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FAQ sur le Logiciel Libre

APRIL

Cédric Benharous

Olivier Berger

Benoît Sibaud

Permission vous est donnée de copier, distribuer et/ou modifier ce document selon les termes de la Licence GNU Free Documentation License, Version 1.1 ou ultérieure publiée par la Free Software Foundation ; sans section inaltérable, sans texte de première page de couverture, et sans texte de dernière page de couverture.

Une copie de cette Licence est incluse dans la section appelée GNU Free Documentation License de ce document.

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Abstract

Ce document est une FAQ (Frequently Asked Questions / Foire Aux Questions) sur les logiciels libres, il donne des réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le mouvement du Logiciel Libre. Mots-clés: Logiciel Libre, GNU, FSF, GPL, Copyleft, brevet logiciel, Open Source.


Table des matières
1. Introduction
2. La FSF et le projet Gnu.
3. Les logiciels libres.
4. Un système libre célèbre: GNU/Linux.
5. Les brevets logiciels.
6. Open Source versus Logiciel Libre.
7. Les autres associations autour du logiciel libre en France.
GNU Free Documentation License

1. Introduction

1.1. Où trouve-t-on cette FAQ ?

Vous pouvez trouver la dernière version à jour de ce document sur le site de l'APRIL.


1.2. Comment contribuer à cette FAQ.

Vous pouvez contribuer à cette FAQ en envoyant vos questions et éventuellement vos réponses à l'auteur ou alors, pour les membres de l'association, qui ont accès au référentiel CVS, en modifiant directement ce document ($Source$).


1.3. Historique de ce document.

Révision 1.0 15/04/2001

Révision totale de la FAQ.

Rajouts des sections brevets et Open Source.

Révision 0.3 ??/09/1998

Remise à jour par Benjamin Drieu.


2. La FSF et le projet Gnu.

Note : Pour des informations de première main, rédigées directement par la FSF, et traduites en français, consulter le site suivant : http://www.fsf.org/philosophy/philosophy.fr.html

2.1. Qu'est-ce que la FSF ?
2.2. Qu'est-ce que le projet GNU ?
2.3. Qui est Richard Stallman ?
2.4. Qu'est ce que le CopyLeft (Gauche d'Auteur)?
2.5. Qu'est ce que la GPL ?
2.6. Qu'est ce que la LGPL ?
2.7. Pourquoi la LGPL s'appelle-t-elle Lesser GPL au lieu de Library GPL ?
2.8. Pourquoi ne doit on pas utiliser la Lesser GPL ?
2.9. Qu'est ce que la GNU FDL ?
2.10. Les logiciels sous licence GPL appartiennent-ils au domaine public ?
2.11. Comment fait-on pour mettre son logiciel sous licence GNU GPL ?
2.12. Peut-on utiliser des versions traduites de la GPL pour poser le Copyleft sur un logiciel ?

2.1. Qu'est-ce que la FSF ?

La FSF (Free Software Foundation) a été fondée le 4 octobre 1985 par Richard M. Stallman, chercheur au laboratoire d'Intelligence Artificielle du MIT. Le but de cette fondation est de développer des logiciels libres (voir Section 3>). La FSF encourage le développement et l'utilisation de logiciels libres qui offrent une alternative émancipatrice aux logiciels propriétaires et aux restrictions sur la copie et la redistribution que leurs licences imposent.

Il est important de comprendre que le mot anglais Free dans Free Software Foundation ne doit pas être traduit comme gratuit mais bien comme libre. Ces logiciels peuvent tout à fait être vendus, mais il doit toujours exister un moyen légal de se procurer leurs sources gratuitement.

2.2. Qu'est-ce que le projet GNU ?

Le projet GNU (GNU is Not Unix), démarré en janvier 1984 avant la création de la FSF, est le premier projet de celle-ci. Son but est de développer un système d'exploitation complet, distribué selon les conditions de la licence GPL. Ce système d'exploitation reprend un certain nombre de concepts du système d'exploitation UNIX, mais ce n'est pas UNIX.

Richard Stallman a commencé ce projet seul, une année avant la création de la FSF. La première partie de ce projet consistait à écrire un éditeur avec lequel il puisse éditer le code source de ses programmes. Cet éditeur est le bien connu GNU Emacs. Puis, il a écrit un compilateur C pour pouvoir compiler son système d'exploitation. Cela a donné le fameux GCC.

Depuis lors, de nombreuses personnes se sont jointes à lui pour écrire toutes sortes de programmes. Le noyau du système d'exploitation en lui-même, nommé HURD, est maintenant disponible.

En plus des principaux logiciels GNU, Il existe des versions GNU de la plupart des utilitaires UNIX. Ces versions sont souvent bien plus puissantes et tout aussi fiables que leurs équivalents propriétaires.

Le manifeste du projet GNU, expliquant les buts de ce projet, a été traduit en français.

2.3. Qui est Richard Stallman ?

Richard Stallman est avant tout un informaticien de talent, auteur initial de logiciels libres aussi fameux que l'éditeur Emacs, le compilateur GCC ou le débogueur GDB.

Mais Richard Stallman est surtout connu pour son engagement en faveur du logiciel libre qui le mena à démissionner du laboratoire d'intelligence artificielle du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour créer la Free Software Foundation (FSF) et initier le projet GNU. La FSF, qu'il préside toujours, vise l'abolition des restrictions sur la copie, la redistribution, la compréhension et la modification des programmes informatiques. Quant au projet GNU, il a pour but de fournir aux utilisateurs qui le souhaitent une panoplie de logiciels libres susceptibles de satisfaire l'ensemble de leurs besoins.

2.4. Qu'est ce que le CopyLeft (Gauche d'Auteur)?

Le Copyleft est une protection juridique fondée sur le Copyright. S'appuyant sur ce dernier, dans un premier temps, l'auteur affirme ses droits, puis il octroie à tout le monde et sans discrimination, quatre libertés fondamentales : la permission d'exécuter le logiciel, de le copier, de le modifier et de distribuer à sa guise les versions modifiées. Il interdit par contre à quiconque d'ajouter des modifications propriétaires ou de réutiliser tout ou partie du code dans un logiciel propriétaire. Les libertés accordées en deviennent inaliénables.

Le texte suivant donne une explication précise des différentes licences et de la notion de Copyleft.

2.5. Qu'est ce que la GPL ?

La GNU GPL (GNU General Public License, Licence Publique Générale GNU) est une licence qui spécifie les conditions de distribution de logiciels dits libres. Elle a été élaborée pour le projet GNU. La GPL autorise quiconque le désire, à vendre ses programmes et à gagner de l'argent en développant le service associé à celui-ci, mais impose également que tout le monde puisse parallèlement distribuer la même chose comme il l'entend, sans restrictions.

La GPL autorise aussi les utilisateurs à modifier les programmes et à distribuer leur propre version. Toutefois, tout travail dérivé d'un programme placé sous GPL doit être obligatoirement diffusé sous cette licence. En d'autres termes, un tiers ne peut pas récupérer un programme protégé par la GPL, le modifier, et le revendre sous une licence plus restrictive. Tout programme dérivé d'un programme sous licence GPL doit être diffusé sous les termes de la GPL.

La GPL permet d'utiliser les programmes avec une liberté totale. Par contre, les conditions de distribution sont assez précises, et potentiellement contraignantes. En effet, si la vente de programmes soumis à la GPL est possible, elle n'est autorisée que si aucune restriction de licence supplémentaire n'est imposée aux acheteurs.

Si vous achetez un programme diffusé selon la GPL (quel que soit le vendeur), vous avez donc à votre tour le droit de le re-diffuser gratuitement, ou bien de le revendre le prix que vous voudrez, mais vous vous engagez alors à laisser un droit identique à tous les suivants. On voit donc que la GPL garantit que les droits des acheteurs sont identiques à ceux des vendeurs. Les profits sont ainsi mécaniquement minimisés par le marché pour la simple activité de revente. Dans tous les cas, la GPL permet de faire du commerce, mais le meilleur moyen de faire des bénéfices reste donc le développement des services associés.

Une traduction non officielle en français de la GNU GPL est disponible sur le site de l'APRIL.

2.6. Qu'est ce que la LGPL ?

La LGPL (Lesser General Public License, Licence Publique Generale Limitée) est communément considérée comme l'équivalent de la GPL pour les bibliothèques ou les composants logiciels servant à la génération de programmes (par exemple, la bibliothèque C). Cette licence protège de la même façon les auteurs et le code source du logiciel, et les conditions de distributions sont identiques. Mais, contrairement à la GPL, il est possible d'utiliser une bibliothèque sous licence LGPL avec le source du code propriétaire. Par exemple, il est possible de distribuer un programme qui n'est pas sous licence LGPL mais qui utilise des bibliothèques qui sont sous licence LGPL.

La texte complet de la LGPL est disponible sur le site de GNU. Une traduction non-officielle en français de la LGPL est disponible sur le site Linux France.

Pour des raisons évoquées dans la question "Pourquoi ne doit-on pas utiliser la Lesser GPL", il ne convient d' utiliser celle-ci à la place de la GPL que dans certains cas bien précis.

2.7. Pourquoi la LGPL s'appelle-t-elle Lesser GPL au lieu de Library GPL ?

La Lesser GPL contient exactement les mêmes clauses que son ancêtre, la Library GPL. En fait, la Library GPL est devenue la Lesser GPL. Le terme "library" a laissé la place à "lesser", car la notion de bibliothèque liée d'origine à cette licence est ambiguë. Il faut ainsi percevoir la Lesser GPL comme une dégradation de la GPL, du fait de la possibilité de l'utilisation des bibliothèques placées sous cette licence par des programmes propriétaires.

2.8. Pourquoi ne doit on pas utiliser la Lesser GPL ?

Comme mentionnée plus haut, la Lesser GPL est une "restriction de la GPL". Dans le cadre de la création d'une bibliothèque innovatrice (qui ne possède pas d'équivalent dans un contexte propriétaire ou autre), il est recommandé de la placer sous licence GPL, plutôt que LGPL. Ainsi, les futurs utilisateurs de cette bibliothèque devront mettre leurs programmes sous licence GPL. Un exemple typique de ce cas est la bibliothèque readline.

Le texte Pourquoi vous ne devriez pas utiliser la LGPL pour votre prochaine bibliothèque sur le site de GNU explique de façon détaillée quand et pourquoi il ne faut pas utiliser la Lesser GPL.

2.9. Qu'est ce que la GNU FDL ?

La GNU FDL ("Free Documentation License", Licence de documentation libre) permet de garantir les mêmes droits aux documents que la GPL aux programmes[1].

Le texte complet de la FDL est disponible sur le site de GNU. Une traduction non-officielle en français de la GFDL est disponible dans ce document.

2.10. Les logiciels sous licence GPL appartiennent-ils au domaine public ?

Il faut bien préciser qu'un logiciel protégé par la GPL ne relève pas du domaine public. Un programme du domaine public est un programme qui n'appartient à personne, et par conséquent tout le monde peut en faire ce qu'il veut. Un programme protégé par la GPL, à l'opposé, appartient à son ou ses auteurs. Cela signifie que le programme est protégé par les lois internationales en vigueur pour cette discipline, et que l'auteur existe vis à vis de la loi. Le fait que le programme puisse être distribué librement ne signifie pas qu'il appartienne au domaine public.

2.11. Comment fait-on pour mettre son logiciel sous licence GNU GPL ?

Ceci est clairement expliqué dans le texte de la GPL. Il suffit d'inclure au début de chaque fichier source la paragraphe suivant :
<Indiquer ici le nom du programme et ce qu'il fait>
Copyright (C) yyyy  <Nom de l'auteur>

This program is free software; you can redistribute it and/or
modify it under the terms of the GNU General Public License
as published by the Free Software Foundation; either version 2
of the License, or (at your option) any later version.

This program is distributed in the hope that it will be useful,
but WITHOUT ANY WARRANTY; without even the implied warranty of
MERCHANTABILITY or FITNESS FOR A PARTICULAR PURPOSE.  See the
GNU General Public License for more details.

You should have received a copy of the GNU General Public License
along with this program; if not, write to the Free Software
Foundation, Inc., 59 Temple Place - Suite 330, Boston, MA  02111-1307, USA.

Si vous ne désirez pas mettre partout la notice, vous pouvez juste insérer la ligne concernant le copyright et l'endroit ou se trouve la notice complète dans chaque fichier source.

Le document Comment utiliser la LPG (GPL) ou la LPGA (LGPL) explique plus en détail cette problématique.

2.12. Peut-on utiliser des versions traduites de la GPL pour poser le Copyleft sur un logiciel ?

Malheureusement, il n'est actuellement pas possible d'utiliser une version traduite de la GPL. En effet, la FSF indique que le risque d'introduire des erreurs ou des difficultés d'applications de la licence GPL est augmenté avec les traductions de celle-ci.

On doit donc utiliser la version anglaise, ce qui n'est apparamment pas un problème vis-à-vis du droit, puisque cela constitue alors un contrat de type international. Pour les implications juridiques de l'utilisation de la GPL en france, consulter le document suivant.

Références.


3. Les logiciels libres.

3.1. Qu'est ce qu'un logiciel ?
3.2. Qu'est ce qu'un logiciel libre ?
3.3. Quelle est la différence entre Logiciel Libre, freeware, shareware, charityware, logiciel domaine public, ... ?
3.4. Qui sont les programmeurs de logiciels libres ?
3.5. Qu'est-ce qui pousse les programmeurs à faire du Logiciel Libre ?
3.6. Quelle est la perception des entreprises vis à vis du Logiciel Libre ?
3.7. Quelle est l'évolution du Logiciel Libre ?
3.8. Quelles sont les limites du Logiciel Libre ?
3.9. La pérennité d'un logiciel libre est-elle assurée ?
3.10. Peut-on prévoir les coûts de maintenance d'un logiciel libre ?
3.11. Peut-on vendre un logiciel libre ?
3.12. A quelles conditions peut-on vendre des logiciels libres ?
3.13. Où puis-je me procurer les logiciels libres ?
3.14. Quel est l'intérêt de posséder les sources d'un logiciel ?
3.15. Comment installer un logiciel libre ?
3.16. Quelques exemples de logiciels libres ?

3.1. Qu'est ce qu'un logiciel ?

Pour comprendre le concept de Logiciel Libre, vous devez d'abord comprendre ce qu'est un logiciel (ou encore programme ou application). Du point de vue de l'utilisateur, un logiciel est une application qui répond à l'un de ses besoins (traitement de textes, programme de dessin, jeu, ...). C'est une suite de petites instructions invisibles pour l'utilisateur, qui forme un tout cohérent.

Ces logiciels ont besoin d'un système d'exploitation pour fonctionner. Le système d'exploitation permet d'accéder aux ressources de la machine (lecteur de disquette, écran, clavier, ...). C'est aussi le système d'exploitation qui se charge d'exécuter les instructions du programme constituant le logiciel.

Les instructions d'un logiciel sont écrites dans un langage que l'ordinateur peut comprendre, le langage machine (ou langage binaire). En revanche, il est très difficile (voir impossible) à un humain de le comprendre (c'est de plus interdit dans de nombreux pays). La manière la plus courante de créer un logiciel est de l'écrire dans un langage informatique compréhensible par des humains, et ensuite de le traduire vers le langage binaire. Cette traduction est effectuée par un logiciel appelé compilateur. Le logiciel dans sa forme compréhensible est appelé source du logiciel, ou source du programme (celui-ci est aussi appelé "code source" par abus de langage), et dans sa version en langage machine, il est appelé "binaire".

3.2. Qu'est ce qu'un logiciel libre ?

Le "logiciel libre" se rapporte à la liberté pour les utilisateurs d'exécuter, de distribuer, d'étudier, de modifier et d'améliorer le logiciel. Plus précisément, cela réfère à quatre niveaux de libertés :

  1. La liberté d'utiliser/exécuter le logiciel pour quelque usage que ce soit.

  2. La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins.

  3. La liberté de redistribuer des copies.

  4. La liberté d'améliorer le programme, et de rendre publiques vos améliorations de telle sorte que la communauté toute entière en bénéficie.

3.3. Quelle est la différence entre Logiciel Libre, freeware, shareware, charityware, logiciel domaine public, ... ?

Un logiciel libre protège la liberté des utilisateurs. A l'opposé, toutes les autres formes de distribution posent des problèmes en matière de liberté et de sécurité pour les utilisateurs :

  • Le freeware (logiciel gratuit), contrairement au "free software", indique simplement que le logiciel fourni est gratuit, indépendamment de sa licence. Dans beaucoup de cas, ce sont des logiciels du domaine public. Souvent, le source du programme n'est pas disponible, ce qui interdit, par exemple de corriger des bugs ou d'effectuer des améliorations

  • Un shareware (partagiciel) est la propriété de son auteur. Celui-ci demande aux utilisateurs réguliers de son programme une rétribution volontaire et ne permet pas la modification de celui-ci.

  • Un charityware impose de payer une contrepartie financière reversée à une ou plusieurs oeuvres de charité, il ne permet pas la modification du source du programme et impose des conditions sur la duplication.

  • Le logiciel du domaine public est gratuit et il n'appartient à personne et n'est pas protégé par une quelconque licence. Ainsi, une entreprise peut par exemple, s'approprier le source du logiciel et le placer sous une licence propriétaire.

3.4. Qui sont les programmeurs de logiciels libres ?

N'importe qui peut participer à la création, à l'évolution, d'un logiciel libre, et ce, de plusieurs façons. Un programmeur peut, par exemple, apporter sa contribution pour la programmation du logiciel, quelqu'un d'autre peut créer la documentation ou tester le logiciel.

Certains auteurs sont bénévoles et font cela comme hobby, mais d'autres sont payés pour développer des logiciels libres, par exemple quand leur compagnie réalise des améliorations pour son propre compte, mais souhaite redistribuer les modifications à la communauté, en "contrepartie" des avantages qu'elle a eu à baser ses développement sur un logiciel existant, fiable, et de bonne qualité.

3.5. Qu'est-ce qui pousse les programmeurs à faire du Logiciel Libre ?

Il y a plein de raisons pouvant pousser un programmeur à faire du libre. Celui-ci peut vouloir développer un logiciel et en faire profiter la communauté, ou rajouter des fonctionnalités à un logiciel libre existant suivant ses besoins. Ou tout simplement, il peut désirer obtenir de l'aide en regroupant d'autres programmeurs autour de son logiciel.

3.6. Quelle est la perception des entreprises vis à vis du Logiciel Libre ?

Les entreprises ont parfois eu un point de vue négatif sur le Logiciel Libre. Ceci peut être lié à plusieurs raisons:

  • La liberté en elle-même: il est parfois difficile d'accepter le terme "Logiciel Libre", qui fait au premier abord penser à un certain côté "anarchiste", opposé à l'idée de profit. Or le Logiciel Libre n'est absolument pas opposé à la notion de profit lié à l'utilisation ou la vente des logiciels. Au contraire, celui-ci est encouragé, à condition que la liberté du logiciel soit préservée.

  • Il n'y a pas vraiment de structure qui régit le monde du Logiciel Libre (et c'est tant mieux!), mis à part des initiatives comme le projet GNU. Peu de sociétés de taille respectable ne proposent actuellement des solutions à base de logiciels libres sur une grande échelle. Ceci change radicalement actuellement, et l'implication d'acteurs comme IBM est de plus en plus importante[2].

  • Le côté gratuit, couplé à une absence totale de marketing gène les décideurs, qui mettent les logiciels libres au même niveau que les logiciels gratuits (freeware), qui ne justifient souvent leur existence que par leur gratuité. La gratuité d'un logiciel libre n'est qu'un détail. Elle existe, mais ce n'est pas la raison d'être du mouvement du Logiciel Libre. Et pour les grandes entreprises, les facteurs de coût de licences ne constituent pas la majorité des dépenses en matière d'équipement.

  • La méconnaissance en entreprise des licences utilisées dans le monde du Logiciel Libre provoque la prudence de la part des juristes de telles sociétés. Cette crainte est souvent couplée à la problématique des brevets logiciels.

3.7. Quelle est l'évolution du Logiciel Libre ?

Le Logiciel Libre avance à pas de géant, et ce, grâce à la médiatisation. On voit de plus en plus de logiciels libres en entreprise, et on voit même des entreprises en tirer profits.

De plus, les jeunes diplômés sont maintenant de plus en plus formés au sein de leur cursus à l'informatique libre (projet de développement utilisant du Logiciel Libre, système d'exploitation, centres de calcul équipés). Les étudiants d'aujourd'hui sont les professionnels de demain et beaucoup d'entre eux vont introduire le Logiciel Libre dans leur entreprise.

3.8. Quelles sont les limites du Logiciel Libre ?

Il n'y a pas de limites au Logiciel Libre, excepté quand les lois régissant la propriété intellectuelle (brevets par exemple) interdisent complètement celui-ci. Le but ultime est de fournir le logiciel libre pour permettre aux utilisateurs d'exploiter leur ordinateur comme ils l'entendent, et de cette manière rendre obsolète le logiciel propriétaire.

3.9. La pérennité d'un logiciel libre est-elle assurée ?

Le mode de développement communautaire de la plupart des logiciels libres (du moins ceux dont l'utilité est réelle en entreprise) garantit une pérennité au moins aussi grande que celle des applications propriétaires. Si un groupe de programmeurs décide subitement d'arrêter la maintenance d'un logiciel, il y a de grandes chances qu'un autre groupe de développement reprenne le flambeau et assure la maintenance. Par contre, si une entreprise fait faillite ou décide d'arrêter un logiciel propriétaire pas assez rentable, l'utilisateur est le plus souvent sans aucune possibilité de recours.

3.10. Peut-on prévoir les coûts de maintenance d'un logiciel libre ?

Il est souvent difficile de prévoir les coûts réels de maintenance d'un outil, qu'il soit libre ou propriétaire.

Pour le logiciel propriétaire, les règles semblent souvent claires à l'achat, mais évoluent en réalité selon le bon vouloir des éditeurs, sans que les utilisateurs puissent y changer quoi que ce soit.

Avec les logiciels libres, il y a toujours une version stable. S'il n'y en a pas, alors il y a la version beta (version disponible mais reconnue comme non stable et non définitive). L'utilisateur est conscient du risque. Avec le logiciel propriétaire il est souvent difficile de faire la distinction entre stable et beta malgré le fait que ceci à un coût, ce qui est aussi le cas pour l'obtention des mises à jour qui sont de simples corrections de bugs.

Pour le Logiciel Libre, peu de sociétés ont l'audace de proposer des solutions clés-en-main packagées... et c'est peut-être mieux : étudier les coûts au cas par cas, en fonction des besoins réels de chaque client est sûrement plus réaliste.

Passer un contrat avec une société spécialisée dans la maintenance de logiciels libres peut être une bonne solution. De plus, le support effectué par l'ensemble de la communauté du Logiciel Libre suffit dans la plupart des cas à résoudre gratuitement les problèmes.

3.11. Peut-on vendre un logiciel libre ?

Tout à fait, la FSF encourage ceux qui distribuent des logiciels libres à les vendre le prix qu'ils veulent (ou peuvent). La seule condition est que les sources de ces logiciels doivent être disponibles librement (ce qui implique bien évidemment que cet accès aux sources soit gratuit).

3.12. A quelles conditions peut-on vendre des logiciels libres ?

Il convient de se soumettre à certaines restrictions précisées dans la GPL pour pouvoir vendre des logiciels libres. Tout d'abord, tout vendeur ou distributeur ne peut pas réduire les droits des utilisateurs qui ont acheté les programmes. Cela signifie que si vous avez acheté un CD-ROM de programmes soumis à la GPL, vous pouvez les copier autant que vous voulez et les redistribuer sans contrepartie financière. En second lieu, les distributeurs doivent préciser clairement aux utilisateurs que les programmes sont couverts par la GPL. Troisièmement, ces distributeurs ont l'obligation de fournir, gratuitement, tout le source du programme des programmes qu'ils distribuent. Ceci permet à toute personne achetant un tel programme de pouvoir lui apporter toutes les modifications qu'il désire.

3.13. Où puis-je me procurer les logiciels libres ?

Les grandes surfaces spécialisées ou les rayons micro-informatique des grands magasins ou librairies proposent de nombreuses distributions GNU/Linux. C'est le meilleur moyen de se procurer un ensemble cohérent de logiciels libres, packagé, documenté, et, le plus souvent, accompagné d'un contrat de service après-vente pour l'aide à l'installation et à l'utilisation.

Beaucoup de sites Internet offrent des accès aux logiciels libres (sources, documentations, ...). De même, on trouve des distributions sur CD-ROM, dans les magazines sur les logiciels libres.

Enfin, notons que la FSF fournit tous les logiciels du projet GNU sur cédéroms, ainsi que de la documentation libre sous forme de livre imprimés.

3.14. Quel est l'intérêt de posséder les sources d'un logiciel ?

Les sources d'un logiciel permettent la description de celui-ci sous forme de texte lisible par un humain, à partir duquel est généré une forme exécutable par la machine. La possession du source du programme est obligatoire pour la compréhension du fonctionnement du programme et pour sa modification (améliorations, correction de bogues).

Quand un éditeur arrête la diffusion d'un programme, avoir ses sources permettra toujours à un prestataire d'assurer la pérénité de celui-ci. Avoir les sources permet de connaître les formats de sauvegarde d'un programme. Cela permet de connaître les interfaces et de transférer les données entre les différentes versions d'un même programme ou vers un programme concurrent. La disponibilité des sources d'un programme permet à un grand nombre de programmeurs d'y intégrer des idées novatrices ou des concepts éprouvés, d'améliorer ses performances ou de corriger les erreurs de celui-ci. Enfin, la disponibilité des sources du logiciel est une preuve de fiabilité du programme, puisqu'il peut être analysé par autrui.

3.15. Comment installer un logiciel libre ?

En général, le logiciel peut se présenter de deux façons différentes :

  • Soit il est déjà sous forme binaire prête à l'emploi, livré dans un paquetage (par exemple .deb ou .rpm sous GNU/Linux) prêt à l'installation. Dans ce cas il faut utiliser les utilitaires correspondant au format choisi (par exemple dpkg ou rpm) pour décompresser l'archive et pour l'installer.

  • Soit vous disposez des sources du logiciel, qui se présentent souvent sous la forme d'un fichier archive compressé (.tgz ou .tar.gz) ou non compressé (.tar). Dans ce cas, il suffit de décompacter l'archive avec la commande tar, puis de recompiler le programme.

    Il suffit souvent d'exécuter les commandes suivantes sur un système GNU/Linux:
        foo@bar> ./configure
        foo@bar> make
        foo@bar> su
        foo@bar> make install

3.16. Quelques exemples de logiciels libres ?

  • Le système d'exploitation GNU/Linux.

  • Les environnements de composition de textes, formés des outils TeX, LaTeX, Lyx, ainsi que groff.

  • Les environnements de traitement d'images Gimp (concurrent très sérieux de Photoshop), Gyve.

  • Les éditeurs GNU Emacs, ainsi que tous les autres logiciels GNU, dont gcc, g++, gawk, gmake, que vous pourrez retrouver sur le site de GNU.

  • L'environnement graphique multi-fenêtres XFree86 (bien que sa licence ne soit pas la GNU GPL).

  • Les différents langage de programmation Python, Scheme, Caml, MesaGL. Notons que la plupart de ces langages ne sont pas sous licence GPL mais sont bien des logiciels libres.

  • Les bases de données relationnelles MySQL, Postgres.

  • Samba qui permet d'utiliser une machine Unix comme serveur de fichiers et d'imprimantes pour des clients sous Macintosh ou Windows, ainsi que d'accéder aux ressources partagées de ces machines.

  • VNC (Virtual Network Computer) qui permet d'utiliser un même bureau sur plusieurs machines d'architectures différentes.

Références.

  • Le site du projet GNU: http://www.gnu.org/.

  • Le site de l'APRIL: http://www.april.org/.

  • Le site de l'ABUL: http://www.abul.org/.

  • Certains extraits (très légèrement modifiés) du livre (protégé par la GPL) "Bien débuter sous GNU/Linux de René Cougnenc (adaptation française de GNU/Linux Installation and Getting Started par Matt Welsh)" sont présents dans ce document.


4. Un système libre célèbre: GNU/Linux.

4.1. Que sont Linux et GNU/Linux ?
4.2. Pourquoi est il plus logique de dire GNU/Linux et non Linux ?
4.3. Quelle est la distribution GNU/Linux la plus libre ?
4.4. GNU/Linux reste-t-il limité aux institutions publiques type université, CEA, ou CNRS ?
4.5. GNU/Linux souffre-t-il toujours d'une image d'OS universitaire ?
4.6. Est-ce que GNU/Linux est dur à installer ?

4.1. Que sont Linux et GNU/Linux ?

Linux est le nom d'un noyau, inspiré des noyaux Unix mais dont le code est intégralement original. Il a initialement été développé par Linus Torvalds à partir de Minix (conçu par Andrew Tannenbaum) en 1991. Il a depuis été enrichi par des milliers de développeurs qui collaborent à travers Internet. C'est un noyau POSIX, pouvant fonctionner sur plusieurs types d'architectures matérielles (i386 et clones, SPARC, PowerPC, DEC Alpha, et bien d'autres encore). Linux offre toutes les fonctionnalités que l'on peut espérer d'un Unix moderne : il est multi-tâches (préemptif), multi-threads, multi-processeurs et multi-utilisateurs, il assure une gestion propre et efficace de la mémoire virtuelle, supporte les bibliothèques partagées, dispose d'une couche réseau TCP/IP et supporte une large gamme de périphérique.

De son côté, un système GNU/Linux est l'association d'un système d'exploitation (dont le noyau est Linux) et d'une panoblie d'outils variés, généralement fournis sous la forme d'un ou plusieurs CD-ROM ou DVD-ROM que l'on nomme « distribution ». Une distribution est le fruit du travail d'un intégrateur (en fait, une entreprise ou quelques centaines de développeurs) qui a compilé et configuré l'ensemble des logiciels pour qu'ils puissent fonctionner de manière homogène et cohérente sur un ordinateur.

De nos jours, un système GNU/Linux représente plusieurs milliers, voire dizaine de milliers de logiciels, aptent à satisfaire tous les besoins d'un utilisateur. Une distribution contient donc aussi bien des utilitaires d'administration système et réseau, que des langages et outils de développement, des serveurs (web, bases de données, impression, DNS, firewall, mail, fichiers, etc.) et, bien évidemment, une multitude d'applications pour l'utilisateur final (navigation web, courrier électronique, bureautique, graphisme et retouche audio, photo et vidéo, etc.). Les auteurs de logiciels libres ayant aussi à coeur d'assurer l'interopératibilité maximale avec les autres systèmes, y compris propriétaires, les systèmes libres privilégient les formats et protocoles ouverts et documentés. Ils disposent aussi de nombreux outils permettant d'établir des passerelles avec d'autres environnements Unix, Mac, MS-Windows et autres.

4.2. Pourquoi est il plus logique de dire GNU/Linux et non Linux ?

Linux désigne le coeur du système d'exploitation, c'est à dire le noyau ("kernel" en anglais), développé à l'origine par Linus Torvalds. Par dessus ce noyau, vient se rajouter un grand nombre d'utilitaires, dont certains indispensables comme un compilateur, un débugger et un éditeur. Ces utilitaires, le noyau, ainsi que la majorité des logiciels essentiels accompagnant le noyau ont été développés dans le cadre du projet GNU.

Ainsi, le fait d'appeler le système "GNU/Linux" permet de rappeller qu'il s'est concrétisé grâce au projet GNU, qui vise la réalisation d'un système d'exploitation libre complet. Sans le projet GNU et son ambition politique pour la liberté des utilisateurs, le noyau Linux n'aurait pas connu un tel succès. Mentionner le nom GNU systématiquement permet de rappeler à tous qu'il ne s'agit pas seulement d'un autre système d'exploitation, mais qu'il y a un modèle de société sous-jacent, basé sur la liberté, le partage de l'information et la fraternité.

4.3. Quelle est la distribution GNU/Linux la plus libre ?

La distribution la plus libre est sans conteste la Debian GNU/Linux. La distribution Debian elle-même fait partie du projet GNU. On y dénombre plus de 24000 paquetages au format "deb". Les licences considérées comme libres par Debian sont les licences GPL, BSD, et Artistic.

La distribution en elle même n'inclut que des logiciels 100% libres. Cependant, Debian fournit en plus, et en tant que services, des logiciels libres dépendant de logiciels non-libres, ainsi que des logiciels dont la licence impose des conditions sur la modification et la redistribution.

4.4. GNU/Linux reste-t-il limité aux institutions publiques type université, CEA, ou CNRS ?

Non. Il est utilisé dans les entreprises et chez les particuliers, puisqu'on recense plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs de GNU/Linux dans le monde. Il est couramment utilisé par les fournisseur d'accès (firewall, serveur Web, serveur de mail), ou dans des entreprises, comme serveurs de ressources ou comme machine de développement, mais aussi dans nombre d'applications embarquées.

4.5. GNU/Linux souffre-t-il toujours d'une image d'OS universitaire ?

Plus maintenant. GNU/Linux est utilisé en entreprise d'une manière intensive grâce à ses qualités très supérieures, et il se démocratise à une vitesse incroyable.

4.6. Est-ce que GNU/Linux est dur à installer ?

L'installation de GNU/Linux est de plus en plus aisée, grâce à l'introduction d'outils plus conviviaux qui facilitent le processus d'installation et de configuration du système. Il existe aussi des versions francisées de GNU/Linux (RedHat, Mandrake, ...), permettant ainsi à l'utilisateur de mieux comprendre les étapes de l'installation et l'administration du système.

Références.


5. Les brevets logiciels.

5.1. Qu'est ce qu'un brevet ?
5.2. Comment est déposé un brevet ?
5.3. Qu'est ce que l'OEB ?
5.4. Qu'est-ce qu'un brevet logiciel ?
5.5. Un exemple de brevet logiciel déposé en Europe ?
5.6. Pourquoi les brevets logiciels sont-ils dangereux ?
5.7. La politique sur les brevets logiciels est-elle partout la même ?
5.8. Qu'est-ce que Eurolinux ?

5.1. Qu'est ce qu'un brevet ?

En France, d'après la loi du 2 janvier 1968, le brevet, ou brevet d'invention est un titre délivré en France par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) ou par une préfecture autre que la Préfecture de Paris, pour protéger une invention ou un procédé et pour garantir à l'auteur l'exploitation exclusive pendant 20 ans.

5.2. Comment est déposé un brevet ?

L'inventeur est seul habilité à déposer son brevet auprès de l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) qui en vérifie la régularité formelle avant de le transmettre au ministère de la Défense. Une recherche d'antériorité est effectuée, puis le brevet est délivré pour une durée de 20 ans moyennant le paiement annuel d'une taxe progressive. Au niveau européen, le dépôt de brevets s'effectue par l'intermédiaire de l'Office Européen des Brevets (OEB).

5.3. Qu'est ce que l'OEB ?

Un brevet déposé auprès de l'INPI crée au profit du déposant un monopole d'exploitation sur le seul territoire national. C'est pourquoi les inventeurs français qui souhaitent voir leurs droits protégés à l'étranger doivent déposer leur brevet dans chacun des pays où ils veulent bénéficier d'un monopole d'exploitation.

En ce sens, la conférence de Munich d'octobre 1973 a adopté une convention (la Convention sur le brevet européen) créant l'Organisation Européenne des Brevets qui prévoit la délivrance d'un titre unique valable dans tous les pays membres (pays de l'Union européenne, Suisse, Autriche, Suède, Finlande, Norvège, Chypre, Monaco, Liechtenstein, et Turquie). Le dépôt des brevets est effectué auprès des offices nationaux, mais la demande mentionne les états pour lesquels la protection est revendiquée. Il est important de noter que la Convention sur le brevet européen classe les logiciels parmi les inventions non brevetables ("Principe de la non-brevetabilité des programmes informatiques", soit l'article 52.2c).

L'OEB (Office Européen des Brevets), est une administration internationale crée en 1977, siégeant à Munich et employant plus de 3800 agents recrutés dans les états membres. Il est important de souligner que l'OEB n'est pas une institution de l'Union européenne, il s'autofinance entièrement avec les taxes de procédures ainsi qu'avec un pourcentage des taxes annuelles acquittées au titre des brevets européens délivrés. A titre d'exemple, environ 113 400 demandes de brevet ont été déposées auprès de cette administration.

5.4. Qu'est-ce qu'un brevet logiciel ?

En théorie, le brevet logiciel, qui n'existe pas en tant que tel en France et en Europe, désigne, aux Etats-Unis et au Japon, les brevets protégeant les procédés innovants du traitement de l'information. Cette catégorie de brevets a fait l'objet, en 1996, d'une série de directives émises par le "Patent and Trademark Office" des Etats-Unis, déterminant ainsi les conditions de brevetabilité des logiciels.

En réalité, en Europe, la situation est assez paradoxale, car de nombreux brevets portant sur des techniques logicielles sont déposés en dépit d'une interdiction théorique, au moyen d'artifices juridiques.

Les extraits suivants du rapport de Jean-Paul Smets-Solanes donnent une bonne définition du brevet logiciel:

  • ["Un brevet logiciel n'est pas un brevet sur un logiciel mais un brevet sur un procédé innovant de traitement de l'information. Ceci signifie qu'un brevet logiciel peut être obtenu sans jamais écrire une seule ligne de programme et en n'étant l'auteur d'aucun logiciel. Inversement, le détenteur d'un tel brevet peut attaquer en contrefaçon de brevet tout auteur de logiciel qui publierait un logiciel susceptible de permettre la reproduction du procédé breveté en exécutant ce logiciel sur un ordinateur."]

  • ["Le brevet logiciel couvre un champ très large: techniques de programmation, méthodes financières, méthodes d'affaires, méthodes d'organisation, méthodes de commerce électronique, méthodes éducatives, etc. L'étendue de ce champ résulte de la possibilité d'obtenir un brevet sur un procédé de traitement informatisé des informations nécessaires à la reproduction d'une méthode intellectuelle."]

5.5. Un exemple de brevet logiciel déposé en Europe ?

Malgré la clause restrictive de la Convention de Munich concernant les brevets logiciels, il est possible d'en trouver sur le site de l'OEB. Par exemple le No 96305851.6, déposé en février 1999 par une très grande multinationale brevète les méthodes permettant de présenter des informations précédemment obscurcies dans un environnement de fenêtrage. On peut facilement imaginer les dangers et les dérives que peuvent représenter les brevets sur de telles méthodes.

Vous pouvez trouver d'autres exemples sur le site de freepatents.

5.6. Pourquoi les brevets logiciels sont-ils dangereux ?

  • Les brevets logiciels sont un frein à l'innovation.

  • Les brevets logiciels, en permettant l'appropriation de méthodes intellectuelles, sont un contournement de la règle stipulant que les méthodes mathématiques ne sont pas brevetables, et constituent donc une atteinte majeure à l'universalité de la connaissance.

  • Ils menacent la survie des petites entreprises, car elles n'auront pas les moyens de protéger leurs inventions vu les coûts de dépôt des brevets, ni de se mettre en litige avec les multinationales ayant déposer des brevets triviaux.

  • Ils sont un danger pour le Logiciel Libre, car le brevet logiciel incite à la mise au secret des sources du logiciel pour éviter tout contentieux.

  • Ils permettent au détenteur d'un tel brevet d'attaquer des éditeurs de logiciels qui mettent en application l'idée ou le concept breveté, même si le détenteur n'a pas écrit une seule ligne de code concernant l'idée ou le concept en question.

5.7. La politique sur les brevets logiciels est-elle partout la même ?

Non, la politique sur le brevet logiciel n'est pas partout la même. En effet, seuls les Etats-Unis et le Japon autorisent officiellement et déposent des brevets logiciels. Cependant, malgré le fait que la Convention de Munich exclut la brevetabilité des logiciels, l'OEB en enregistre un certain nombre (environ 13000 actuellement).

5.8. Qu'est-ce que Eurolinux ?

EuroLinux est un regroupement de sociétés et d'associations à but non lucratif unies pour promouvoir et protéger la culture informatique européenne basée sur des standards ouverts, une compétition ouverte, et les logiciels dits "Open Source". Les membres de cette alliance développent et/ou vendent des logiciels sous des licences libres ou non-libres sur tous systèmes d'exploitations.

Les buts de cette alliance sont les suivants:

  • Protéger et promouvoir Linux en Europe,

  • Protéger et promouvoir les logiciels commerciaux et services autour de Linux en Europe,

  • Protéger et promouvoir GNU, FreeBSD, XFree, TeX, KDE et autres logiciels libres,

  • Protéger et promouvoir les standards ouverts en Europe,

  • Protéger et promouvoir l'innovation dans l'industrie en Europe.

Eurolinux est à l'origine de la pétition contre les brevets logiciels, ainsi que l'initiative freepatents. APRIL est membre d'Eurolinux.

Références.


6. Open Source versus Logiciel Libre.

6.1. Qu'est ce que l'Open Source ?
6.2. Qu'est ce que l'Open Source Initiative ?
6.3. Quelles sont les différences entre l'Open Source et le Free Software ?

6.1. Qu'est ce que l'Open Source ?

Le mouvement Open Source, créé en juin 1997, n'inclut pas seulement l'accès aux sources du logiciel mais aussi les points suivants:

  • La redistribution du source d'un programme, gratuit ou payant, est libre.

  • Les sources du logiciel doivent être fournies avec le programme, et doit être lisible. Celui-ci ne doit pas être obscurci par un quelconque procédé.

  • Les modifications du code doivent être possibles, et doivent être redistribuées sous la même licence que le code original.

  • L'Open Source assure l'intégrité des sources d'un logiciel. En effet, il est possible de faire des restrictions sur la modification des sources d'un programme, en spécifiant que celui-ci ne doit être modifié que par patches (point souvent en désaccord avec les termes de la GPL).

  • L'accès aux sources ne doit être soumis à aucune discrimination envers quiconque.

  • Un programme Open Source ne doit pas contaminer les autres programmes distribués avec celui-ci.

La définition de l'Open Source est dérivée de la Debian Free Software Guidelines.

6.2. Qu'est ce que l'Open Source Initiative ?

L'OSI, l'Open Source Initiative créée en février 1998, est une organisation à but non lucratif consacrée à l'utilisation et à la promotion de l'Open Source Definition pour le bien de la communauté.

6.3. Quelles sont les différences entre l'Open Source et le Free Software ?

Les recommandations pratiques permettant la promotion de la liberté d'accès aux sources sont quasiment identiques dans les deux mouvement, cependant les différences concernent les principes de base.

En effet, dire qu'un logiciel est Open Source, c'est dire que l'on a la lisibilité sur les sources du logiciel. Or on peut faire cette analogie avec les logiciels libres, mais aussi avec un certain nombre de logiciels semi-libres (par exemple Xv) ou non-libres. Les licences de tels logiciels imposent souvent, des conditions, voir rendent impossible, la redistribution ou la modification du source du logiciel, et ne sont pas, de toute façon, des logiciels Open Source. Pour résumer, l'ambiguïté du terme Open Source réside dans la mise en avant de la lisibilité des sources du logiciel en omettant la modification de ceux-ci. C'est pourquoi, il convient mieux d'utiliser le terme de logiciel libre.

De plus, la notion d'Open Source est souvent mal interprétée. C'est une notion plus attrayante et plus acceptable en entreprise. En effet, ce terme met en avant la lisibilité des sources d'un programme, le fait de montrer les sources donne l'assurance que celui-ci est correct, bien écrit. Ce ne sont que des notions pratiques, qui n'ont rien à voir avec la liberté, ou les responsabilités de l'auteur et de l'utilisateur envers les sources d'un programme. A long terme, ce n'est pas viable, car ceux qui n'ont pas compris l'importance de la liberté peuvent retomber dans la logique propriétaire si celle-ci leur offre plus de commodités.

De plus, le flou qui entoure l'Open Source est largement utilisé par certaines entreprises à des fins purement commerciales pour se faire bien voir de la communauté du libre. Ceci n'arrive pas avec le mouvement du Logiciel Libre, car même si le terme "libre" porte une ambiguïté (free=gratuit en anglais), celle-ci sera toujours moins forte que celle induite par le terme Open Source.

Références.


7. Les autres associations autour du logiciel libre en France.

7.1. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et l'AFUL ?
7.2. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et la FSF France ?
7.3. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et la FFII France ?

7.1. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et l'AFUL ?

L'AFUL est l'Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres. L'APRIL est l'Association Pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre.

L'AFUL est une association amie de l'APRIL.

L'AFUL met d'abord en avant les avantages concrets de l'utilisation des logiciels libres. Si elle met également en avant la qualité de certains logiciels libres, l'APRIL fait cependant d'abord la promotion des enjeux philosophiques et politiques de l'informatique libre. Les actions des deux associations sont complémentaires.»

7.2. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et la FSF France ?

La FSF France (http://fsffrance.org) est la Free Software Foundation/Fondation du logiciel libre France. L'APRIL est l'Association Pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre.

L'APRIL est une organisation associée de la FSF France.

La FSF France est le représentant légal de la Fondation du logiciel libre (FSF) en France. Comme pour la FSF, il n'est pas possible d'y adhérer. L'APRIL, avec ses nombreux adhérents, travaille au quotidien avec la FSF France.

7.3. Qu'est ce qui différencie l'APRIL et la FFII France ?

La FFII France (http://ffii.fr) est le chapitre français de l'Association pour une infrastructure informationnelle libre (FFII). L'APRIL est l'Association Pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre.

L'APRIL travaille régulièrement avec la FFII France.

La FFII France a pour but la défense des droits et libertés informationnels dont principalement la lutte contre les brevets logiciels. La FFII France défend tous les auteurs et utilisateurs de logiciels, que ces derniers soient libres ou propriétaires. L'APRIL assure la promotion, le développement, la recherche et la démocratisation de l'informatique libre.


GNU Free Documentation License

Version 1.1, March 2000

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It is requested, but not required, that you contact the authors of the Document well before redistributing any large number of copies, to give them a chance to provide you with an updated version of the Document.


4. MODIFICATIONS

You may copy and distribute a Modified Version of the Document under the conditions of sections 2 and 3 above, provided that you release the Modified Version under precisely this License, with the Modified Version filling the role of the Document, thus licensing distribution and modification of the Modified Version to whoever possesses a copy of it. In addition, you must do these things in the Modified Version:

  1. Use in the Title Page (and on the covers, if any) a title distinct from that of the Document, and from those of previous versions (which should, if there were any, be listed in the History section of the Document). You may use the same title as a previous version if the original publisher of that version gives permission.

  2. List on the Title Page, as authors, one or more persons or entities responsible for authorship of the modifications in the Modified Version, together with at least five of the principal authors of the Document (all of its principal authors, if it has less than five).

  3. State on the Title page the name of the publisher of the Modified Version, as the publisher.

  4. Preserve all the copyright notices of the Document.

  5. Add an appropriate copyright notice for your modifications adjacent to the other copyright notices.

  6. Include, immediately after the copyright notices, a license notice giving the public permission to use the Modified Version under the terms of this License, in the form shown in the Addendum below.

  7. Preserve in that license notice the full lists of Invariant Sections and required Cover Texts given in the Document's license notice.

  8. Include an unaltered copy of this License.

  9. Preserve the section entitled "History", and its title, and add to it an item stating at least the title, year, new authors, and publisher of the Modified Version as given on the Title Page. If there is no section entitled "History" in the Document, create one stating the title, year, authors, and publisher of the Document as given on its Title Page, then add an item describing the Modified Version as stated in the previous sentence.

  10. Preserve the network location, if any, given in the Document for public access to a Transparent copy of the Document, and likewise the network locations given in the Document for previous versions it was based on. These may be placed in the "History" section. You may omit a network location for a work that was published at least four years before the Document itself, or if the original publisher of the version it refers to gives permission.

  11. In any section entitled "Acknowledgements" or "Dedications", preserve the section's title, and preserve in the section all the substance and tone of each of the contributor acknowledgements and/or dedications given therein.

  12. Preserve all the Invariant Sections of the Document, unaltered in their text and in their titles. Section numbers or the equivalent are not considered part of the section titles.

  13. Delete any section entitled "Endorsements". Such a section may not be included in the Modified Version.

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8. TRANSLATION

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The Free Software Foundation may publish new, revised versions of the GNU Free Documentation License from time to time. Such new versions will be similar in spirit to the present version, but may differ in detail to address new problems or concerns. See http://www.gnu.org/copyleft/.

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If you have no Invariant Sections, write "with no Invariant Sections" instead of saying which ones are invariant. If you have no Front-Cover Texts, write "no Front-Cover Texts" instead of "Front-Cover Texts being LIST"; likewise for Back-Cover Texts.

If your document contains nontrivial examples of program code, we recommend releasing these examples in parallel under your choice of free software license, such as the GNU General Public License, to permit their use in free software.

Notes

[1]

Le présent document est lui-même placé sous GFDL.

[2]

En 2001, IBM a annoncé investir 300 millions de dollars dans des activités autour du Logiciel Libre sur 3 ans.