qui ont un problème, mais il faut repérer et souvent il faut comparer. Ce qui est souvent intéressant c’est de dire pourquoi ça marche sur un poste et pas sur l’autre, par exemple.

Frédéric Couchet : Emmanuel Charpentier.

Emmanuel Charpentier : Moi qui suis informaticien aussi, je vois ça régulièrement le « ça ne marche pas » et à chaque fois j’ai l’impression que c’est un crime qui vient d’arriver et c’est une enquête policière qui va démarrer à partir de ce moment-là. Qu’est-ce qui ne marche pas exactement ? Dans quel contexte ? Quand ? Est-ce que c’est renouvelable ? Est-ce que j’arrive à le renouveler dans d’autres environnement ? C’est une vraie enquête policière et il faut trouver le coupable et malheureusement c’est souvent soi-même, le développeur, qui est le coupable donc on regrette d’avoir fait ça.

Frédéric Couchet : Le côté renouvelable c’est le côté reproductible. Est-ce que la personne qui va essayer de résoudre le problème peut le reproduire sur un environnement identique ? Des fois, ce qui perturbe les utilisateurs et les utilisatrices, c’est que l′on n’y arrive pas, parce que l’environnement n’est pas exactement le même ou que la personne qui a rapporté le bug n’a pas décrit totalement l’opération, donc la personne qui tente de le corriger fait autre chose et ne voit pas forcément le problème. Moi je l’ai eu récemment sur un site web de commande de chocolats en ligne où la personne ne faisait pas exactement la même chose que celle que moi je faisais. Elle me disait : « Ça fonctionne ! — Mais non regardez ! » Finalement on a réussi à tomber d’accord qu’il y avait un problème qu’ils ont réussi à corriger.

Vous êtes tous les deux informaticiens, d’ailleurs logiciel libre, tu as commencé à en parler, mais, pour finir la chronique, l’avantage du logiciel libre par rapport au logiciel privateur ce n’est pas simplement le fait qu’en tant qu’informaticien tu as accès au code source et, potentiellement, tu peux corriger, parce que là on parle de gros logiciels donc c’est compliqué, c’est aussi cet aspect de transparence : on ne cache pas les bugs on les affiche. Sur ces forums soit dédiés, spécialisés sur un logiciel, soit des forums plus généralistes où avec des mots clefs, on trouve assez rapidement, enfin on arrive à trouver des éléments qui nous permettent de progresser. Ça c’est une des forces du logiciel libre par rapport à cette problématique de « ça fonctionnait, ça ne fonctionne plus ! »

Vincent Calame : Complètement. Une des autres forces c’est que parfois on peut revenir en arrière. Je l’ai vécu aussi dans le cas de logiciels privateurs, d’un logiciel compta, où une nouvelle version du logiciel n’offrait plus une fonction d’exportation qui nous était bien utile. Dans ce cas-là la mise à jour était faite, nous avons dû payer l’entreprise pour avoir à nouveau cette fonction et c’était effectivement compliqué de revenir en arrière là-dessus ; on était pieds et poings liés sur ce point. On a abandonné le logiciel ensuite, mais ça sera l’objet d’une autre chronique sur la question des migrations qui ne sont pas toujours évidentes.
J’ai pu le vivre aussi avec notre système d’imprimante où il y avait un pilote pour Linux mais propriétaire et j’ai réussi à tomber sur un site qui montrait comment ça fonctionnait, mais pas du tout cette diversité de résultats qu’on peut avoir quand il s’agit d’un logiciel libre.

Frédéric Couchet : Oui. Tu parles d’imprimante. Pour les personnes qui cherchent à acheter des imprimantes, il y a des fabricants qui listent très précisément les imprimantes qui sont compatibles avec des systèmes libres. À chaque fois que nous on en achète c’est ce qu’on fait : on vérifie de manière à pouvoir, effectivement, piloter une imprimante de manière totalement libre.
Et le point dont tu parlais, le fait qu’on peut revenir en arrière, c’est-à-dire qu’on peut soit réinstaller une version ancienne du logiciel, l’autre point c’est qu’on n’est pas obligé de mettre à jour tout le temps. C’est vrai que dans le monde du logiciel privateur il y a une « course à l’armement » entre guillemets : « Mettez à jour, mettez à jour ! ». Dans le logiciel libre on n’est pas forcément obligé, mais un point essentiel c’est que quand on fait une mise à jour on anticipe, on essaye de voir quelles problématiques il pourrait y avoir et là ça prend du temps. Ce n’est pas une migration en tant que telle, mais finalement, une mise à jour majeure d’un logiciel c’est quasiment une migration, donc il faut la réfléchir dans ces termes-là.

Vincent Calame : Oui. Il ne faut pas la faire à la légère. C’est toujours bien de pouvoir tester sur un autre serveur ou sur un autre ordinateur. Dans mes équipes tous nos ordinateurs sont identiques, donc je commence toujours par en faire une, puis on fait le point au bout d’une semaine. Ces logiciels sont très testés donc c’est souvent dans les petits détails, les petites fonctions auxquelles on ne pensait pas, parce que soi-même on ne les utilise pas, que se cache le problème.

Frédéric Couchet : Exactement. Tu voulais ajouter quelque chose Emmanuel.

Emmanuel Charpentier : Moi j’ai une autre approche, c’est l’approche du baby steps : on fait des petites étapes et des petites migrations dans un parc hétérogène. C’est une autre philosophie, une autre façon de voir la chose, donc j’aurais tendance à faire des migrations quasiment dès qu’on peut, tous les jours, autant que possible, mais pas forcément tout le monde, pas forcément sur tous les postes et sur des postes hétérogènes. Ce qui permet de voir les problèmes au fur et à mesure, de les corriger sur la prochaine mise à jour et on peut faire ça tous les jours. J’utilise un système d’exploitation qu’on met à jour régulièrement, Debian par exemple, et qui me permet de mettre à jour très souvent mes logiciels. Effectivement je vois des bugs arriver et repartir assez rapidement aussi.

Vincent Calame : C’est ton système d’exploitation à toi. Ton ordinateur.

Emmanuel Charpentier : Oui, bien sûr !

Vincent Calame : Ce n’est pas du tout la même chose quand il s’agit de gérer les ordinateurs de tes camarades qui, eux, veulent que ça marche.

Emmanuel Charpentier : Cette philosophie aussi, par exemple, pour un serveur web, quelque chose qui va vous fournir un service. Vous voulez commander des chocolats, cette commande, le système qui permet de commander les chocolats on peut envisager le Big Bang, c’est-à-dire une fois par an on fait une nouvelle mise à jour du système ou, au contraire des baby steps, des pas de bébé, c’est-à-dire que régulièrement, toutes les semaines, toutes les deux semaines, on fait un sprint, on travaille dessus et on fait une mise à jour partielle du système. Effectivement il y aura des bugs, il y aura des problèmes, il faut les envisager, mais ! Philosophie de déploiement, ce n’est pas toujours simple.

Frédéric Couchet : Ce sont deux philosophies de déploiement. On pourrait laisser Vincent et Emmanuel parler pendant deux heures. Emmanuel va avoir l’occasion de reprendre la parole après pour sa chronique. Mais même les baby steps peuvent entraîner des régressions ailleurs.

Emmanuel Charpentier : Ah, mais terriblement ! Bien sûr !

Frédéric Couchet : C’est l’intérêt aussi de faire comprendre aux personnes que l’informatique ce n’est pas magique, que ça ne fonctionne pas par magie, et que quand ça ne fonctionne plus il y a des raisons qui ne sont souvent pas liées, effectivement, à la personne qui utilise l’ordinateur, parce que dans le logiciel privateur, malheureusement c’est quelque chose qu’on avait eu tendance à pousser, en tout cas à faire croire aux gens « Ah, j’ai fait quelque chose de mal », alors que c’est un logiciel qui a eu simplement un problème.
Vincent est-ce que tu as quelque chose à ajouter avant qu’on passe à la pause musicale.

Vincent Calame : Non, pour la prochaine chronique.

Frédéric Couchet : Non. On se retrouve le mois prochain pour la prochaine chronique de Vincent Calame « Jouons collectif ». On va faire une petite pause musicale avant le dernier sujet. Nous allons écouter un morceau qui s’appelle A Delicate Assignment par Exchanger et on se retrouve juste après.

Pause musicale : A Delicate Assignment par Exchanger

Frédéric Couchet : Vous êtes toujours sur Cause Commune 93.1 en Île-de-France et sur causecommune.fm.
La référence musicale que nous venons d’écouter vous la trouvez sur le site de l’April et j’en profite pour faire un petit coucou à notre admin sys bénévole Quentin Gibeaux, vu que c’est un de ses camarades qui a fait cette musique.

Nous allons terminer l’émission par un échange avec Emmanuel Charpentier qui a commencé à parler sur le sujet précédent.

Emmanuel Charpentier : Je n’ai pas pu m’en empêcher !

Frédéric Couchet : Voilà ! Vous l’avez compris, Emmanuel est informaticien et bénévole à l’April. Il s’occupe notamment de trois sujets : l’Agenda du Libre, la revue de presse, Décryptualité dont Marie-Odile a parlé tout à l’heure. On va commencer par l’Agenda du Libre. Emmanuel est-ce que tu peux nous présenter ce qu’est l’Agenda du Libre ?

Emmanuel Charpentier : C’est un site web avec un serveur derrière, justement, qui présente et qui essaye d’agglomérer, d’amalgamer un petit peu toutes les activités qui touchent le Libre et pas que le logiciel libre mais le Libre en général. Ça peut concerner des graines libres, des musiques libres, de l’Art libre ou du matériel libre et autres, d’autres choses encore. Vous voulez organiser quelque chose, une rencontre, une installe-partie par exemple, vous allez sur agendadulibre.org et vous proposez cette activité en indiquant sur quel lieu elle se déroule, à quel moment ; s’il y a des conditions particulières d’accès par exemple. Ensuite les gens peuvent s’abonner au flux, peuvent faire des recherches dans leur région, voir un petit peu ce qui se passe autour d’un lieu en particulier ; il y a des cartographies qui permettent de remonter un petit peu tout ça. On peut aussi enregistrer des organisations, des associations, des GULL, des groupes d’utilisateurs de logiciels libres, des administrations, des EPN.

Frédéric Couchet : EPN, espaces publics numériques.

Emmanuel Charpentier : Exactement. Des entreprises. Et toutes ces organisations qui font du Libre de près ou de loin peuvent indiquer à quel endroit elles sont. Si vous, vous voulez installer sur votre ordinateur un système d’exploitation libre, eh bien il n’y a rien de mieux que d’aller voir une association qui est un petit peu connaisseuse du domaine, qui va vous aider, vous prendre par la main et mettre en place un petit peu tout ça.
Sur l’Agenda du Libre on essaye de regrouper et de proposer vraiment un panel de tout ce que vous pouvez trouver comme activités. En ce moment, notamment, on fait Libre en Fête 2019 dont Isabella parlait tout à l’heure.

Frédéric Couchet : Libre en Fête dont a parlé tout à l’heure Isabella. Sur l’Agenda du Libre, les évènements Libre en Fête sont reconnaissables, je crois, par une petite pâquerette si je me souviens bien, vu que c’est un peu le logo de Libre en Fête. L’Agenda du libre ce n’est pas un projet que tu as lancé !

Emmanuel Charpentier : C’est un vieux projet.

Frédéric Couchet : C’est un vieux projet. Je vais faire appel à ta mémoire parce que je n’ai pas vérifié avant l’émission : est-ce que tu te souviens de quand date ce projet ?

Emmanuel Charpentier : Ça doit être au moins 2003, je pense.

Frédéric Couchet : J’aurais dit 2003/2004, lancé par Thomas Pettazzoni.

Emmanuel Charpentier : Rodolphe Quiedeville.

Frédéric Couchet : Rodolphe Quiedeville, Excuse-moi.

Emmanuel Charpentier : Mais tu as raison sur le fait qu’il y a eu un passage de flambeau à un moment donné.

Frédéric Couchet : Mon ami Rodolphe Quiedeville

Emmanuel Charpentier : Oui, en plus c’est un ami à toi.

Frédéric Couchet : Qui existe donc depuis une quinzaine d’années. Il y a combien d’évènements par an qui sont référencés à peu près ? C’est 2000 ?

Emmanuel Charpentier : On doit être à 2000, quelque chose comme ça. J’ai les statistiques sous les yeux.

Frédéric Couchet : Je précise qu’Emmanuel est en train de regarder sur son téléphone mobile pour les statistiques.

Emmanuel Charpentier : Oui, parce que ça marche !

Frédéric Couchet : Mais en gros ?

Emmanuel Charpentier : On a dépassé les 2200, on arrive à 2200 en ce moment par année.

Frédéric Couchet : Donc 2200 par année. C’est quand même beaucoup d’évènements, Comme le dit Emmanuel on retrouve aussi les structures qui permettent d’aider les personnes à découvrir le logiciel libre.

Emmanuel Charpentier : Il y en a plusieurs centaines aujourd’hui qui sont enregistrées.

Frédéric Couchet : Donc on peut faire une recherche par mot clef ou par région. On trouve les groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres, des espaces publics numériques et je pense qu’on fera une émission prochainement justement sur le rôle que jouent les espaces publics numériques ou les espaces multimédias dans la découverte de l’informatique libre.
Toi, ton rôle particulier, on va peut-être finir là-dessus avant d’entamer les deux autres sujets parce que le temps passe, ton rôle particulier c’est d’avoir quand même considérablement amélioré, tout à l’heure on parlait « ça fonctionnait, ça ne fonctionne plus » ; avec l’Agenda du Libre il y a de plus en plus de fonctionnalités et très peu de régressions.

Emmanuel Charpentier : Oui. Alors que tu ne vois pas.

Frédéric Couchet : Que je ne vois pas, en tout cas en tant que personne qui soumet des évènements.

Emmanuel Charpentier : Parce que sache qu’il y en a pas mal, vraiment très régulièrement.

Frédéric Couchet : Comme dans tout logiciel, comme dans tout site web. En tout cas le fait de pouvoir mettre des évènements récurrents, c’est-à-dire, par exemple, l’évènement qui annonce l’émission Libre à vous ! est un évènement récurrent, le fait de pouvoir dupliquer un évènement. Par exemple quand je rajoute l’évènement pour l’apéro de l’April dont je vais parler juste après, je duplique le précédent évènement en changeant juste les informations essentielles, donc la date. Il y a vraiment des fonctionnalités importantes qui ont été rajoutées au fur et à mesure des années. Aujourd’hui tu es la seule personne qui travailles, qui développes dessus ?

Emmanuel Charpentier : Oui. Essentiellement je suis le développeur unique du projet, c’est du Ruby on Rails.

Frédéric Couchet : Techniquement c’est du Ruby on Rails.

Emmanuel Charpentier : Exactement. C’est hébergé sur une forge de développement gérée par Framasoft.

Frédéric Couchet : Framagit.

Emmanuel Charpentier : Exactement, donc un super endroit pour travailler et le serveur lui-même c’est un serveur April.

Frédéric Couchet : Qui est géré par l’April.

Emmanuel Charpentier : Je fais des mises à jour régulièrement, je suis en mode baby steps. Dès que je fais une petite évolution ou une correction, j’essaye de déployer aussitôt et j’ai des utilisateurs qui me rendent compte des éventuels bugs. Régulièrement on m’indique « attention il y a telle chose qui est cassée. Il y a un bouton qui fonctionnait avant ! Si, si, il fonctionnait avant, il ne fonctionne plus ! » Donc c’est une enquête judiciaire : je trouve, je corrige, je redéploie. On a un partenaire, un collaborateur, Christian Delage, qui fait les modérations d’évènements parce qu’on n’accepte pas n’importe quoi, on ne publie pas…

Frédéric Couchet : Ce n’est pas mis automatiquement.

Emmanuel Charpentier : Exactement. Ça nous évite les problèmes de spams qui seraient sinon incroyables. Donc on a Christian qui se lève très tôt le matin pour faire des mises à jour. Il améliore un petit peu, il rajoute des petites images de temps en temps parce que c’est plus joli, simplement. Grâce à lui on arrive à monter vraiment en quantité d’évènements ; c’est assez sympa !

Frédéric Couchet : Je précise que vous êtes bénévoles, parce que comme tu as employé certains termes on pourrait penser que les gens sont… Non, vous êtes vraiment bénévoles ; Christian Delage est aussi un bénévole ; il se lève tôt parce qu’il a envie de se lever tôt, il n’y a aucune obligation.

Emmanuel Charpentier : C’est son plaisir.

Frédéric Couchet : C’est son plaisir.

Emmanuel Charpentier : Il y a une compétition avec moi, à une époque, pour faire de la modération, c’était assez rigolo.

Frédéric Couchet : Voilà ! Les personnes qui veulent soit contribuer ou, en tout cas, rendre ce site utile, si vous êtes organisateur ou organisatrice d’évènement, n’hésitez pas à soumettre votre évènement sur le site, à vous inscrire au flux RSS qui vous permet d’être au courant des nouveaux évènements. Et si vous avez des talents de développeur ou de développeuse, évidemment Emmanuel Charpentier est preneur de toute contribution. C’est pareil, vous allez sur le site agendadulibre.org, vous trouverez la référence utile. Vincent ?

Vincent Calame : Je voulais juste préciser que c’est aussi facile de l’intégrer sur son propre site web. Je l’ai fait pour le site parinux.org et pour le site de Libre en Fête aussi. Il y a des mécanismes que les informaticiens connaissent bien qui permettent de valoriser cette information chez vous aussi.

Emmanuel Charpentier : De plusieurs manières différentes. Notamment on peut intégrer une cartographie assez simplement autour d’un lieu ou autour d’un mot clef.

Frédéric Couchet : OK. En tout cas on rappelle l’adresse du site agendadulibre.org. On va passer au deuxième et troisième sujets en même temps parce que, quelque part, c’est assez lié. La revue de presse et le Décryptualité. La revue de presse déjà ?

Emmanuel Charpentier : C’est en gros toutes les semaines. Ça doit dater de 2003, je crois, dans les mêmes eaux, on essaye de publier un petit peu un panorama de ce qui se dit dans les médias, les médias écrits essentiellement, qu’est-ce qui se dit sur l’April et ce qui se dit sur les logiciels libres et le Libre de manière générale, même si les logiciels sont quand même le cœur du sujet.
On a pas mal d’articles qui sont publiés toutes les semaines. On suit un petit peu l’actualité. À une époque on avait beaucoup d’articles par exemple sur HADOPI et beaucoup moins maintenant, ce qui fait plaisir, parce que HADOPI, on aime détester. C’est quand même sympa de voir que ça a diminué.

Frédéric Couchet : HADOPI existe toujours pour pas grand-chose et en pompant beaucoup d’argent public quand même ! Bon !

Emmanuel Charpentier : N’est-ce pas ! Donc on a toutes les semaines des sujets qui reviennent. On organise ça par thèmes pour éviter, justement, un déluge en fonction de l’actualité. Il y a des fois des grosses news qui viennent de sortir et qui nous submergent d’articles à lire, à regarder et à essayer d’organiser. En organisant tout ça, on a six-sept sujets chaque semaine qui remontent. Par exemple des articles sur des associations locales qui font des installations d’ordinateurs ou qui font du bricolage, des Repair Cafés par exemple, c’est assez sympa. On va remonter ça dans la revue de presse et le publier. Tout comme l’Agenda du Libre d’ailleurs, toutes les semaines on fait une petite publication sur linuxFR et april.org.

Frédéric Couchet : LinuxFR et april.org.

Emmanuel Charpentier : Donc on valorise un petit peu. On envoie aussi un mail aux adhérents de l’April. Ça permet un petit peu de voir ce qui s’est dit. Je trouve que ce n’est pas mal, même s’il y a toujours un défaut dans ce qui se dit, c’est qu’il se dit beaucoup, beaucoup de bêtises.

Frédéric Couchet : On précise que c’est une revue de presse non commentée, parce que ça nous donnerait beaucoup de travail de commenter, mais on publie effectivement, y compris les bêtises, parce qu’elles sont aussi révélatrices de ce qui se dit dans la presse.

Emmanuel Charpentier : Et pourtant cela ne t'enchante pas.

Frédéric Couchet : En régie on me précise que le générique va bientôt partir en mode tapis. On va poursuivre et terminer. Ça c’est la revue presse de l’April, pareil c’est publié sur le site de l’April, .aprilorg, sur le site de LinuxFr, linuxfr.org. Il y a des flux RSS qui vous permettent de suivre ça de façon automatique.
Décryptualité ? En 30 secondes, une minute.

Emmanuel Charpentier : Eh bien c’est la même chose que cette émission mais en beaucoup plus court et en beaucoup plus bordélique. On prend un sujet d’actualité ou un sujet qui nous intéresse, ce qui peut être la même chose, ça dépend vraiment. On est au moins deux, parfois jusqu’à six autour d’une table et on discute le lundi soir. C’est rediffusé ensuite dans la semaine notamment sur cette radio.

Frédéric Couchet : C’est effectivement rediffusé sur cette radio. Ça dure une quinzaine de minutes, c’est disponible dès le lundi soir ou le mardi matin sur le site de l’April et c’est fait principalement par une équipe bénévole donc Emmanuel Charpentier, Magali Garnero, Christian Momon, Luc Fievet, Nicolas Vinot et Nolwenn…

Emmanuel Charpentier : Je n’ai plus son nom en tête.

Frédéric Couchet : Je n’ai plus son nom en tête Nolwenn [Lavielle], son nickname est norore si je me souviens bien. Donc c’est très complémentaire et vous pouvez écouter ça, on va dire, chaque lundi soir, mardi. Écoute merci Emmanuel.

Emmanuel Charpentier : Merci à toi.

Frédéric Couchet : On a dû speeder parce qu’on avait pris un peu plus de temps sur d’autres sujets, mais c’est très intéressant, on aura évidemment l’occasion d’en reparler.

Je vais faire juste deux-trois annonces. Vu qu’on était sur l’Agenda du Libre, évidemment les évènement dont je vais parler sont sur l’Agenda du Libre.
D’abord apéro April à notre local à Paris ce vendredi à partir de 19 heures. Toutes les personnes sont les bienvenues, membres ou pas de l’April.
Tout à l’heure on parlait d’évènements pour se sensibiliser aux logiciels libres et découvrir les logiciels libres de façon pratique. Eh bien à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, samedi 2 mars, il y a le Premier samedi du Libre ; c’est chaque premier samedi, c’est à partir de 14 heures. Bien sûr vous retrouvez le programme sur l’Agenda du Libre.
Je précise aussi qu’à Limoges commence, à partir de ce vendredi, le mois du logiciel libre. C’est la treizième édition ; il y a des évènements chaque samedi. Il y a également l’Expolibre de l’April qui est présente. Ça se passe à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges. Pareil vous retrouvez les évènements sur le site de l’Agenda du Libre.

Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission, beaucoup de personnes aujourd’hui : Isabella Vanni, Évelyne Jardin, Salem Riahi, Vincent Calame, Marie-Odile Morandi, Véronique Bonnet, Emmanuel Charpentier. Et je remercie bien sûr Étienne Gonnu à la régie.

Vous retrouverez sur notre site web, april.org, toutes les références utiles ainsi que sur le site de la radio Cause Commune donc causecommune.fm. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu, mais aussi des points d’amélioration ; il n’y a pas que les logiciels qu’on peut améliorer.

Je vous souhaite de passer une belle fin de journée. On se retrouve le mardi 5 mars 2019, notre sujet principal portera sur Wikipédia et d’ici là, portez-vous bien.

Générique de fin : Wesh Tone par Realaze.