Promouvoir et défendre le logiciel libre: notre mission depuis 1996.

période du 01/12/2001 au 31/12/2002

    1. Bref rappel
    2. Contexte économique
    3. Contexte politique
    4. Bilan de l'année
      1. Les membres
    5. Les groupes de travail
    6. Administration du serveur et le Web
    7. Les actions
    8. Free Software Foundation
    9. Contacts avec les média
    10. Le lobbying
    11. Conclusion et prospectives
    12. Merci

Bref rappel

Note : La plupart des groupes ou évènements cités dans ce rapport concernent le système d'exploitation GNU/Linux mais le nomment "Linux".

Créée en novembre 1996, l'APRIL, n'a pas pour but de promouvoir le système d'exploitation GNU/Linux ni de constituer un simple Groupe d'Utilisateurs de GNU/Linux, mais a pour objectif de promouvoir les logiciels libres auprès d'une large audience, incluant le grand public, des professionnels et des institutionnels (en France et en Europe).

L'APRIL est une des principales associations du logiciel libre en France, et participe à la démocratisation et à la diffusion du logiciel libre soit par des actions de terrain (colloques, journées d'installation et de formation, rencontres, débats), soit par des actions de portée plus générale (rencontres avec des politiques, publication régulière d'articles dans divers médias, actions communes avec d'autres associations contre les brevets sur les algorithmes, etc.). Un fort partenariat, une forte communion d'idées et des rapports privilégiés existent entre l'APRIL et la Free Software Foundation de Richard Stallman, c'est pourquoi l'association attache beaucoup d'importance à la promotion des idées de la FSF en France.

Depuis 1996, une première partie de notre mission a été une réussite. D'un presque total anonymat, aujourd'hui les logiciels libres, et pas seulement « Linux », trouvent une reconnaissance assez large, tant au niveau du grand public, que des professionnels, journalistes et décideurs. Bien sûr, cette réussite n'est pas à attribuer exclusivement à l'association, mais nous y avons grandement contribué.

La banalisation du libre continue son chemin, mais cela ne veut aucunement dire qu'il ne reste pas de travail à faire.

Contexte économique

À l'occasion de l'assemblée générale 2001, nous évoquions le fait que l'industrie informatique en générale était plutôt en crise, et que cela touchait également le monde du logiciel libre. Ainsi, plusieurs sociétés du libre connaissaient des difficultés en 2001. L'année 2002 a vu le point d'orgue de ces difficultés avec, notamment, les liquidations judiciaires d'Open Care (membre personne morale de l'association), le redressement judiciaire d'Alcôve (membre personne morale de l'association), la liquidation judiciaire d'Aurora, d'Atrid. La fin d'année voit pour autant la confiance toujours présente dans le modèle du service, par le rachat des sociétés Alcove et Aurora.

De plus, certaines sociétés du libre font preuve de maturité dans la gestion de leur croissance, en privilégiant un développement organique. De même, il est à noter le développement du réseau «Libre Entreprise», réseau de sociétés suivant un modèle d'organisation proche de celui d'Easter Eggs (membre personne morale de l'association). Ce réseau vient d'ailleurs d'adhérer à l'association.

L'APRIL considère comme important le succès du modèle économique du logiciel libre.

Contexte politique

Ce que nous disions déjà en 2001 concernant le contexte politique tient toujours.

Le contexte politique, à la fois international, Européen et national, a des impacts sur le développement et l'avenir du logiciel libre et ce à plusieurs niveaux :

Dans ce domaine, nos adversaires sont bien préparés et bien armés.

La lutte contre ces dérives occupe un temps important de notre action, en collaboration avec d'autres organisations (EuroLinux, AFUL, LSIJolie, ...). En France, les différentes propositions de loi liées plus ou moins au libre n'ont pas été acceptées. Néanmoins, des avancées ont lieu, voir par exemple le travail de l'ATICA, la création de l'ADULLACT.

Notons une attitude de plus en plus proactive des élus français concernant le logiciel libre. La création de l'ADULLACT en est un excellent exemple. Les actions de la Mairie de Paris vers le logiciel libre (EPN, projet Lutèce...) également.

Ainsi, tant au niveau français qu'européen, le libre a des soutiens (Direction Générale de la Société de l'Information, programmes de financement de la RetD IST, ATICA) forts.

Dans ce contexte, nous nous devons d'agir en parallèle au niveau français et au niveau européen. La participation active de membres d'APRIL aux niveaux Européens et Français de la FSF a permis d'établir des ponts entre les contacts pris à Bruxelles et Paris, notamment, nous permettant d'obtenir une reconnaissance plus forte en tant qu'acteur clé du Logiciel Libre en France et en Europe.

Bilan de l'année

Les membres

L'association compte aujourd'hui plus de 200 membres répartis dans différents pays francophones avec, bien entendu, toujours une majorité de Français. De nouveaux adhérents arrivent dans l'association et compensent le départ de ceux n'ayant pas renouvelé leur cotisation. Ainsi, cette année nous comptons près de 70 demandes d'adhésions. Parmi ces membres, on trouve des professionnels de différentes sociétés ou administrations, des chercheurs, des enseignants, des étudiants, ainsi que de nombreux non-informaticiens.

A l'occasion de l'assemblée générale 2001, nous évoquions nos craintes concernant les adhérents personnes morales. La présence de ces adhérents avait pour objectif principal (en dehors d'une reconnaissance mutuelle) de dégager un budget de fonctionnement permettant d'envisager différemment les actions futures. Les difficultés économiques évoquées ci-dessus font que sur les personnes morales présentes en 2002, seules deux sociétés, Act Europe et Easter Eggs, ont renouvellé leur cotisation (les sociétés Ecila, Open Care, Linbox et VA Linux n'existant déjà plus).

Nous avions anticipé ces problèmes, ce qui fait que cela ne s'est pas ressenti sur le budget 2002.

Du côté des personnes morales associatives, l'ANFA a rejoint l'APRIL en tant qu'adhérent personne morale.

L'une des difficultés d'une association comme la nôtre est la dispersion physique des membres, mais nous réussissons tout de même à gérer correctement les actions grâce aux diverses listes de discussion. Le conseil d'administration de l'association se réunissant physiquement au moins une fois par mois, avec compte rendu public à la clé.

L'intégration de nouveaux adhérents se passe en général de manière satisfaisante. C'est du en partie à la mise en place d'un « système d'information » : coin adhérent sur le Web (avec archives de la mailing-list, documents décrivant l'architecture logicielle de la machine, des « howto » permettant de participer à la vie de l'association, la description et l'état d'avancement des groupes de travail, un gestionnaire de tâches, un calendrier partagé, gestion automatique des adhésions avec notamment envoi d'un mail de présentation complet permettant au nouvel adhérent de savoir à peu près exactement où en est l'association).

Notons l'arrivée continuelle de membres pas forcément issus du monde du libre, mais dont l'activisme profitera à l'association.

Les groupes de travail

Une partie du fonctionnement de l'association repose sur la notion de groupes de travail. Les groupes de travail sont chargés de mettre en oeuvre les actions susceptibles d'entrer dans l'objet de l'association et ne sont généralement pas limités dans le temps.

Au niveau des groupes de travail, on peut noter le bon fonctionnement du groupe « Traduction Philosophie GNU » qui publie régulièrement de nouvelles traductions sur www.gnu.org.

Le groupe de travail des « Samedis du Libre » avait été relancé l'an dernier, avec l'aide du GCU-Squad et de Parinux, et occupe la Cyberbase de la Villette une fois par mois. Ce groupe a besoin de nouvelles ressources physiques.

Les groupes plus ponctuels, comme par exemple l'organisation du stand Linux Expo, sont également bien pris en charge. Notons d'ailleurs cette année notre présence au salon Linux Tag.

Les groupes Documentation et Labo sont en toujours en sommeil, mais sans doute ne sont-ils plus forcément utiles, étant donné que ce travail est fait par d'autres associations ou groupes.

Le groupe « Logiciel libre et recherche scientifique » a été lancé, et quelques discussions ont déjà démarré.

Le groupe « Patrimoine mondial » a été lancé sous la houlette de Benoît Sibaud début janvier. Toutes les informations sont disponibles sur http://www.fsfeurope.org/projects/mankind . Actions effectuées par ordre chronologique :

Le groupe Éducation n'est plus actif. L'année 2002 a vu se constituer des structures plus spécifiquement orientées vers le Logiciel Libre dans l'éducation (création de l'association Scidéralle par exemple).

Administration du serveur et le Web

Un certain nombre de procédures ont été mises en place pour faciliter l'administration du serveur de l'association.

La gestion du site Web est assurée par CVS/WML, permettant une administration coopérative malgré des limites architecturelles. Nous n'avons plus de webmaster en chef, et il faudrait qu'un volontaire prenne en charge cette responsabilité.

La machine de l'association est toujours hébergée dans les locaux d'Easynet.

De nouveaux admins ont rejoint l'équipe d'administration du serveur, sous la direction de Jean-Louis Bergamo.

Les actions

L'association a participé à divers titres (organisation, tenue d'un stand, conférence, ...), à de nombreuses actions.

Notons particulièrement cette année :

Actions festives :

Conférences :

Actions plus spécifiques à l'APRIL :

Diverses prises de contact :

Communiqués de presse :

Brevets logiciels :

Diverses interviews pour des journaux et notamment : François Tonic, Karen Bastien (pour publication dans un livre), Marie Coris (pour sa thèse), Nathalie Lamoureux, Patrick Rigaud (Cité des Sciences et de l'Industrie), Christophe Lagane (VNUnet), Eric Henzel (la Tribune), Stéphane Long (01 net), Internet Actu, Politis...

Free Software Foundation

Cette année, après la création en 2001 de la FSF Europe, a vu les liens unissant l'association et la FSF encore plus se renforcer.

La FSF Europe a joué un rôle important au niveau européen, via une présence dans la préparation du 6ème PCRD. L'APRIL, via Olivier Berger notamment, y a fortement contribué.

La représentation française de la FSF a beaucoup oeuvré cette année, notamment par des actions de conseil, pas toujours forcément publiques.

Parmi ces actions, notons :

Contacts avec les média

Les contacts avec les journalistes se maintiennent à un bon niveau, même si un effort doit encore être fait au niveau presse non spécialisée. De nombreuses interviews ont été réalisées, les journalistes nous contactent aussi simplement pour avoir notre avis ou des informations. L'association est clairement établie comme une référence à consulter.

Nos communiqués de presse ont été pour la plupart cités et/ou repris dans la presse (électronique ou papier).

Le lobbying

Une partie importante et moins visible de l'action de l'association est le lobbying, avec de nombreuses prises de contacts dans divers milieux (politiques, économiques, ...).

La question de l'extension de divers droits (brevets logiciels, eucd...) reste au centre de nombreuses actions entreprises.

Conclusion et prospectives

L'APRIL est bien implantée dans le monde du libre et son positionnement bien compris de l'extérieur. L'APRIL est devenu un interlocuteur privilégié des médias, décideurs, ... dans le domaine de l'informatique libre. Ce rôle est renforcé par les liens privilégiés existants avec les diverses représentations de la FSF.

L'association est très vivante, plutôt bien organisée, et sait établir des partenariats constructifs.

Les charges de travail sont de plus en plus élevées, et pour le moment l'association arrive à les supporter.

Les questions concernant la pérennité de l'association, évoquées l'an dernier, n'ont pas vraiment été étudiées. Les pistes évoqués restent donc d'actualité:

Merci

Un grand merci à toutes les personnes, membres de l'association, ou extérieures, qui ont permis de mener à bien toutes nos actions. Merci d'avoir consacré tant de temps et d'énergie.