[zdnet.fr] Passe d'armes entre éditeurs de logiciels propriétaires et libres autour du rapport Attali

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« http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39377825,00.htm
Les éditeurs de logiciels propriétaires s'élèvent contre les recommandations du rapport Attali sur la « libération de la croissance », qu'ils accusent de faire la part belle aux logiciels libres.
Ce rapport préconise en effet de mettre en concurrence logiciels propriétaires et logiciels libres dans les appels d'offres, notamment publics. Et fixe comme objectif d'avoir 20 % des applications « nouvellement développées ou installées au profit du secteur public en open source » d'ici à 2012.
Une proposition qui n'est pas du goût des éditeurs propriétaires. « En défendant la promotion exclusive et discriminatoire du logiciel libre, la Commission Attali fait manifestement, à l'inverse de nos partenaires européens, le choix du désinvestissement dans l'innovation », commente l'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel).
L'Afdel, qui se revendique comme le « porte-parole de l'industrie du logiciel en France », est née en octobre 2005, sous l'impulsion notamment des éditeurs français Cegid et Dassault Systèmes ainsi que Microsoft.
Des marchés publics « fermés à l'industrie du logiciel propriétaire »
« Reposant économiquement sur un modèle de service, le logiciel libre n'a ainsi, de l'avis des spécialistes, pas débouché à ce jour sur des innovations de rupture », poursuit-elle. L'association souligne ainsi que la plupart des logiciels libres sont des clones parfois améliorés de produits déjà existants sous modèle propriétaire. Un modèle de développement qui ne participerait que marginalement à l'innovation. Et d'affirmer que les éditeurs propriétaires investissent entre 20 et 30 % de leur chiffre d'affaires en R&D, une source de création d'emplois et de valeur.
Autre critique : l'Afdel estime que les appels d'offres publics sont déjà discriminants vis-à-vis des solutions propriétaires, et le rapport Attali ne fait qu'accentuer cette « discrimination dont pâtissent déjà les 2 500 entreprises françaises dans leur accès aux marchés publics ».
Après ces attaques à charge, l'association souhaite que « la France sorte définitivement de ce débat stérile et franco-français qui veut opposer les différents modèles » et favorise plutôt leur convergence.
Des allégations infondées de l'Afdel, pour les éditeurs libres
Dans le camp de l'open source, on réagit très vivement à ces déclarations. « Les éditeurs de logiciels libres français dénoncent les allégations infondées de l'Afdel », peut-on lire dans une lettre commune signée par une dizaine d'éditeurs de logiciels libres français, dont Mandriva et Nuxeo, et soutenue par l'association Aful (*).
Ils considèrent que l'Afdel caricature les propositions du rapport Attali et mène un « combat d'arrière-garde contre une des tendances lourdes du marché de l'informatique ».
« L'Afdel est de mauvaise foi et ne défend pas les intérêts de ses membres. Elle devrait voir les logiciels libres comme une opportunité et non une menace », commente pour ZDNet.fr, Stéfane Fermigier, président de l'Aful. Il rappelle que, selon le cabinet Gartner, au moins 80 % des logiciels commerciaux contiendront des briques open source en 2011.
« Le libre profite donc même au éditeurs français 'traditionnels' qui l'intègre de plus en plus dans leurs solutions. Mais il est vrai que ceux qui n'entreprennent pas dès maintenant de s'appuyer sur le logiciel libre risquent de se voir très fortement marginalisés dans les années à venir », analyse-t-il.
(*) Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres
Pour en savoir plus : La France est devenue « un pays phare pour le logiciel libre » Les éditeurs de logiciels français, toujours modestes en Europe Logiciels libres payants : la montée du modèle hybride rencontre des résistances
Christophe Guillemin, ZDNet France »

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